E = mc², mon amour

Daniel, fils d’ouvriers, vit en banlieue parisienne, à La Garenne, et adore le cinéma américain. Lauren, américaine issue de la grande bourgeoisie, vit dans le seizième arrondissement. Elle vénère Racine et s’exprime en alexandrins. Leurs points communs : tous deux ont 11 ans et sont surdoués. Lorsqu’ils se rencontrent lors de vacances assommantes dans une ville d’eau, c’est le coup de foudre. Malheureusement pour eux, les adultes ont du mal à concevoir qu’on puisse vivre une grande histoire d’amour à 11 ans.

Claude Klotz, alias Patrick Cauvin, est décédé il y a quelques jours. Lorsque j’ai appris sa mort, je n’ai pas pu m’empêcher de me replonger, une fois encore, moi qui d’ordinaire relis très rarement, dans E = mc², mon amour. Comme beaucoup, je l’ai lu pour la première fois quand j’avais 14 ans, et c’est l’un des trois livres qui ont le plus marqué mon adolescence. Je l’ai relu une dizaine d’années après, pour voir si la magie opérait encore, et, depuis, le livre ne m’a plus quittée.

Quand je l’ai lu pour la première fois, j’ignorais tout de la douance et j’ai été complètement fascinée. Maintenant je me rends compte que la description qu’il fait de ces enfants est caricaturale et pas très réaliste, néanmoins je trouve toujours ces deux gamins, avec leurs cerveaux d’adultes perdus dans des corps d’enfants, terriblement attachants.

C’est un roman qui se lit très rapidement et très facilement : il regorge d’humour et le style est savoureux. J’aime beaucoup les changements constants de registre dans le langage des narrateurs et  le changement de narrateur à chaque chapitre. J’aime beaucoup les décalages entre ce que Daniel et Lauren pensent et ce qu’ils font, et la façon dont chacun perçoit les petites manies et les actes de l’autre.

Mais, au-delà de l’humour qui est omniprésent, E = mc², mon amour est avant tout une grande histoire d’amour. J’imagine que, si beaucoup d’ados de ma génération semblent y avoir accroché, elle doit sembler bien mièvre et naïve pour beaucoup d’adultes.  Mais moi qui suis restée un peu enfant et qui adore qu’on me raconte de belles histoires, je trouve celle-ci toujours aussi belle et elle m’émeut toujours autant.

J’ai encore dévoré le livre en deux soirées cette semaine et, si la magie n’opère plus aussi bien que lorsque j’étais ado, le plaisir est cependant quasiment toujours intact. Et j’ai maintenant envie de me replonger dans la suite des aventures de Daniel et Lauren, Pythagore, je t’adore, même si je l’ai beaucoup moins aimée, pour ne pas les quitter comme ça. Et je sais que ce n’était pas la dernière fois que je relisais leurs aventures.

Merci de m’avoir fait croire aux rêves d’enfants, M. Cauvin.

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