The age of innocence – Le temps de l’innocence

AgeOfInnocence"There was no use in trying to emancipate a wife who had not the dimmest notion that she was not free"

Edith Wharton nous transporte, avec ce roman, dans le milieu dans lequel elle a grandi, le cercle très fermé de l’"aristocratie" new-yorkaise des années 1870s. Son récit commence comme se terminent les contes de fées : Newland et May sont jeunes, beaux et riches, ils s’aiment et doivent se marier. Le rituel bien balisé de l’annonce de leurs fiançailles est cependant perturbé par l’arrivée d’une cousine de la jeune fille. Ellen, qui vivait en Europe, revient dans sa famille après avoir quitté son mari, ce qui, en dépit du fait que ledit mari était odieux avec elle, fait scandale. Les manières peu conventionnelles de la jeune femme ne font qu’ajouter à la désapprobation générale que sa présence suscite.

Au début, j’ai pensé avoir affaire à un roman féministe. L’innocence du titre du roman est celle dans laquelle a été élevée May, qui n’a pas pu, comme Newland, faire l’expérience de l’amour et du sexe. Newland trouve cette différence d’éducation entre les sexes injuste et, en même temps, il se réjouit de l’ignorance de la jeune fille, qui va lui permettre, pense-t-il, de se charger de son éducation intellectuelle et, en quelque sorte, de la façonner. Ellen semble l’opposé de sa cousine. Alors qu’en May se mêlent l’enfant et la femme, Ellen est dépourvue de cette innocence et a l’expérience de la vie. Aussi, bien que May ait une belle âme, et qu’elle soit beaucoup moins cruche que Newland ne l’imagine, elle semble bien fade à côté d’Ellen qui constitue une interlocutrice beaucoup plus intéressante.

Mais je me suis rapidement rendu compte que l’objet du roman est plus vaste. Newland n’a, en fait, pas beaucoup plus de liberté que May. Tout comme elle, il est pris dans un carcan de conventions. Il est condamné à mener une vie relativement oisive et légère, dans un monde superficiel qui érige en valeur suprême le conformisme et qui fait semblant d’ignorer tout ce qui s’écarte des conventions et de la légèreté de rigueur. La haute société new-yorkaise méprisant les intellectuels, les artistes et la politique, Newland est condamné à ne pouvoir satisfaire ses aspirations à participer à des conversations intellectuellement stimulantes, hormis lors de ses brefs séjours en Europe, et à ne pas pouvoir se sentir utile. Cependant, cette prison est confortable. Aussi c’est seulement à l’arrivée d’Ellen, et en raison des réflexions que suscitent chez lui les remous causés par la présence de la jeune femme dans son microcosme, qu’il prend conscience que ce monde ouaté l’entrave et qu’il se met à considérer ce dernier avec recul et lucidité.

Je n’avais jusqu’à présent lu que des nouvelles d’Edith Wharton et jamais de récit aussi long. Le rythme de l’histoire est assez lent et reflète l’immobilisme de la société new-yorkaise. Et il s’y passe assez peu de choses, puisque l’on suit essentiellement le cheminement intérieur de Newland. Cependant, je ne me suis pas ennuyée un instant et ai, au contraire, beaucoup apprécié ma lecture, parce que je me suis intéressée et attachée aux personnages, et que j’y ai retrouvé le style et l’ironie que j’apprécie chez Edith Wharton.

J’ai regretté néanmoins, et c’est purement subjectif, la tournure qu’elle donne au récit. Si elle critique cette société qui semblait anachronique et qui, au moment où elle écrit, 40 ans plus tard, a considérablement changé, elle semble éprouver en même temps une certaine tendresse pour cette époque révolue, et lui trouver du bon. Si elle avait initialement imaginé pour son roman des fins que je trouve beaucoup plus déprimantes, Newland, en dépit de sa lucidité, est incapable de s’extraire de ce carcan qui est aussi sa maison, et auquel il est attaché. Cela fait de lui un personnage trop mou à mon goût. J’aurais préféré qu’il suive une voie plus proche de celle d’Edith Wharton elle-même.

En dépit de ce regret, le bilan de cette lecture est très positif. Une fois de plus, Edith Wharton m’a amusée et enchantée.

Ce roman fait l’objet d’une lecture commune avec Jérôme qui, en revanche, a beaucoup souffert, et constitue ma première participation au challenge Edith Wharton de George.

challenge-edith-wharton

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Liebster award

liebster

J’ai été taguée par Mo’ qui a concocté pour ses victimes des questions originales et intéressantes, mais assez compliquées!

1. Que pensez-vous de cette citation de L’Entrevue (M. Fior) : « Que serions-nous s’il ne nous restait même pas les rêves ? »

J’aimerais bien savoir de quel contexte elle est tirée. Sinon je suis tout à fait d’accord. Les rêves me semblent essentiels à l’existence, dont ils sont un moteur.

2. Et de Formose (Li-Chin LIN) : « Les enseignants les plus appréciés étaient ceux qui nous aidaient à avoir de bonnes notes en nous donnant des astuces. Pas ceux qui nous encourageaient à penser » ? :P

Ca me rappelle un souvenir pénible. Quand j’étais en terminale, à 2-3 mois du bac, notre prof de maths, la matière la plus importante, est partie en congé maternité. C’était l’époque de la chute des régimes communistes en Europe de l’est et les bonnes soeurs qui dirigeaient mon lycée, sans doute par charité chrétienne, ont embauché pour la remplacer un roumain qui venait d’arriver en France, avec sa femme et ses 3 enfants. Ce pauvre monsieur a dû être plus ou moins informé de notre programme, mais il ne devait pas avoir pleinement conscience de l’échéance qui nous obnubilait. Avec son fort accent, il se livrait à de longues et nombreuses digressions sur l’histoire des mathématiciens, leurs méthodes de travail et leurs découvertes. On ne m’avait jamais enseigné les maths de cette façon et je trouvais ça très intéressant… mais à quelques semaines du bac, c’était aussi très stressant. Ca a été la panique dans la classe. Certaines élèves se sont montrées assez cassantes et impolies avec lui et ont commencé à sécher les cours, et nos protestations véhémentes auprès de la direction ont abouti à ce qu’on nous donne deux profs supplémentaires et des heures pour réviser librement, si bien que, à la fin de l’année, nous n’avions plus le pauvre monsieur qu’une heure ou deux par semaine au lieu de huit, le maintien du taux de 100% de réussite au bac du lycée primant tout de même sur la charité chrétienne. Presque 25 ans plus tard, je persiste à penser que c’était sûrement un excellent prof et j’ai toujours honte de la façon dont nous nous sommes comportées vis à vis de lui.

3. Et une dernière des Ignorants (E. Davodeau et R. Leroy) : « Pourquoi un livre rencontre ou pas ses lecteurs ? Qu’est-ce qui fait la valeur d’un auteur ? »

Voilà une citation qui pourrait être un bon départ pour un débat polémique…

Je ne pense pas qu’on puisse répondre à ces questions. Les lecteurs que rencontre un livre sont-ils ceux que voulaient toucher l’auteur? Un livre populaire a-t-il trouvé ses lecteurs ou des lecteurs? Est-ce un heureux hasard que les gens aient été touchés ou le fruit d’un calcul? Seul l’auteur le sait, je pense.

Les adeptes d’un auteur lui trouveront une valeur que ses détracteurs lui dénieront. Personnellement, je ne pense pas qu’être l’auteur d’un best-seller soit une marque de talent. La capacité à passer à la postérité et à ne pas sombrer dans l’oubli me semble un indice plus sérieux.

4. C’est la journée mondiale du Livre voyageur. Tu t’es inscrit pour participer à l’opération « Passes ton livre à ton voisin ». Tu devras donc déposer un livre de ton choix dans un lieu public pour qu’un inconnu l’emporte, le découvre et le remette dans le circuit des livres voyageurs par la suite. Quel livre choisis-tu et dans quel lieu le déposes-tu ?

Ah non, je ne m’inscris pas du tout! Quelle idée! J’aurais beaucoup de mal à me séparer d’un livre que j’ai aimé, et je n’ai pas envie de faire lire les livres que je n’ai pas aimés. Et, en admettant que j’achète un livre pour le déposer, resterait encore le problème insoluble du choix! J’ai déjà un mal fou à me décider pour tes lotos BD alors qu’il y a un thème fixé et que ma méconnaissance du sujet me rend le choix limité, alors sans limites je n’arriverais pas à m’en sortir… Comment ça, je me défile? Et c’est pas fini!

5. Un de tes amis souhaite suivre davantage l’actualité littéraire. Quel webzine lui conseillerais-tu ?

Aucun! Je ne suis pas particulièrement intéressée par l’actualité littéraire et ne connais aucun webzine. En revanche, il m’est déjà arrivé de recommander des blogs.

6. Tu te réveilles un matin et constates rapidement qu’Internet n’existe plus. Toutes les radios relayent l’information. C’est un fait : Internet n’existe plus et rien ne le remplacera. Qu’est-ce qui te manquera le plus ?

Les mails. J’ai horreur du téléphone et les mails sont mon principal mode de communication, même avec mes proches.

7. Lors d’un Festival du livre, tu fais la queue pour rencontrer un auteur. Dans la file d’à-côté, un festivalier s’adresse à toi. Vous sympathisez. Il te parle de son dernier coup de cœur et d’une chronique qu’il a lue sur internet et avec laquelle il n’est pas d’accord. En investiguant, tu comprends que ladite chronique incendiaire est celle que tu as mise en ligne. Que fais-tu ? Te dénonces-tu comme l’auteur de cet écrit ou le laisses-tu parler et te dénigrer ?

Je me dénonce. Puisqu’on a sympathisé, ça doit être quelqu’un avec qui il est possible de discuter. Et je pense qu’il serait suffisamment gêné de savoir que c’est moi qu’il a dénigrée pour que ça l’incite à mesurer ses propos, ce qui faciliterait les échanges.

8. Un auteur te contacte car il aimerait que tu présentes son dernier ouvrage. En suivant le lien qu’il te donne pour accéder à son site, tu constates que tu n’apprécies ni son style, ni la teneur de ses propos. Avec diplomatie, tu le recontactes en lui expliquant que tu ne souhaites pas t’engager dans ce projet de partenariat. Il t’insulte, te trouve intolérant… Que lui réponds-tu ?

Je commence par rédiger une réponse incendiaire. Ensuite, si les années m’ont appris quelque chose (ce dont je désespère parfois), je devrais réfléchir avant d’appuyer sur le bouton envoyer, ruminer ma colère dans ma tête, et, une fois calmée, parvenir à la conclusion qu’il est plus sage d’effacer mon message et ne rien répondre. Mais ce n’est pas totalement garanti…

9. Suite à un accident, tes deux bras sont plâtrés pour deux mois. Te voilà en arrêt, incapable de travailler et avec un boulevard de temps libre pour les semaines à venir. Le problème, c’est que tu ne peux rien attraper seul. Adieu lectures ou as-tu un stratagème pour contourner cette difficulté ?

Les premiers jours je regarderais les DVDs que j’ai accumulés depuis 10-15 ans et que je n’ai même pas encore sortis de leur emballages. Ensuite, une fois que ce ne serait plus douloureux, je me débrouillerais pour revenir aux livres. J’ai bien réussi à conduire et à faire mes cadeaux de Noël seule avec un bras dans le plâtre, alors…

10. Envie de sensations fortes ? Dans quel lieu atypique tenterais-tu une heure de lecture ?

J’ai lu au bord de la mer, à la campagne, en montagne, dans les bouchons sur le périphérique, me suis pris d’innombrables poteaux en lisant dans la rue, et, quand j’étais inscrite en salle de sport, j’allais rarement faire du vélo ou du stepper sans un livre pour passer le temps. Je ne vois pas trop ce que je pourrais faire de plus. Sachant que la lecture demandant de la concentration, les conditions atypiques ne sont pas les plus idéales.

11. De quel conte d’enfant aimerais-tu être le héros ?

Si je dis Les trois mousquetaires, ça ne marche pas? Je n’aime pas trop les contes de fées. Je n’en vois pas un seul qui pourrait m’inspirer.

Edit : Ca y est, j’ai trouvé! Quand j’étais petite, j’aurais beaucoup aimé être comme Camille dans Les petites filles modèles. D’ailleurs, si la bestiole avait été une fille, il y a 50% de chances qu’il se serait appelé Camille.

Le tag ayant beaucoup tourné, même 3 ou 4 fois chez certains, je vais être fainéante, m’abstenir de me creuser le cerveau pour trouver de nouvelles questions et ne taguer personne!

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Un mois de lectures jeunesse – avril 2013 (Ce que nous avons lu)

Comme je préfère terminer sur une note positive, je vais commencer par les flops et les abandons.

Une fois n’est pas coutume, celui que j’ai lu seule

74216J’ai acheté ce livre il y a déjà 2-3 ans, lors de sa "première période La cabane magique". Lorsque je le lui ai proposé, il m’a appris qu’il l’avait déjà lu chez son père, et ne semblait pas particulièrement emballé. Depuis, le livre croupit dans mes placards. Ayant l’intention de faire un peu de rangement par le vide, j’ai eu envie de voir de quoi il avait l’air avant de m’en défaire.

Le jeune narrateur a une maîtresse originale. Passionnée de sciences, elle a un iguane comme animal de compagnie et possède un bus magique avec lequel elle emmène sa classe en excursion. Dans ce premier tome, la classe étudie les dinosaures. Alors que les enfants sont en route pour un musée, l’une des filles fait une mauvaise manipulation avec l’ordinateur de la maîtresse et le bus se retrouve projeté au crétacé.

Le danger avec les livres à visée pédagogique qui se présentent sous la forme plus ludique de romans, c’est que l’histoire n’est souvent qu’un prétexte pour placer des informations. C’est malheureusement le cas ici. L’histoire, dans laquelle quelques traits d’humour et épisodes de danger ont été inclus pour la rendre attractive, repose sur une intrigue assez maigre et les réactions des personnages sont peu crédibles… sans parler de l’iguane qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Chomp, le tricératops de Dinosaur King…

Le fond pédagogique semble donc avoir été privilégié, d’autant plus que de nombreuses pages comportent de petits paragraphes documentaires, réputés être des extraits des notes prises par les élèves. Pourtant cet aspect-là non plus ne m’a pas satisfaite. Dans certaines illustrations, et parfois dans l’intrigue, la taille des dinosaures est complètement fausse, et en contradiction avec les informations données dans les petits paragraphes documentaires! Par ailleurs, parmi ces informations, j’ai relevé quelques éléments qui sont obsolètes et erronés, et l’étaient déjà sans doute à l’époque où le roman a été écrit. Je ne vois donc pas l’intérêt d’apprendre aux enfants des trucs faux au travers d’une histoire insipide.

On ne peut juger toute une série sur un seul tome, et les thèmes abordés dans les autres volumes sont sans doute moins sujets à ce que les connaissances évoluent aussi vite, mais ma première impression a été suffisamment négative pour que je sois heureuse qu’il n’ait pas eu envie de s’embarquer dans cette série.

Ceux que nous avons abandonnés en cours de route…

- Comment parler le dragonais

51yLwpmdT3L__SL500_AA300_Nous nous sommes arrêtés à peu près à la moitié de ce troisième tome des aventures d’Harold le viking (le héros du film Dragons), alors qu’il avait bien apprécié les deux premiers. Et j’avoue que ça ne m’a pas particulièrement dérangée. Je pensais que, comme moi, il commençait à se lasser de l’humour de la série, mais son problème, en fait, est qu’il n’aime pas du tout le méchant et que, de façon générale, il y a beaucoup de méchants de ce tome-ci. Il a conclu en disant qu’il préférerait essayer le quatrième plutôt que terminer celui-ci. A voir…

- Les minuscules

516HZE1JWEL__SL500_AA300_La maman de Petit Louis lui interdit d’aller dans la forêt, pleine de dangers. Mais l’envie est trop forte et Petit Louis s’échappe du jardin pour explorer la forêt. Poursuivi par un énorme monstre, il trouve refuge dans un arbre très haut et découvre qu’un peuple d’hommes miniscules y vit. Mais Petit Louis ne sait comment faire pour redescendre de l’arbre sans se faire dévorer.

Dès le début, il a eu un a priori négatif à propos de ce livre. Sans doute parce qu’il fait partie de ceux que les voisins nous ont donnés et qu’il portait une étiquette avec un autre nom que le sien. Peut-être aussi à cause du dessin "trop sage", même s’il a apprécié la qualité des illustrations. Voyant qu’il ne le choisirait jamais de lui-même, et comme il apprécie les romans de Roald Dahl, j’ai fait le forcing et ai commencé à lui en faire la lecture un jour, alors qu’il était dans le bain. Ca a semblé marcher, puisqu’il ma demandé la suite un peu plus tard. Mais nous en sommes resté arrêtés à un moment crucial et l’issue de l’affrontement avec le monstre ne semble pas l’intéresser le moins du monde… Je n’insisterai donc pas.

Pour ma part, j’ai bien aimé ce roman, mais je trouve le thème – et même l’histoire - assez classique et j’ai moins accroché qu’avec les petits romans humoristiques que nous avions lus précédemment.

- Opération trio – tome 1 : Face aux gladiateurs

51x62eAwf9L__SL500_AA300_Opération Trio est une série sur le thème classique des voyages dans le temps. Le grand-père de l’héroïne, inventeur d’une machine à remonter dans le temps, s’est perdu dans une autre époque. L’adolescente et ses deux amis doivent voyager d’époque en époque à leur tour pour l’aider. Dans ce premier tome, ils se retrouvent dans la Rome antique, et disposent d’une heure pour trouver un objet et le rapporter.

Même si le thème a un air de déjà vu, j’ai beaucoup aimé ce premier tome. C’est moins "gentillet" que La cabane magique (la série s’adresse sans doute à un public un poil plus âgé). L’intrigue, bien que classique, est attrayante et plutôt bien fichue et assez rythmée. J’ai donc, là encore, fait un peu le forcing, pensant qu’il accrocherait s’il voulait bien donner sa chance au livre, mais il ne m’a pas franchement écoutée, et, très vite, j’ai compris que ce n’était pas la peine d’insister. Peut-être est-ce l’air de déjà vu qui fait que ça ne l’a pas attiré?

Et ceux qui ont très bien marché (ouf!)

- La vengeance du chat assassin

41lKdXeCv1L__SL500_AA300_Dans ce troisième épisode des aventures du chat assassin, la mère de la maîtresse de Tuffy se lance dans la création artistique, ce qui horrifie et Tuffy et le mari de la nouvelle artiste. Ce nouveau volume a marché aussi bien que les précédents : qu’il soit tordu de rire ou indigné par les agissements du chat, il a vécu la lecture de la première à la dernière page. Pour ma part, j’apprécie également beaucoup, et je trouve que cette série est un régal à lire à haute voix.

- Le donjon de Naheulbeuk – tome 1

51Q01Y7VZGL__SL500_AA300_Un rôdeur, un voleur, un barbare, un nain, une elfe, un ogre et une magicienne se lancent à l’assaut d’un donjon. Mais l’équipe n’est pas particulièrement soudée (c’est un euphémisme!) et les joueurs (puisqu’il s’agit en fait d’un jeu de rôle) ne sont pas très performants, aussi ils vont être confrontés à toutes sortes de mésaventures. Le donjon de Naheulbeuk est, à l’origine, une saga MP3. J’ai commencé à l’écouter, et ça m’a fait beaucoup rire. J’en ai fait écouter les premiers épisodes à la bestiole, que ça a également beaucoup amusé. Mais il se plaignait de l’absence d’images. Je suis donc passée à la BD, qui est très fidèle à la version audio. Il est ravi, il adore, mais je soupçonne que le fait que les gros mots pullulent dans la saga n’y est pas totalement étranger… Quoi qu’il en soit, nous allons poursuivre la série et j’y reviendrai sans doute plus en détail ultérieurement.

- Je suis pas petite!!! – tome 2 : Le petit deuxième

51OPPHRD29L__SL500_AA300_Je vais répéter à peu près ce que j’ai dit pour le premier tome, mais bon… L’héroïne de cette série est une petite fille qui peut être affreuse ou très attachante. Bref, c’est une enfant! Ce deuxième tome s’ouvre sur la naissance de son petit frère. Il y a donc encore un bébé maltraité dans ce deuxième tome, ce qui ravit la bestiole! L’album est découpé en histoires d’une dizaine de pages qui abordent des sujets graves , tels que la guerre, le réchauffement climatique, mais aussi les insultes à l’école ou la mort d’un animal familier. Ces thèmes étant traités de façon très adaptée aux enfants et avec beaucoup d’humour, ce n’est pas sombre du tout mais au contraire très drôle. Le ton est à la fois irrévérencieux et plein de délicatesse, et le contenu est très riche et matière à toutes sortes de réflexions. Je ne sais pas ce que la bestiole en aura retenu et s’il aura vu quelque chose au-delà de l’humour, mais je pense qu’il tirera profit à relire la série dans un an ou deux. En tout cas, nous avons tous les deux adoré cette série et nous sommes fort déçus qu’il n’y ait pas de troisième tome.

- Gaspard et le phylactère magique

511tOFVmj6L__SL500_AA300_Gaspard est en vacances à la campagne chez sa grand-mère. Il pleut et il s’ennuie. Sa grand-mère lui a défendu d’aller au grenier, mais il brave l’interdiction, espérant y trouver de quoi s’occuper. En explorant le grenier, il découvre le matériel de son grand-père défunt, qui était dessinateur de BD… ainsi que le fantôme de ce dernier.

Gaspard et le phylactère magique est, à mes yeux, à l’opposé du Bus magique. Là aussi le but est pédagogique : enseigner aux enfants les différentes étapes de la création d’une BD, d’une façon ludique par le biais d’une histoire. Mais la différence est que, dans cet album, l’histoire n’est pas un simple prétexte. Elle possède une consistance et présente un intérêt.

La bestiole connaissait en gros le processus de crayonné, encrage, et caetera, et j’avais surtout dans l’idée en lui prenant la BD de lui montrer que les professionnels travaillent avec méthode, et pas à l’arrache comme lui. Il n’est pas devenu plus conscienscieux depuis, mais a néanmoins appris des choses à la lecture de cet album, qui l’a à la fois amusé et intéressé. Il a bien accroché à l’histoire, mais m’arrêtait et me faisait répéter à chaque fois qu’était abordé quelque chose qu’il ne connaissait pas (les différents plans, par exemple). Je trouve cette BD super bien pensée et super bien faite, et je vous la recommande chaudement si vos enfants aiment dessiner.

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Un mois de lectures jeunesse – avril 2013 (Ce qu’il a lu)

Cette fois encore, je vais diviser mon billet en deux, non parce qu’il a énormément lu, mais parce que j’ai fait beaucoup de flops et qu’il y a eu beaucoup d’abandons.

- Radio maman

61iWhczofdL__SL500_AA300_Papa a travaillé toute la nuit et dort, et maman a dû partir très tôt au travail ce matin. Lucas et Emma doivent donc se préparer seuls pour aller à l’école, et s’occuper du bébé. Maman leur a enregistré ses instructions sur une cassette. J’étais très contente de moi en rapportant à la maison ce titre de l’auteur du Chat assassin. J’avais lu l’histoire en librairie et l’avais trouvé très drôle, et je pensais que j’allais faire un tabac. Au début, ça a été le cas, il a beaucoup aimé le titre, qui l’a bien amusé, ainsi que les premières pages… mais j’avais oublié qu’il n’aime pas les bébés. Que les deux enfants de l’histoire soient condamnés à s’occuper de leur petit frère, c’était déjà rude pour lui, mais, lorsque nous sommes arrivés au passage où celui-ci envoie sa bouillie sur sa soeur, c’en était trop pour lui. Il a refusé d’aller plus loin. Je persiste néanmoins à penser que c’est un petit livre très chouette et que, si vos enfants sont moins obtus que le mien, il devrait bien les amuser.

- La bicyclette hantée

51h4k0C+LSL__SL500_AA300_Une petite fille vient d’emménager dans un nouveau quartier où elle ne connaît personne et où une bande de garçons à vélo se moque d’elle. Elle aussi rêverait d’avoir un vélo. Aussi lorsque, un jour, son père lui rapporte un vélo d’occasion, elle est très heureuse. En même temps, elle est un peu inquiète : arrivera-t-elle à s’en servir? Mais tout se passe très facilement et le vélo semble se piloter seul. C’est ainsi qu’elle se retrouve, en ayant l’impression que le vélo l’y a conduite, devant une maison à l’extérieur de laquelle se tient un petit garçon qui lui propose de lui apprendre quelques trucs à vélo.

J’espérais avoir plus de succès avec cette histoire fantastique, et ça a été le cas. Il a tout de suite été intéressé et l’a lu d’une traite, s’interrompant parfois néanmoins pour se poser des questions sur l’histoire et ce qui allait se passer ensuite. Il a  toutefois déclaré, une fois le livre fini, qu’il avait trouvé des trucs bizarres. Il s’est avéré qu’il entendait par là que l’histoire présentait à ses yeux quelques incohérences, sur  lesquelles j’avais tiqué aussi. "- Au final, l’histoire t’a plu ou pas? – Elle m’a plu. C’est pour ton blog que tu me poses la question?"

- Dicodorus Anastasius

41ABPYYbSyL__SL500_AA300_Dicodorus Anastasius est un crocodile qui n’a pas d’amis, mais qui mène une vie bien organisée : chaque jour de la semaine il cherche son repas parmi une espèce d’herbivores différente. En ce mardi, jour du gnou, tous les gnoux évitent soigneusement son coin de rivière.  Mais il finit par repérer un vieil animal qui se dirige vers le cours d’eau, et dont la vision ne doit pas être très bonne, puisqu’il va tout droit vers un tronc d’arbre. Dicodorus, qui n’aime pas que ses repas soient abimés, tente de le prévenir afin que le gnou ne se blesse pas. Mais celui-ci semble entendre aussi mal qu’il voit…

Au départ il a bien aimé et a beaucoup ri au cours des premiers chapitres, le repas de Dico semblant bien mal embarqué et la communication entre le gnou et le crocodile n’étant pas des plus aisées. Néanmoins, comme il fallait s’y attendre, le livre n’est pas une apologie de la cruauté, mais une histoire morale sur l’amitié… Plus la bestiole sentait que le "pauvre crocodile" n’allait pas manger le gnou, et plus il était déçu. Pour éviter qu’il n’abandonne en route, cette fois encore, j’ai dû prendre le relai et ne lui redonner la main que pour le dernier chapitre. En effet, j’avais parcouru tout le livre en librairie avant de décider de le prendre, et j’étais persuadée que le rebondissement final lui plairait. Cet ultime chapitre, qui apporte une touche finale moins morale et plus intéressante à l’histoire, et que j’ai trouvé très drôle, lui a effectivement bien plu. Ouf! Pour ma part, je trouve l’histoire très sympa, et gentille sans être gnangnan.

- Ranelot et Buffolet

51Vc4EAqf8L__SL500_AA300_Arnold Lobel, que j’ai déjà évoqué plusieurs fois, est toujours une valeur sûre à la maison. nous avons cette fois quitté les histoires de souris pour suivre les petites aventures d’une grenouille et d’un crapaud.

On retrouve dans les livres d’Arnold Lobel toujours les mêmes ingrédients, qui visiblement plaisent beaucoup à la bestiole : des histoires très simples, champêtres, qui oscillent entre poésie et absurde, avec beaucoup d’humour… J’ai d’ailleurs eu l’impression de retrouver un peu le même esprit dans les aventures de L’ours Barnabé, dans lesquelles nous nous sommes lancés ces derniers jours.

On trouve en plus, dans Ranelot et Bufolet, beaucoup de tendresse entre les deux héros. La bestiole a cependant, pour la première fois dans un ouvrage d’Arnold Lobel, coincé sur l’une des histoires : Bufolet veut mettre un maillot de bain pour nager, même s’il sait qu’il est ridicule avec, et tout le monde se moque de lui… et la bestiole a trouvé ça méchant.

Bref, je n’ai pas eu tellement de succès dans mes propositions de lecture ce mois-ci. Ces petites séances quotidiennes de lecture auquel je l’astreignais depuis cet hiver ont néanmoins porté leurs fruits puisqu’il lit – enfin! – de façon fluide, au même rythme qu’un adulte et en y mettant le ton. J’avais envie de poursuivre encore un peu, pour essayer de l’amener progressivement à lire des textes plus complexes, plus touffus et plus longs qui, pour le moment, semblent lui faire peur. Mais je vois que, lorsqu’il prend une BD, un album ou un magazine pour le lire seul, il y passe désormais beaucoup plus de temps et ne se contente clairement plus de regarder les images, mais lit vraiment tout seul. Après réflexion, je pense donc finalement arrêter de le faire lire, à moins qu’il n’en décide autrempent.  Il me semble que ce serait mieux de le laisser se débrouiller à sa guise maintenant.

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Noob, le film!

Je vous ai plus d’une fois cassé les pieds ces derniers mois avec Noob, cette websérie à laquelle je suis devenue complètement accro, et j’en ai notamment exposé le concept en détail ici.

L’équipe est actuellement en train de travailler sur la cinquième et dernière saison et l’auteur de Noob, Fabien Fournier, a eu l’idée de faire un film pour la clôre et annoncer l’ouverture d’un nouveau cycle. Le projet paraît loin d’être absurde lorsque l’on constate les progrès énormes accomplis à tous points de vue par l’équipe entre la première et la dernière saison. Il y a cependant un fossé entre une vidéo de quelques minutes réalisée sans moyens par des bénévoles et les films que l’on peut voir en salle. C’est pourquoi Fabien Fournier a décidé de faire appel au crowdfunding, afin de voir s’il lui était possible de réunir le budget nécessaire à la réalisation d’un film.

Le projet a donc été lancé hier soir sur Ulule : vous le trouverez ici. L’objectif fixé était de réunir 35 000 € d’ici le 12 juillet prochain… Les 35 000 € ont été atteints en moins de 15 heures, et, à l’heure où j’écris, soit moins de 24 heures après le démarrage de la collecte de fonds, les 55 000 € sont déjà dépassés.

Et je me prends à rêver de ce qu’ils pourraient faire avec un budget conséquent. Sauf exceptions, je n’aime pas les blockbusters bourrés d’effets spéciaux, dans lesquels ceux-ci masquent la pauvreté de l’intrigue et des dialogues, mais là je sais que le fond sera présent et consistant, et j’aimerais beaucoup pouvoir voir sur écran les lieux et créatures évoqués dans les romans et BDs. J’aimerais voir des dragons, des combats épiques, les montures des personnages, les familiers de Sparadrap, Pouikie, le cochoboule invoqué par Gaea et plein d’autres choses encore.

Donc, si vous appréciez la série, venez apporter votre obole sur Ulule!

Et si vous ne la connaissez pas encore, vous pouvez trouver les vidéos un peu partout, par exemple ici.

Et je n’ai pas fini de vous bassiner avec Noob : voilà déjà plusieurs semaines que j’ai promis à la bestiole de l’emmener à Geekopolis à la fin du mois pour les voir. Au vu de la richesse du programme, je pense que la journée sera bien remplie et que j’aurai des choses à raconter!

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Journal de lecture – avril 2013

Je suis toujours à fond dans mon MMORPG, et je pense que ça s’est senti… Je profite d’ailleurs, pour faire une réapparition sur ce blog que j’ai honteusement délaissé ces dernières semaines, de ce qu’il ne me reste qu’une quête à faire pour terminer une région, que je suis déjà morte 4 fois en tentant de l’accomplir, que, pour y retourner, il me faut suivre un long chemin fréquenté par moult créatures hostiles, et que la nécessité d’une petite pause s’est imposée d’elle-même, pour éviter découragement et énervement.

Côté lectures, le début de ce mois-ci n’a pas été plus productif que le mois précédent, même s’il y a eu une légère amélioration depuis, et le choix de mes lectures a, cette fois encore, été dicté par les priorités… et les retards les plus criants :

- Le défi Images du Japon de Kaeru a normalement pris fin le 31 mars dernier, mais je suis toujours dans le dernier livre que j’avais prévu de lire pour ce challenge, Mille ans de manga. Il est très beau et très intéressant mais, du fait de son format, fort peu transportable. Et comme je lis essentiellement lors de mes déplacements en ce moment…

- Je suis également toujours dans A l’ombre des jeunes filles en fleur, alors que la LC était prévue pour il y a des siècles (je désole!). Non seulement mon livre est, là aussi, peu transportable, car plus tout jeune et, de ce fait, un peu fragile, mais en plus j’ai besoin d’être au calme pour le lire. Autant dire qu’un escargot avancerait plus vite que moi.

- Pour la LC de L’ensorcelée, j’ai publié mon billet avec près de 10 jours de retard…

- Miraculeusement, j’arrive à peu près à tenir le rythme pour le challenge Ecrivains japonais d’Adalana : j’ai réussi à poster ma participation du mois d’avril, avec La déchéance d’un homme, en milieu de mois. Quel exploit!

- Pour le challenge Edith Wharton de George, qui se terminait normalement le 30 avril (mais je vois que George n’a pas [encore] fait de billet de bilan?), il y a eu un petit loupé, mais, pour une fois, ce n’est pas de ma faute! J’avais convenu de lire Le temps de l’innocence avec Jérôme qui m’a d’abord oublié et semble maintenant peiner sur le roman. Mon billet est donc toujours dans mes brouillons. (Comment mettre la pression à deux personnes l’air de rien… Ceci dit, Kaeru non plus n’a pas fait de billet de bilan pour son challenge…)

Une fois le roman d’Edith Wharton terminé, j’ai consulté la liste de mes challenges pour voir quel était désormais le plus urgent… dans l’espoir de réussir à en terminer au moins un dans les temps! Il s’avère que le plus pressé est encore un challenge créé par George, Le nez dans les livres, qui arrive à échéance le 28 juillet, et que je suis fort loin des 6 lectures que j’avais prévues!

C’est ce qui a motivé ma lecture du Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates. Bien que celle-ci se soit revélée assez décevante, j’ai trouvé dans mes investigations pour chercher ce qui pouvait coller pour le challenge un regain de motivation pour la lecture. Il s’avère que j’ai encore 2-3 titres dans ma PAL qui peuvent convenir, très différents les uns des autres, et qui me font tous envie, et qu’il y en a de nombreux et forts alléchants dans ma LAL. Le choix sera rude…

Enfin, mon rythme s’est considérablement accéléré cette semaine, du fait que la bestiole participe à un stage de manga à Perpète-les-oies et que j’ai deux heures à tuer tous les matins en l’attendant. En 3 jours, j’ai donc lu Bleu presque transparent, pour ma participation de mai au challenge Ecrivains japonais (pour une fois, je m’offre même le luxe d’être en avance!) et la moitié de Lydia Cassatt lisant le journal du matin, encore pour le challenge Le nez dans les livres… et je m’interroge sur ce que je vais lire après. J’ai envie d’autre chose, mais de quoi? C’est une incertitude délicieuse et, paradoxalement, le champ des possibles qu’elle m’offre est très stimulant.

Et ça me contrarie de ne plus parler d’autre chose que de livres sur ce blog. Il faut que j’arrive à me dégager du temps pour revenir un peu… Pourquoi les journées ne font-elles pas 48 heures?

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Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates

51bttxChRoL__SL500_AA300_En 1946, l’Angleterre commence doucement à se relever de la guerre. Juliet Ashton est l’auteur de chroniques humoristiques sur les difficultés de la vie durant le conflit qui, réunies en livre, sont devenues un best-seller. Chargée de rédiger un article sur les vertus de la littérature, elle trouve l’inspiration dans la lettre inattendue d’un habitant de l’île de Guernesey, nouveau possesseur d’un livre dont Juliet s’est séparée, et membre du Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey.

J’ai ouvert ce livre avec l’intention d’en lire seulement quelques pages avant de m’endormir, mais ce n’est qu’au bout d’une soixantaine de pages que j’ai réussi à le refermer, partagée entre une grosse envie de découvrir ce qui allait se passer ensuite et le pressentiment que j’allais être déçue. Ce pressentiment s’est malheureusement révélé exact.

Lorsque j’ai refermé le livre, ce soir-là, j’avais déjà deviné les traits principaux de l’intrigue. Je n’ai été surprise à aucun moment de ma lecture et j’ai senti venir à l’avance chacun des rebondissements. En plus d’être archi-prévisible et convenu au niveau de l’intrigue, le roman sombre par moments dans la chick lit. En effet, Juliet est partagée entre un riche éditeur américain, qui semble l’homme idéal, mais chez qui l’on sent bien que quelque chose doit clocher, et l’homme discret qu’elle ne voit que comme un ami, mais dont on devine dès les premières pages qu’il est fait pour elle, bien que les auteurs en aient fait un personnage assez insipide. De plus, Juliet, qui est pourtant pleine d’humour, intelligente et dotée d’une forte personnalité, devient sacrément cruche lorsqu’il est question d’amour.

L’originalité et le gros point fort du roman résident, à mes yeux, dans le fait qu’il s’agit d’un roman épistolaire. Outre le rythme et le côté percutant que cette structure lui confère, la diversité des points de vue est intéressante et amusante. Au début, les échanges se font essentiellement entre l’héroïne, d’une part, et son éditeur et la petite soeur de celui-ci, qui sont ses amis les plus proches, d’autre part. Mais, rapidement, les correspondants se multiplient et le champ du roman s’élargit considérablement. Il est dommage, cependant, que le ton et le style des lettres soit trop uniformes. Par ailleurs, certaines missives semblent plus dictées par la volonté des auteurs de communiquer des informations aux lecteurs que par la vraisemblance, et débutent d’une façon qui m’a paru artificielle et maladroite.

Je m’attendais à ce qu’il soit essentiellement question de livres dans ce roman, mais le sujet principal est en fait la guerre. Les membres du cercle littéraire sont, si je puis dire, des héros du quotidien, qui ont été confrontés aux horreurs de la guerre. Aussi le roman, qui mêle moments émouvants (sur lesquels les auteurs insistent lourdement, revenant dessus à plusieurs reprises, chaque lettre permettant d’en avoir une vision plus complète) et humour, m’a semblé être un reflet des chroniques de Juliet. Comme ce n’est pas un thème vers lequel je suis spontanément attirée, je ne m’étendrai pas sur le sujet, de peur de manquer d’objectivité.

J’aurais préféré que l’aspect littéraire soir plus développé, alors qu’il n’est qu’anecdotique. De façon générale, les membres du cercle qui, pour beaucoup, n’avaient jamais ouvert de livre avant de s’y trouver contraints par les circonstances, ne sont qu’esquissés. Qu’ils soient hauts en couleurs ou paraissent fades, parce que peu évoqués, tous auraient mérité d’être plus développés, et j’aurais aimé en savoir plus sur le déroulement des réunions du Cercle.

Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates est un de ces romans qui se dévorent et qu’on referme le sourire aux lèvres. Pour autant, je n’ai pas réussi à comprendre ce qui lui vaut autant d’éloges. Je suis restée sur ma faim et je pense que je l’oublierai assez vite.

Cette lecture m’aura néanmoins permis de valider une deuxième participation au challenge Le nez dans les livres de George.

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