Summer wars

Pour commencer, je voudrais pousser un coup de gueule : les animations japonaises, en dehors de celles du studio Ghibli, évidemment, sont affreusement mal distribuées en France ! C’est ainsi que, l’année dernière, j’ai raté Evangelion 1.0, faute de m’être suffisamment dépêchée. Summer Wars n’était diffusé la semaine de sa sortie que dans une quarantaine de salles dans toute la France. Et pourtant, la salle minuscule dans laquelle je suis allée le voir un soir de semaine était pleine à craquer !

Summer wars est le nouveau film de Mamoru Hosoda, le réalisateur de La traversée du temps… que je n’ai malheureusement pas vu. Je ne vais pas trop me fatiguer pour le résumé, et me contenter honteusement de recopier celui d’Allociné :

Bienvenue dans le monde de OZ : la plateforme communautaire d’internet. En se connectant depuis un ordinateur, une télévision ou un téléphone, des millions d’avatars alimentent le plus grand réseau social en ligne pour une nouvelle vie, hors des limites de la réalité.
Kenji, un lycéen timide et surdoué en mathématiques, effectue un job d’été au service de la maintenance d’OZ. A sa grande surprise, la jolie Natsuki, la fille de ses rêves, lui propose de l’accompagner à Nagano, sa ville natale. Il se retrouve alors embarqué pour la fête traditionnelle du clan Jinnouchi. Il comprend bientôt que Natsuki ne l’a invité que pour jouer le rôle du « futur fiancé  » et faire bonne figure vis-à-vis de sa vénérable grand-mère. Au même moment, un virus attaque OZ, déclenchant catastrophe sur catastrophe au niveau planétaire.
Avec l’aide de Kenji, tout le clan Jinnouchi se lance alors dans une véritable croisade familiale pour sauver le monde virtuel et ses habitants…

Il semble évident de voir en Summer wars un film sur les dangers de l’impact d’internet sur nos vies et d’y relever une mise en opposition du monde réel et du monde virtuel d’Oz, sorte de mélange de Facebook et Second Life. Le contraste est d’autant plus frappant que, d’une part, le graphisme est radicalement différent d’un monde à l’autre, Oz étant un univers aux couleurs acidulées peuplé d’avatars kawaii et que, d’autre part, la vision du Japon qui nous est donnée est très traditionnelle. Ainsi, le clan familial se réunit pour fêter les 90 ans de la matriarche dans une demeure immense et qu’on devine chargée d’années. Le passé de la famille à l’époque d’Edo est souvent évoqué. Un moment qui m’a marquée et que j’ai beaucoup aimé est celui où la grand-mère s’arme de ses vieux calepins d’adresses et d’un vieux téléphone à cadran, sur lequel il faut composer les chiffres du numéro en tournant, afin d’essayer de réparer les dégâts causés dans le monde réel par le virus du monde virtuel.

Néanmoins, plus que l’opposition entre les deux mondes, ce sont leurs interactions et leur complémentarité qui m’ont frappée. Les avatars dans Oz semblent être des prolongements des personnages. Les alliances se nouent à la fois dans le monde réel et le monde virtuel pour agir dans les deux mondes afin de sauver ce qui doit l’être dans les deux. Bien plus qu’un film sur les dangers d’internet, Summer wars me semble être un film sur l’entraide, la famille, le fait qu’ensemble on est plus forts… Bref, un film qui dispense un message moral assez classique.

De ce fait, le scénario n’est pas d’une originalité et d’une profondeur renversantes. Il comporte pas mal de coïncidences peu crédibles et Kenji et Natsuki sont parfois assez nunuches. Par ailleurs, j’ai eu un peu de mal à croire que le clan Jinnouchi est seul à lutter contre le virus d’Oz et que les concepteurs du site, le gouvernement, etc… soient restés passifs et impuissants face à une catastrophe d’une telle ampleur.

Mais peu importe ! Cette question m’a dérangée seulement une fois que j’ai été sortie de la salle. Le film fonctionne très bien. Il est plein d’humour, enlevé, haletant, très réussi d’un point de vue graphique (le chara-design est de Yoshiyuki Sadamoto, célèbre notamment pour Evangelion). Je suis restée captivée pendant toute la durée du film. Même les combats, parfois assez kitschs et à l’issue prévisible, m’ont autant tenue en haleine que quand je joue moi-même à des jeux, si ce n’est plus. J’ai passé un très bon moment et serais bien volontiers allée le revoir, si je ne répugnais pas à m’enfermer dans une salle obscure par ce beau soleil. Et je le recommande chaleureusement !

La bande annonce :

Et le site du film : http://www.summerwars-lefilm.com/

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Un commentaire pour Summer wars

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