Deux comédies légères : Tamara Drewe et L’âge de raison

Ca faisait des semaines que je n’avais pas mis les pieds dans un cinéma. Je préfère occuper les soirées d’été à profiter des rayons du soleil couchant lors de promenades à vélo plutôt que m’enfermer dans une salle obscure. Et si les sorties, que je suivais chaque semaine d’un oeil distrait, suscitaient parfois chez moi un léger intérêt, celui-ci était bien insuffisant pour me motiver. Et puis le nom de Stephen Frears et quelques critiques élogieuses ont finalement eu raison de mon manque d’enthousiasme. Aussi, après une après-midi passée à bouquiner au vert, j’ai bravement affronté dimanche soir les embouteillages des retours de week-end et de vacances pour aller voir Tamara Drewe.

L’histoire se déroule dans un petit village de la campagne anglaise, situé dans un cadre ravissant mais perdu au milieu de nulle part. Un couple y a aménagé une ferme en résidence d’écrivains. Lui, Nicholas Hardiment, écrivain à succès vieillissant et imbu de lui-même, occupe ses journées à produire ses 10 pages quotidiennes et à tromper son épouse avec de jeunes femmes. Elle, Beth, aimable, souriante, mais assez coincée, s’occupe de tout le reste : la ferme, les hôtes, le courrier des admiratrices de son mari, et même elle relit et conseille celui-ci. Parmi les écrivains ratés qui se succèdent dans la résidence (j’ai regretté qu’on ne les voit pas un peu plus, certains étaient truculents : une femme auteur de romans policiers lesbiens m’a notamment beaucoup amusée), un américain s’y plait particulièrement et s’y attarde. C’est un universitaire, qui peine depuis des années à rédiger un livre sur l’écrivain Thomas Hardy. Beth est secondée par Andy qui, après la faillite de sa société de graphisme, s’est reconverti dans le jardinage. Sa famille possédait autrefois la propriété voisine mais, en raison de soucis financiers, ils ont été contraints de la vendre à la famille Drewe.

Au décès de sa mère, Tamara Drewe, devenue journaliste, revient au village pour vider la maison familiale et la vendre. Ayant souffert dans sa jeunesse de son gros nez qui lui attirait des moqueries, elle revient en conquérante, avec un nez fraîchement refait et un pouvoir de séduction tout neuf dont elle a très envie de jouer. Et son arrivée fait tourner les têtes dans la résidence des Hardiment.

Ajoutez à cela Ben, une rock star échouée dans le village à la suite d’une déception sentimentale, et deux adolescentes qui s’ennuient à mourir et qui, raides dingues de Ben, sont prêtes à faire n’importe quelle bêtise pour le retenir dans ce coin perdu de l’Angleterre (j’ai eu un gros coup de coeur pour l’une des deux, Jody, petite peste au regard malicieux et à l’imagination débordante). 

Le résultat est une comédie légère et sans prétention, que j’ai regardé avec un grand sourire aux lèvres de bout en bout. Evidemment, ce n’est pas le film de l’année et le scénario est prévisible. Néanmoins j’ai passé un très bon moment. C’est un film plein de rebondissements et de moments drôles dont les points forts sont la galerie de personnages, dépeints avec beaucoup de finesse et énormément d’humour, et les dialogues qui fusent.

J’ignorais complètement l’existence de la BD dont le film est inspiré jusqu’à ce que je lise des articles sur cette adaptation cinématographique, mais maintenant j’aurais bien envie de la lire.

Je ne vous mets pas la bande annonce qui, à mes yeux, révèle trop de choses. Donc, en bonus, voici l’événement qui a déterminé l’installation de Ben dans le village, vu du public… juste parce que la chanson me trotte dans la tête depuis que j’ai vu le film.

 

Puis je me suis précipitée dès que j’ai pu sur L’âge de raison, que j’avais très envie de voir en raison de son sujet : Margaret, femme d’affaires « inébranlable » évoluant dans un monde impitoyable, reçoit un jour la visite d’un vieux notaire de province qui lui remet une lettre, bientôt suivie d’autres. Cette correspondance a été écrite et déposée chez le notaire des années auparavant, à son intention, par elle-même, lorsqu’elle avait 7 ans. Evidemment, le soudain afflux de souvenirs va bouleverser la vie de Margaret. Les critiques que j’avais pu lire m’avaient pas mal refroidie, mais je tenais à voir le film car c’est un sujet qui me parle. Je repense souvent à l’adolescente que j’ai été et je me demande ce qu’elle penserait de ce que je suis devenue. Et des fois ça me fait avancer.

Effectivement, le film est bourré de clichés et d’invraisemblances, et c’est bien dommage parce que le thème ne me paraît pas avoir été traité comme il le méritait. Certains passages m’ont même semblé assez affligeants. Toutefois, j’ai été moins déçue que ce à quoi je m’attendais, essentiellement grâce aux lettres et à cette petite fille – qui s’appelait encore Marguerite – qu’elles font revivre. L’accumulation de fanfreluches qui montrent l’importance que Marguerite attachait à ces lettres, la naïveté et la simplicité avec laquelle elle aborde des sujets graves et la nature du message qu’elle veut faire passer à son double adulte, et que l’on découvre peu à peu, font que les scènes de lecture des lettres m’ont touchée. Et puis j’ai bien aimé le personnage de l’assistant de Margaret, qui m’a amusée.

Recommanderais-je ce film? En dépit de ses imperfections, je dirais oui. Mais pas tant pour le premier degré que parce qu’il nous renvoie à nous-mêmes.

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4 commentaires pour Deux comédies légères : Tamara Drewe et L’âge de raison

  1. grillon dit :

    Le film de Stephen Frears me fait envie grâce à ton commentaire. Mais arrivera-t-il chez moi tout au bout de la terre ? On rêve en attendant …

  2. Marie dit :

    Sinon il te restera l’option DVD dans quelques mois. :-)

  3. Steph dit :

    J’ai vu Tamara Drewe, c’est un divertissement frais, agréable, des personnages croqués avec bonheur, un très bon moment de vacances…

  4. Marie dit :

    Contente de te lire ici, Steph. :-)

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