Le testament du Titien

En fait, j’ai commencé il y a quelques temps Le jeu des perles de verre de Hermann Hesse. Ca fait 700 pages. Je n’ai rien compris à l’introduction et j’ai la sensation que pas mal de choses dans ce livre vont m’échapper. Je pressens donc que ce livre va m’occuper un bon moment et que je vais devoir entrecouper sa lecture d’un certain nombre de lectures « de détente ». Le testament du Titien constitue ma première pause.

Lecture de détente se traduit régulièrement chez moi par roman policier historique et ça a encore été le cas cette fois. J’ai découvert en démarrant ma lecture que Le testament du Titien est le deuxième roman d’une série qui commence avec Meurtre à la Saint-Barthélémy, mais, si je ne connaissais pas les héros, cela n’a pas gêné ma compréhension de l’histoire pour autant.

En 1576, lors d’un séjour à Venise, avec son ami Pierre, Virgile, un jeune étudiant français, recueille les dernières paroles du Titien sur son lit de mort (ça ne me changeait pas trop de décor après ma lecture du Daniel Arasse). Le mourant déclare avoir assisté à un meurtre horrible quelques années plus tôt, et l’avoir représenté dans l’une de ses toiles. Et voilà nos deux héros, assistés de Mariette, la fille du Tintoret, bien déterminés à trouver quel est le tableau en question (ce à quoi ils parviennent assez facilement), puis à identifier la victime et démasquer son assassin.

L’atmosphère du livre est bien glauque : la peste sévit à Venise, suscitant une véritable hécatombe. Et le meurtre lui-même est carrément gore, comme l’indique fort subtilement l’illustration de couverture (qui représente un détail du tableau laissé comme indice par le Titien, Le supplice de Marsyas). A côté de ça, les personnages sont bien mignons et l’auteur inclut dans l’histoire une petite histoire romantique qui apporte de la légèreté dans cette ambiance pesante.

Le roman foisonne d’informations historiques et culturelles, artistiques notamment, qui sont très bien amenées. L’auteur est professeur d’histoire et ça se sent qu’elle maîtrise bien son sujet. J’ai malheureusement été beaucoup moins convaincue par l’intrigue qui, à mes yeux, comporte des invraisemblances. Pour ne citer qu’un exemple qui ne dévoile pas grand-chose de l’intrigue : je vois mal comment un assassin pourrait s’introduire dans une maison, se saisir de sa victime et l’attacher, l’écorcher vive complètement en procédant par petits morceaux pour la faire parler, et repartir, le tout en un quart d’heure… Les derniers chapitres m’ont même semblé assez moyens par rapport au reste de l’histoire, qui est tout de même bien ficelée et rondement menée. Mais bon… c’est vrai que je suis difficile.

En conclusion, c’était un roman sympathique mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable. La qualité de la documentation historique et l’habileté avec laquelle elle est distillée dans le roman ne suffira pas, je crois, à me motiver pour poursuivre cette série.

Le testament du Titien
Eva Prud’homme
Flammarion
et en poche chez
J’ai lu

Cet article, publié dans Lectures, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Le testament du Titien

  1. Ping : Fallait que ça sorte… | Et puis…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s