Giuseppe de Nittis au Petit Palais : derniers jours!

Je recommande aux parisiens qui ont un peu de temps libre de foncer voir cette exposition qui se termine dimanche prochain 16 janvier!

J’étais tentée d’aller voir La France en 1500 qui se termine également ces jours-ci, mais quand j’ai vu la longueur de la file d’attente, je me suis empressée de traverser la rue, et de passer du Grand Palais au Petit Palais. Je ne connaissais pas du tout ce peintre et je n’aurais pas eu l’idée d’aller voir cette exposition si Grillon n’en avait pas parlé, bien mieux que je ne saurais le faire.

Giuseppe de Nittis est né en 1846 en Italie dans les Pouilles et mort en 1884, donc malheureusement assez jeune, d’une congestion cérébrale. Il étudia pendant 3 ans à l’académie des Beaux-Arts de Naples avant d’en être renvoyé en raison de son indiscipline. Avec deux amis, il fonda l’école de Resina, en réaction à la vogue de la peinture historique. Ce qui intéressait de Nittis, c’était de peindre des paysages sur le motif.

Il arriva à Paris en 1867 pour ce qui devait être un court séjour. Ce fut le coup de foudre. Il effectua des séjours en France de plus en plus longs jusqu’à ce que, au début des années 1870, il s’y installe définitivement et y épouse une française, Léontine, qui apparaît dans bon nombre de ses tableaux.

Lungo l'Ofanto (1870) - Pinacoteca De Nittis, Barletta

Ce qui m’a frappée tout d’abord, ce sont les lignes : lignes horizontales, comme ici le ciel qui coupe le tableau en deux, et lignes verticales qui y répondent : le chemin qui s’étend à perte de vue, le talus, le cours d’eau. Giuseppe de Nittis maîtrisait parfaitement la perspective et semblait prendre plaisir à en jouer. Comme dans ce tableau, les couleurs sont souvent assez éteintes (ce qui n’empêche pas qu’il y ait souvent une luminosité étonnante) et la peinture par grandes touches donne une impression de brouillard, d’atmosphère ouatée. La sensation que j’ai eue face aux tableaux de Giuseppe de Nittis est une sensation de douceur mélancolique. Et cependant dans certains tableaux le trait de pinceau est extrêmement précis, et, dans quelques-uns, des oranges, rouges ou roses claquent de façon tout à fait réjouissante.

En France, l’artiste peignit des scènes de la vie parisienne, vues de promenades à la mode mais aussi témoignages de transformation de la capitale.

Place des Pyramides

J’ai été amusée de voir, grâce à celui-ci, qu’il y avait déjà il y a un siècle des affiches recouvrant les palissades qui interdisent l’abord des chantiers.

L’exposition présentait également un certain nombre de tableaux ayant pour cadre des courses de chevaux, mais Giuseppe de Nittis s’est plus intéressé aux spectateurs qu’aux courses elles-mêmes. Ce tableau m’a particulièrement frappée en raison de sa verticalité : l’homme , la femme, les branches des arbres.

Courses à Auteuil (1883) - Pinacoteca De Nittis, Barletta

Tout autant que par les paysages, j’ai été séduite par les scènes d’intérieurs, qui m’ont paru douillets et chaleureux et m’ont donné envie d’entrer dans les tableaux. Beaucoup mettent en scène des personnages, ou tout au moins la femme de l’artiste. Les toilettes des femmes sont représentées avec beaucoup de minutie. Même dans les scènes de neige ou d’extérieurs dans lesquelles le flou domine, la toilette du personnage principal féminin est souvent le seul ou l’un des seuls éléments nets et représentés de façon très précise. J’étais en admiration devant ces toilettes si belles, l’élégance de leur ligne, la fraîcheur des couleurs de certaines, le contact du tissu sur la peau que j’imaginais.

 

Intorno al paralume (Intérieur à l'abat-jour)

 Giuseppe de Nittis était lié non seulement avec les peintres impressionnistes mais aussi avec un certain nombre de critiques et d’écrivains parisiens, tels les frères Goncourt, amis du peintre, qui m’ont hantée tout au long de l’exposition, de la première salle où trônent leurs deux portraits, jusqu’à la dernière où l’on peut voir certains de leurs livres dédicacés de la main d’Edmond. Je les ai honteusement délaissés, abandonnant leur journal en plein milieu du premier tome il y a déjà des mois de ça… il va falloir que je m’y remette!

Cette exposition a été pour moi une magnifique découverte car j’ai été séduite par les talents de l’artiste et touchée par ces oeuvres. Malheureusement, la plupart des tableaux présentés à l’exposition appartiennent à des musées italiens, notamment celui de la ville natale du peintre, mais j’ai noté qu’on peut admirer certains de ses tableaux parisiens au musée Carnavalet.

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