Dans le Japon des années soixante, Umi mène une vie bien occupée. La jeune fille, qui vit avec sa jeune soeur, son jeune frère et sa grand-mère, a décidé d’animer la grande maison familiale, juchée au sommet d’une colline verdoyante, en la transformant en maison de famille. Elle doit donc préparer les repas des pensionnaires, s’occuper du linge, tenir les comptes, tout cela en plus de sa journée de lycéenne. Première levée de la maison, elle ne manque jamais de commencer la journée en hissant des drapeaux au sommet d’un mât, en mémoire de son père marin, décédé durant la guerre de Corée. Elle ne sait pas que Shun, un garçon de son lycée, lui répond chaque matin en hissant des drapeaux semblables du bateau de son père. Les deux jeunes gens font connaissance lorsque Shun se jette du deuxième étage d’un bâtiment du lycée pour s’opposer à la destruction projetée par la direction de l’établissement d’une vieille maison de style occidental, dénommée le Quartier latin (en français, s’il vous plaît!), qui abrite les différents clubs du lycée.
Ce deuxième film de Goro Miyazaki, après Les contes de Terremer, m’a enchantée sur le plan visuel. Je suis en particulier tombée sous le charme du Quartier latin, vieille bâtisse pleine de bric à brac, que les étudiants ont aménagée à leur façon d’une manière totalement improbable, et qu’ils vont s’employer à essayer de sauver. Cependant, si j’ai eu beaucoup de plaisir à regarder le film, je suis néanmoins restée sur ma faim en ce qui concerne l’intrigue, qui m’a paru bien mince et pas originale pour un sou.
Le film est tiré d’un manga du même nom, de Chizuru Takahashi et Tetsuro Sayama, qui vient d’être publié chez nous. Je n’ai pas souffert d’enchaîner le manga après le film car les deux se ressemblent assez peu, excepté pour ce qui concerne la trame sentimentale. Le manga date de 1980, et ça se sent bien dans le dessin qui fait très daté. L’histoire se déroule en 1980 et il n’y a pas de Quartier latin. Dans le manga, Shun et son ami sont beaucoup moins chevaleresques : ils cherchent simplement à organiser des actions susceptibles de faire vendre leur journal. Leur but est de renflouer la caisse du club de journalisme du lycée, dans laquelle ils ont allègrement pioché pour payer leurs dettes de jeux. L’opération la plus marquante mise en place par eux est la création de toute pièce d’un mouvement lycéen de protestation contre le port de l’uniforme. C’est l’aspect du manga qui m’a semblé le plus intéressant.
Bien que le film ne soit pas dépourvu d’humour, il est cependant plus sérieux que le manga, et plus dans la retenue. Le manga est plus sentimental, plus léger et cherche plus à amuser le lecteur. Par exemple, alors que la grand-mère est, dans le film, une dame d’un certain âge pleine de dignité, elle représente dans le manga un personnage assez loufoque. L’intrigue n’est cependant, pas plus intéressante ni moins creuse que celle du film, et je ne comprends pas bien ce qui a motivé que ce manga plutôt qu’un autre soit adapté en film…. Ai-je précisé que je ne raffole pas des shôjo, loin de là?
Le film mérite d’être vu pour les images, mais c’est loin d’être mon film d’animation préféré. Quant au manga, il est intéressant à titre de comparaison mais pas franchement indispensable.




























































