L’élégance du hérisson

Un immeuble bourgeois, au 7 rue de Grenelle à Paris. Parmi ses occupants se trouvent les deux narratrices du roman, qui ont pour seul point commun le fait d’être surdouées. L’une d’entre elles, Paloma, 12 ans, fille d’un parlementaire, pense que la vie n’a pas de sens et, pour ne pas devenir une adulte qui tourne en rond dans son bocal, a décidé de se suicider le jour de ses 13 ans. L’autre, Renée, 54 ans, petite, laide et grassouillette, est la concierge de l’immeuble et fait de son mieux pour correspondre aux stéréotypes sur les concierges et se fondre dans le décor. L’arrivée dans l’immeuble d’un nouvel habitant, un japonais très observateur, va changer leur vie.

Je déroge doublement à mes principes en vous parlant de ce livre aujourd’hui, d’une part parce qu’il n’était pas du tout prévu dans mon planning de publication, et d’autre part parce que la dernière fois que je l’ai lu remonte à environ 3 ans et que je vais donc procéder de mémoire, par la force des choses, attendu que j’ai depuis prêté mon exemplaire à quelqu’un qui ne me l’a jamais rendu. Ce qui a motivé ce billet, c’est la lecture de celui (qui date déjà d’il y a quelques semaines – je suis toujours aussi réactive!), très négatif, d’une blogueuse qui l’a abandonné en cours de route. Je n’ai absolument pas l’intention d’écrire contre cette blogueuse : son avis, très argumenté, est parfaitement respectable, et je la rejoins même sur certains points. Mais elle m’a envie d’apporter moi aussi mon son de cloche, à propos de ce livre qui semble ne pas laisser ses lecteurs indifférents, que ce soit dans un sens ou dans l’autre.

Vous l’aurez sans doute deviné, pour ma part, je l’ai adoré. J’irai même plus loin : il fait partie de la poignée de livres fétiches que je garde en permanence près de moi pour pouvoir en relire tout ou partie si l’envie m’en prend. Je l’ai déjà lu 3 fois (ce qui me permet de vous en parler aujourd’hui, en dépit de ma mémoire de poisson rouge) et je le rachèterai forcément un jour ou l’autre pour pouvoir encore le relire. De ce fait, si j’ai pour habitude de ne pas mâcher mes mots, je risque d’être encore plus abrupte que d’ordinaire à propos de ce livre qui me tient à coeur!

Pour autant, je ne vais pas vous dire qu’il s’agit du livre parfait. Les personnages secondaires sont un peu archétypaux – peut-être en partie parce qu’ils sont vus à travers la vision subjective des narratrices. Le scénario n’est pas d’une grande profondeur… même s’il a ravi mon côté midinette, ce qui fait que j’aurais de très loin préféré que le dénouement du roman soit différent! Cependant, l’objet du roman est moins de développer une intrigue complexe que de développer la psychologie des personnages.

Sur ce point, j’aurais encore un petit reproche à faire : j’ai beaucoup de mal à croire qu’une enfant de 12 ans, fût-elle THQI, s’exprime de façon aussi brillante et soit capable d’analyses d’une telle profondeur. Je me la représenterais plus volontiers comme une jeune fille de 15-16 ans. Pour autant, le portrait de Paloma me semble juste dans la mesure où elle réagit en adolescente agaçante : elle s’imagine savoir tout mieux que tout le monde et être bien supérieure au reste de sa famille et de son entourage, et est trop jeune pour se rendre compte qu’elle n’a aucune expérience de la vie et réaliser qu’elle ne sait rien. De ce fait, je la trouve assez agaçante et antipathique dans les premiers chapitres. En revanche, elle devient plus attachante au fur et à mesure qu’elle "s’humanise" et prend conscience qu’elle est simplement une petite fille malheureuse, en manque d’amour et d’attention.

Si vous consultez les critiques sur Amazon, vous constaterez sans doute que le gros reproche qui est fait au roman (si l’on fait abstraction des critiques qui disent que ce n’est pas possible qu’une concierge soit aussi intelligente et de celles qui disent qu’il est évident que les concierges aussi peuvent être intelligentes!) est qu’il est compliqué, que les gens n’ont pas compris ce que l’auteur racontait et se sont, de ce fait, sentis bêtes, et que donc que le livre est prétentieux… de la même façon qu’il est, de nos jours, considéré comme prétentieux de dire qu’on ne peut pas considérer les romans de Marc Lévy comme étant de la bonne littérature au même titre que ceux de Proust!

Moi non plus je n’ai pas tout compris au livre : l’auteur, agrégée de philosophie, ne manque pas d’aborder cette matière, et moi je suis allergique à la philosophie et n’y ai jamais rien compris. Est-ce que ça m’a gênée pour autant? Non! Pour moi, l’objet du livre n’est pas là. Il s’agit de faire rentrer le lecteur dans la peau de deux personnages à l’intelligence atypique, de façon crédible! Je trouve que c’est très ambitieux de la part d’un auteur de s’essayer à faire la démonstration de l’intelligence de ses personnages et je ne saurais juger de la pertinence de la façon dont elle traite les thèmes qu’elle développe : j’ai lu il y a trop longtemps les livres évoqués et n’en garde qu’un vague souvenir et je ne connais que peu ou pas les autres sujets.

Pour autant, je trouve les portraits qu’elle dresse très réussis, dans la mesure où elle retranscrit bien et donne bien à comprendre ces traits que l’on retrouve souvent chez les surdoués : le goût de la langue et des jolis mots, dès le plus jeune âge, l’attrait pour le beau (la notion de beau est évidemment subjective) et pour tout ce qui réjouit les différents sens, une curiosité insatiable, des questions métaphysiques et existentielles qui tournent dans la tête, une faculté à se passionner pour les sujets les plus divers et improbables et les creuser jusqu’au fond.

Ne déduisez cependant pas de ce que j’écris qu’elle dresse des portraits cliniques. Pour moi, ce livre est un régal à lire, parce qu’il est joliment écrit, avec une belle langue, qu’il est fin et drôle et m’a souvent fait rire. Il fait partie de ces "livres friandises" que je déguste avec délectation. Et ça ne me semble pas invraisemblable ou choquant que Renée sursaute quand elle entend "pallier à" étant donné que ça me fait grincer des dents à moi aussi!

Enfin, l’une des raisons de mon attachement à ce livre est le personnage de Renée, que je trouve très émouvant, peut-être parce que j’ai eu l’occasion de croiser plusieurs pendants masculins de Renée, qui peinaient à trouver leur place dans la société ou s’étaient, comme elles, fabriqués une bonne cachette. La raison qui pousse Renée à se cacher derrière son masque de concierge est divulguée dans les derniers chapitres du livre. Je ne la trouve pas invraisemblable et je ne vois pas de prétention dans la vie qu’elle s’est choisie. Renée est une femme fragile et vulnérable, qui n’a pas confiance en elle et ne s’est jamais cru digne de prétendre à une meilleure place dans la société, parce que personne n’a jamais cru en elle et personne ne l’a encouragée à tenter sa chance. Aussi stupides les clichés à propos de la position socio-professionnelle des gens soient-ils, ils sont encore trop souvent une réalité de nos jours. Pour l’avoir vécu moi-même autrefois, je crois sans peine que Renée se serait attirée des ennuis, si elle avait affiché ses centres d’intérêts et loisirs, qui peuvent être considérés comme élitistes… Oups! J’ai lâché un gros mot! Je suis donc, à la fois, énormément touchée par le portrait de cette femme, intéressée par ses centres d’intérêts qui me donnent envie de découvrir des domaines qui me sont inconnus, et amusée par ses prises de position, aventures et trait d’humour.

Tout ça pour vous encourager, si ce n’est pas déjà fait, à ne pas vous laisser arrêter par les propos négatifs qui ont pu être tenus à propos de ce livre, et à vous faire une opinion par vous-mêmes!

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32 réponses à L’élégance du hérisson

  1. Tombouctou dit :

    Ma lecture date un peu mais j’ai gardé un très bon souvenir de ce livre. La dimension philosophique m’a touchée, et le style fluide est très plaisant.
    Alors oui, il y a beaucoup de références culturelles, qui montrent surtout que la culture s’adresse à tout le monde et permet d’éclairer la vie de tout ceux qui le veulent bien, même s’ils se terrent derrière leurs rideaux.
    Tiens, tu m’as donné envie de le relire ! :)

  2. Kyradieuse dit :

    Ce roman a été un vrai coup de coeur pour moi ainsi que le film !
    Et je trouve ton avis très bien argumenté. Justement c’est parce qu’une gamine de 12 ans et une concierge n’ont pas le profil pour être aussi intelligentes que ce livre est magique !

  3. Je suis ravie de lire ton billet sur ce roman sur lequel j’ai lu un peu de tout et cela a fait que j’ai toujours reporté cette lecture. J’ai vu l’adaptation ciné que j’ai trouvé honorable et le personnage de Renée m’a également beaucoup touchée. Si en plus le roman propose une réflexion plus profonde que le film il est possible que j’accroche. Quant au fait qu’une concierge puisse aimer la littérature soit perçu comme impossible cela montre les clichés stupides de notre société. Mère au foyer, il m’est souvent arrivé d’être traitée comme une décérébrée, et bien souvent une fois que j’ai dit dans une soirée que je ne travaillais pas, on m’ignore, on ne sait plus quoi me dire, je deviens transparente, je garde alors pour moi mon amour de la littérature (souvent incomprise car perçu comme élitiste) tout comme le fait que je tiens un blog de lecture qui là me propulse dans la catégorie des aliens ! Parfois je me tais et parfois je m’énerve ;) !

    • Marie dit :

      Je n’ai pas la prétention de bien te connaître mais je serais étonnée que ce roman ne te plaise pas.
      Ce que tu rapportes est triste mais ça ne m’étonne pas et tu n’es pas la première blogueuse à t’en plaindre, malheureusement. Pourtant combien de gens qui se donnent à fond dans leur travail n’ont rien d’intéressant à dire parce qu’ils n’ont le temps de s’intéresser à rien? J’avoue être très agacée par la mauvaise presse qu’ont les mots intellectuel et élitiste de nos jours. J’ai l’impression qu’on cherche à niveller par le bas plutôt que de chercher à élever les gens. Encore hier j’ai discuté de ton billet sur le manuel de littérature avec des amies et l’une d’entre elle a raconté que sa fille qui a étudié Cyrano de Bergerac au lycée est allée voir la pièce avec son lycée… mais comme il s’agit d’un lycée de ZEP, ils ont eu droit à une version traduite en langage djeuns. La jeune fille était dégoûtée. Je trouve cette attitude actuelle très inquiétante et très méprisante vis à vis des jeunes et de certaines catégories socioculturelles. Moi aussi, je m’énerve! :-)

      • C’est totalement hallucinant ce que tu dis concernant la fille de ton amie à propos de "Cyrano" alors que cette pièce est tellement belle et que la langue y est si centrale et décisive ! Le film de Rappeneau d’ailleurs, son succès à l’époque de sa sortie au cinéma montre bien que cette pièce est accessible au plus grand nombre. Aujourd’hui la culture est dénigrée alors qu’elle est notre fondement même. Rien ne m’énerve plus que ce nivellement vers le bas, alors que si on parvient à intéresser les jeunes ils sont capables de comprendre et d’apprécier, mais cela demande du travail et beaucoup préfèrent la facilité.

  4. jerome dit :

    Oserais-je avouer qu’il m’est tombé des mains ? J’ai dû en lire à peine 50 pages. Maintenant je trouve formidable qu’un billet négatif te donne envie de défendre ce titre. ça sert aussi à ça de se balader sur la blogo, il y a parfois un effet boule de neige inattendu. Pas plus tard qu’hier j’ai lu un billet présentant une BD chez Keisha et ça m’a rappelé un roman formidable lu il y a quelques années. Et bien je m’y suis replonger hier soir alors que ce n’était pas du tout prévu^^

    • Marie dit :

      lol Je pensais bien que ce n’était pas un roman susceptible de te plaire! J’aime bien aussi ces envies imprévues et ces découvertes qui naissent des promenades sur la blogosphère. Je n’ose pas te demander combien de lectures tu as en cours en ce moment!
      (Du coup, pas curieuse pour un sou, je suis passée voir les commentaires chez Keisha. Jamais lu Calaferte. Il fait partie des – nombreux – auteurs qu’il faudra que j’essaye de lire un jour. Moi c’est simplement la BD, que j’avais repérée chez Mo’, qui me fait envie.)

      • jerome dit :

        Si tu veux lire Calaferte, tu peux commencer avec La mécanique des femmes (idéal pour ton autre blog). J’aimerais beaucoup (mais alors vraiment beaucoup !) savoir ce que tu penses de ce texte sur lequel je suis pour ma part bien incapable de donner un avis.

        • Marie dit :

          Je ne sais pas si tu te souviens que les premiers temps nous étions deux sur l’autre blog. Ma co-blogueuse l’avait lu et chroniqué, je ne vois donc pas forcément nécessité à refaire un deuxième billet, d’autant plus que dans l’immense majorité des cas nos ressentis étaient très similaires. Je le lirai certainement, mais je ne pourrai pas te dire quand (avec tout ce qui s’entasse chez moi et la longueur énorme de ma LAL!).

  5. Aaliz dit :

    Eh bien, je devais le lire prochainement et ton billet m’y encourage encore plus !
    Et moi aussi ça m’énerve cette tendance qu’ont les gens à considérer que la culture n’intéresse que les cadres, hauts-fonctionnaires, enseignants et j’en passe. Et pour cause, une des personnes qui m’a le plus apporté niveau culture dans ma vie était ouvrier sur une chaîne d’usinage. Il m’a donné le goût de l’Histoire, m’a fait découvrir Gengis Khan, Ponce Pilate … Il m’a fait lire Marguerite Yourcenar. Bref, je lui dois beaucoup. Il faudrait vraiment que la mentalité des gens change et qu’ils cessent d’avoir des préjugés aussi grotesques.
    En tout cas, merci pour ton billet Marie, je ne savais pas avec quoi enchaîner ma lecture de Home ( qui ne m’a pas autant enthousiasmée que la majorité des autres lecteurs) mais grâce à toi, c’est résolu !

    • Marie dit :

      Tu risques peut-être toi aussi de reconnaître cette personne dont tu parles en Renée. Pour ceux que j’ai connus ou que je connais, ils sont non seulement victimes des préjugés liés à leur profession jugée peu valorisante mais aussi, dans certains cas, mal vus de leurs collègues à cause de leurs goûts "intellectuels". C’est quelque chose que je trouve triste.
      J’espère que tu auras, toi aussi, plaisir à lire le roman.
      En dépit de tout le bien que je peux en lire, Toni Morrison – et Joyce Carol Oates sont des auteurs qui ne me tentent pas, que je pressens n’être pas pour moi, peut-être à tort. Un jour j’irai au-delà de ce préjugé (encore un!), mais je ne suis pas pressée!

  6. Minou dit :

    Ton article est le plus complet et le plus intéressant sur ce livre que j’aie lu jusqu’ici, je crois. Je n’en garde pas un bon souvenir du tout, mais suis assez d’accord avec les points que tu soulèves : mon problème a été qu’au lieu de m’émouvoir, ces personnages m’ont énervée au plus haut point.
    Je suis assez surprise par les réactions de certaines personnes que tu mentionnes ici : j’ai détesté ces personnages, mais ils ne m’ont pas semblé invraisemblables (l’idée qu’une concierge aussi cultivée ne puisse exister ne m’est jamais venue à l’esprit, par exemple). J’ignorais que c’était une des critiques adressées au livre et comprends mieux l’attitude du personnage de Renée finalement…

    • Marie dit :

      Tu vas me faire rougir! Qu’est-ce qui t’as énervée dans le livre? Tu dis que tu as détesté les personnages. C’est le fond, la forme ou les deux qui t’a posé problème?
      Les réactions que j’ai pu lire ne m’ont pas étonnée, car elles me renvoient à l’époque où, étudiante, j’ai travaillé dans des supérettes comme caissière ou employée. Si certains clients étaient charmants, d’autres étaient carrémment méprisants : si l’on travaillait là, c’est qu’on n’était pas capable de prétendre à autre chose et qu’on était donc dignes d’aucune considération. Certains casse-pieds se sentaient même en droit d’exiger qu’on cède à tous leurs caprices pour conserver notre boulot, qu’on devait être trop contents d’avoir étant donné qu’il était évident que si on était là, c’est qu’on ne pouvait pas prétendre trouver un meilleur boulot ailleurs. (Heureusement, ces casse-pieds étaient une infime minorité!)
      Ensuite j’ai fait des études à rallonge qui, bien que je prenais soin de ne pas en faire étalage, m’ont attiré bien plus d’incompréhension et de moqueries que d’encouragements. N’étant déjà pas du genre à me mettre en avant, je me suis refermée comme une huître… d’où l’utilité du blog qui me permet de parler des sujets qui m’intéressent sans ennuyer les gens et même d’en rencontrer qui partagent mes centres d’intérêt!

      • Minou dit :

        Je crois que c’est à la fois le fond et la forme qui m’a posé problème : comme tu l’as dit, ils correspondent bien à l’autre, puisque la façon de s’exprimer en cherchant le mot juste et le contenu à tendance philosophique du discours servent la construction psychologique des personnages. J’ai détesté la façon dont les deux narratrices dénigraient les gens autour d’elles et les regardaient de haut, c’est-à-dire qu’elles méprisaient l’attitude qu’elles appliquaient elles-mêmes. Quand elles ont ensuite évolué et sont apparues plus fragiles, sans cette carapace prétentieuse, j’ai mieux apprécié ce roman et ai été touchée par les personnages. Pour en revenir à la forme, j’ai souvent plus de mal à apprécier les styles à la première personne qu’à la troisième : je n’ai pas encore réussi à mettre des mots sur cette sensation, mais ça implique d’après moi une série de paramètres narratifs et stylistiques auxquels je suis souvent moins sensible (voire que je supporte mal).
        Je comprends mieux comment on peut se retrouver dans le personnage de Renée avec ce que tu me dis là…

        • Marie dit :

          Moi c’est avec les romans à la deuxième personne que j’ai énormément de mal!
          En fait, tu as l’air d’avoir à peu près le même ressenti que cette blogueuse qui l’a abandonné en route qui a inspiré mon billet. Je peux le comprendre pour Paloma, qui m’agace au début pour la même raison, mais je n’ai pas le souvenir d’avoir eu cette impression pour Renée. Alors que j’ai eu le sentiment que Paloma était injuste, Renée m’a plutôt semblé décortiquer froidement avec lucidité. Sans doute la sensibilité personnelle joue-t-elle beaucoup dans la façon dont nous recevons les personnages.

  7. nathalie dit :

    Ce roman m’a laissé un souvenir mitigé et Renée m’a agacée aussi en supposant de façon systématique qu’elle serait mal jugée si elle laissait transparaître ses goûts. L’appréhension que les autres ont de nous-mêmes est un sujet complexe mais je suis plus décontractée dans l’affichage de mes goûts et couleurs. Et pourtant si quelqu’un doit craindre d’être vue comme élitiste c’est bien moi avec ma thèse et mon goût pour Proust !
    En réalité, si je décerne une étoile spéciale à ce livre, c’est pour le petit passage où Renée entre chez le Japonais et voit une reproduction de Chardin. Les réflexions qu’elle a à ce moment justifient l’existence de l’art, les privilèges que l’on accorde à la culture, le temps et l’argent que l’on passe en livres, musiques, peintures et autres, c’est pleinement ma vie !

    • Marie dit :

      C’est sûr qu’on peut difficilement imaginer auteur étiquetté plus élitiste que Proust! Evidemment, c’est toi qui as raison d’être décontractée. Néanmoins, je vois une différence majeure entre toi et une Renée : les diplômes. Ceux-ci constituent une sorte de reconnaissance et de légitimité que n’a pas un autodidacte. Et je pense que ça a d’autant plus de poids aujourd’hui. Beaucoup d’hommes de la génération de nos parents ont démarré leur carrière au bas de l’échelle et ont pu, à leur départ en retraite, afficher une belle réussite. Ces cas sont aujourd’hui exceptionnels. Sans diplômes, tu es hors jeu dès le départ. Quelqu’un qui n’a pas de diplômes et une mauvaise estime de soi me semble pour susceptible d’afficher des goûts peu conventionnels avec décontraction.
      Le passage que tu cites est aussi un de mes préférés du livre, pour la raison que tu cites. Cette philosophie de Renée, qu’on retrouve en d’autres endroits, je trouve, participe de mon attachement pour le roman.

  8. Camille dit :

    Bien que je ne l’ai jamais acheté, ce livre m’attire, ne serait-ce que par le titre; je ne savais pas qu’il avait autant attisé les critiques, je suis vraiment dans ma bulle… Quoi qu’il, au regard de ton avis, je vais le noter dans ma wish list et le lire rapidement pour que nous puissions en discuter. De mémoire, il n’est pas bien épais. Ce livre dresse un portrait très actuel de la société -d’après ce que j’en déduis- qui me semble fort intéressant!

  9. Yuko dit :

    Il y a eu beaucoup de propos négatifs sur ce livre ? Je pensais qu’il avait été plutôt bien accueilli…

    • Marie dit :

      Comme tu peux le voir dans les commentaires, les avis sont partagés. Le livre a des enthousiastes et des détracteurs, mais il ne semble pas laisser les lecteurs indifférents!

  10. keisha dit :

    Je l’ai lu deux fois (si!), la première fois j’ai aimé (sauf la fin, mais je suis une midinette aussi) , l’écriture, l’humour, l’histoire originale. Ensuite les critiques négatives sont arrivées et je l’ai relu – sans déplaisir aucun. Évidemment les deux héroïnes méprisent les autres au début, c’est agaçant, mais tellement bien croqué!

  11. kroustik dit :

    Je l’ai lu et je n’ai pas aimé ; cependant ton article est vraiment intéressant et me fait dire que je suis peut être passée à côté finalement. Je l’ai lu quand tout le monde le lisait et s’emballait, ça doit joué. Je rejoins Minou, j’ai trouvé les personnages exaspérants et l’histoire malhabile. Je n’ai pas pu regarder le film jusqu’au bout. Qui sait je réessayerai peut être un jour ..

    • Marie dit :

      Tu n’es pas forcément passée à côté de quelque chose. On n’a pas tous les mêmes goûts et, forcément, pas la même perception des personnages. Et moi aussi Paloma m’agace un peu au début.

  12. Pingback: Décembre 2012 | Les livres de Camille

  13. J’avais adoré ce livre justement pour les raisons qui tu le dis ont rebuté certains: l’écriture est très belle et aborde des thèmes très profonds avec pas mal de références à d’autres livres. J’avais d’ailleurs relevé des citations sur mon blog (je te les mets en lien si tu as envie d’y jeter un œil). En tout cas je comprend que tu te sois attachée aux personnages et surtout à Renée

    • Marie dit :

      Désolée, tes commentaires avaient atterri dans les spams, je ne sais pas pourquoi. J’aime bien ton choix de citations. Il y a de très beaux passages dans ce livre. C’est l’une des multiples raisons pour lesquelles je l’ai relu plusieurs fois.

  14. Pingback: « Parce qu’un camélia peut changer le destin  | «Les livres de Camille

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