Le 31 du mois d’août

Ce roman qui traîne dans ma PAL depuis quelques années est le premier que je lis de Laurence Cossé, l’auteur de Au bon roman, célèbre sur la blogosphère littéraire.

On se souvient que Lady Diana a trouvé la mort le 31 août 1997, suite à un accident survenu dans le tunnel du pont de l’Alma. L’enquête a montré que la voiture à bord de laquelle elle se trouvait, qui roulait à une vitesse bien supérieure à celle autorisée, a percuté une Fiat Uno blanche qui respectait la limitation de vitesse, choc qui aurait été à l’origine de l’accident fatal. La Fiat et son propriétaire n’ont jamais été retrouvés.

C’est de ce fait divers que Laurence Cossé s’est inspirée. Elle a cherché à imaginer qui pouvait être le conducteur de la Fiat Uno, et quelles conséquences cet accident avait pu avoir sur sa vie. Elle a choisi de mettre en scène une jeune femme, Lou, qui mène une vie bien rangée entre son travail dans un restaurant et son petit ami qui vient d’emménager chez elle. L’événement bouleverse la vie de Lou, persuadée qu’elle est coupable, au moins de non-assistance à personne en danger, car elle a été trop effrayée pour s’arrêter, et qui s’attend à tout moment à ce que la police vienne l’appréhender. Persuadée qu’elle n’a d’autre solution que de disparaître et refaire sa vie ailleurs, Lou va mobiliser toutes ses facultés pour parvenir à ne pas se faire prendre.

Le roman est divisé en trois parties. J’ai beaucoup aimé la première et la troisième et moins accroché à la deuxième. Parce que j’y croyais moins, en dépit d’une recherche de la vraisemblance tout au long du livre qui m’a parue assez poussée, et parce que les péripéties qui se déroulent dans cette partie ne me semblaient pas nécessaires. En effet, j’étais vraiment intéressée par ce qui constitue l’essentiel des deux autres : les réflexions de Lou. La jeune femme se pose énormément de questions sur ce qu’elle doit faire, sur les conséquences possibles du moindre de ses actes, sur ce qui est susceptible d’attirer l’attention dans son comportement et de faire suspecter ses intentions. Bref elle décortique le moindre des mouvements qu’elle compte faire en essayant d’anticiper tout ce que ça peut impliquer ou déclencher. Cette sorte de jeu de stratégie m’a beaucoup plu.

J’ai bien aimé aussi la structure de la troisième partie, qui m’a fait penser à la fin d’un cycle, les déplacements géographiques de Lou faisant un relatif parallèle avec son cheminement intérieur. J’imagine que ce que je dis là est assez obscur pour quelqu’un qui n’a pas lu le livre, mais je ne voudrais pas révéler la fin de l’histoire, donc je ne développerai pas plus.

 Le style m’a un peu gênée par moments, notamment en raison d’une ponctuation parfois originale ou de phrases coupées ou bizarrement construites. Je comprends bien ce que l’auteur a voulu faire : ces passages correspondent à des moments où le lecteur partage les pensées de l’héroïne et le cheminement parfois chaotique de la pensée s’exprime ainsi. Mais il m’est arrivé à plusieurs reprises de ne pas comprendre certains courts passages, qui étaient pourtant très simples, et de m’y reprendre à deux ou trois fois pour en saisir le sens. Et ça m’a énervée. Heureusement, ce n’était que très ponctuel.

En raison de ces quelques bémols, je ne dirais pas que ce livre est pour moi un coup de coeur. Néanmoins, mon impression globale est tout de même largement positive et j’ai envie de poursuivre ma découverte de cet auteur… sans doute avec Le Mobilier national dont le sujet m’attire bien.

Le 31 du mois d’août
Laurence Cossé
Gallimard
et, en poche, chez
Folio

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