Du bout des doigts

Si par hasard vous tombez sur ce livre en librairie, ne vous fiez pas au quatrième de couverture qui donne un aperçu erroné de l’histoire, vraisemblablement dans le but d’en exagérer le côté sulfureux (faut bien vendre!).

Sue a grandi à Londres sous le règne de la reine Victoria. Elle a été élevée par des malfaiteurs et ne connaît rien d’autre que leur monde. Aussi, quand Gentleman vient lui demander son aide pour une escroquerie, elle accepte sans le moindre scrupule. Gentleman a été embauché comme secrétaire par un bibliophile dont la nièce doit toucher un gros héritage lorsqu’elle se mariera. Son but est d’épouser l’héritière, à qui il plaît, puis de la faire enfermer dans un asile d’aliénés pour s’approprier sa fortune. Il souhaite que Sue se fasse engager comme femme de chambre de la jeune femme, qu’elle devienne sa confidente et la pousse à conclure ce mariage, en échange d’un pourcentage sur l’argent qu’il récupérera. Tout avait été prévu par les deux complices, mis à part le tendre sentiment inspiré à Sue par la victime de la machination.

Du bout des doigts est un roman qu’on ne lâche pas. Littéralement. Je l’ai dévoré en 3 jours, durant lesquels j’ai passé mes soirées à lire jusque fort tard. Je l’ai promené partout avec moi, renouant avec cette vieille habitude que j’avais abandonnée depuis quelques années de lire dans la rue. Et pourtant, je ne sais pas trop si je dois en dire qu’il m’a enthousiasmée ou simplement que c’est une bonne lecture de détente. J’explique.

J’ai été happée par l’histoire, peut-être pas dès les premières pages, mais dès que l’histoire a démarré, en tout cas, et j’ai tout de suite accroché à l’écriture, limpide et agréable. Je sentais bien que Sue, en dépit de l’éducation douteuse qu’elle a reçue, avait tout pour être une « gentille » dans l’affaire. Quant à l’héritière, Maud, elle ne mérite pas le sort que les deux complices ont ourdi pour elle. J’ai dévoré les 250 premières pages avec une grande avidité, anxieuse de savoir si la machination allait échouer… et la chute de la première partie et le début de la deuxième, qui fait écho à la première mais d’un point de vue différent, m’a pris complètement par surprise et m’a laissée pantoise. J’ai trouvé que c’était diablement bien fait. J’ai dévoré à nouveau les 250 pages suivantes (le roman en fait un peu moins de 750 – mais il est tellement dense qu’il ne contient aucune longueur inutile qui aurait pu être retranchée)… et là, j’ai éprouvé comme une sorte d’indigestion. J’étais toujours bluffée par les coups de théâtre qui se succèdent et que, je dois dire, je n’avais pas anticipés. Mais ça faisait trop. Le scénario, quoiqu’assez incroyable, est plausible : tout est expliqué, tout se tient et c’est rudement bien fait. Toutefois, les réactions de certains personnages m’ont paru parfois peu crédibles, et déterminées par la facilité, comme si l’auteur avait plus eu pour but de se dépatouiller de son intrigue que de faire agir et penser ses personnages de façon vraisemblable. J’étais malgré tout toujours scotchée à mon livre, j’avais toujours autant envie de savoir si ça allait se terminer en happy end, mais, néanmoins, j’ai lu les 250 dernières pages d’un oeil plus critique, et je le regrette.

Lirai-je un autre livre de Sarah Waters? Sans doute. Mais pas tout de suite. Je n’ai pas encore fini de digérer celui-ci.

Du bout des doigts
Sarah Waters
10/18
Collection Domaine étranger

Cet article, publié dans Lectures, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Du bout des doigts

  1. leslivresdegeorgesandetmoi dit :

    ce roman est dans ma PAL depuis longtemps…. il faut que je me décide à le lire !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s