Un long dimanche de fiançailles

Après Le diable s’habille en Prada, c’est un autre roman dont j’ai vu et aimé l’adaptation en film qui s’est trouvé au sommet de ma PAL. J’aime bien ces hasards de lecture.

Pendant la première guerre mondiale, cinq soldats, accusés de s’être mutilés volontairement pour échapper au combat, sont condamnés par un tribunal militaire à un sort horrible : être conduits et abandonnés dans l’étroit espace qui sépare les premières lignes allemandes des premières lignes françaises. Le plus jeune d’entre eux, Manech, n’avait pas 20 ans. Après la guerre, sa fiancée, Mathilde, cherche avec constance et obstination à découvrir ce qui s’est réellement passé ce jour là.

En dépit de ma mémoire de poisson rouge, j’avais l’histoire encore bien présente à l’esprit. Et pourtant j’ai eu l’impression de la redécouvrir, parce qu’elle est traitée d’une façon assez différente dans le livre. Le roman repose en effet beaucoup sur des lettres, des récits de vie. C’est une sorte d’enquête policière qui progresse lentement. Attention, je ne dis pas que c’est ennuyeux, loin de là! Je lui dois même une nuit assez courte.

Le sujet abordé est grave et incite à la réflexion, puisque Sébastien Japrisot ne montre pas seulement les horreurs de la guerre mais aussi toute son absurdité. Néanmoins le personnage de Mathilde apporte beaucoup de fraîcheur, de légèreté et d’humour. De ce fait, le récit émeut sans que son atmosphère soit pesante.

Le style parfois assez « oral » de l’auteur m’a un peu déroutée au départ. Mais au final, je trouve qu’il sonne juste et apporte quelque chose au récit et j’ai bien aimé.

Sur le fond, si l’intrigue est identique dans les grandes lignes à celles du film, j’ai préféré la façon dont elle est traitée dans le livre. C’est plus grave, moins spectaculaire (le handicap de Mathilde est différent aussi, ce qui n’est pas sans impact), mais plus efficace. Et, paradoxalement, il y a plus de suspense dans le livre car les rebondissements et le dénouement y sont moins prévisibles. Le film était, certes, très joli, mais, maintenant que je peux faire la comparaison, je le trouve aseptisé par rapport au livre et bien moins intéressant.

Sébastien Japrisot
Editions Denoël
et, en poche, chez
Folio

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4 commentaires pour Un long dimanche de fiançailles

  1. Irrégulière dit :

    J’aime autant le film que le livre, pour ma part !

  2. Zoé dit :

    J’ai très envie de le lire. Mais ça a l’air d’être une histoire très forte. Je n’ai jamais vu le film…

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