Le sabre du calife

J’avais lu il y a des années Le poignard et le poison, premier livre de la série des enquêtes d’Erwin le Saxon, et j’étais restée assez déçue de ma lecture. Si d’ordinaire je ronchonne parce que la réalité historique est un peu trop malmenée, là, bien au contraire, j’avais beaucoup apprécié les solides connaissances prodiguées au lecteur par le roman, mais j’étais restée sur ma faim au niveau de l’intrigue. Celle-ci, en effet, n’avait présenté que peu d’intérêt à mes yeux, car il n’y avait que très peu de suspense quant à l’identité du coupable et l’histoire reposait essentiellement sur les méthodes d’enquête des héros, ce qui m’avait médiocrement passionnée. De ce fait, j’ai laissé croupir pendant des années dans une pile le second livre de Marc Paillet que j’avais dans ma PAL… Eh bien, j’ai eu tort!

Je croyais que Le sabre du calife était le deuxième volume de la série, mais il semble en être le quatrième. Cependant, cela ne m’a pas dérangée outre mesure d’avoir raté quelques épisodes.

Dans cette histoire, on retrouve les deux missi dominici de Charlemagne, Erwin le Saxon et le comte Childebrand, ainsi que leurs acolytes. L’empereur les envoie en mission à Bagdad, auprès du calife Haroun-al-Rachid (celui qui apparaît dans bon nombre des contes des Mille et une nuits), afin de s’informer des intentions de celui-ci et de récolter des informations sur ses territoires et leur situation.

On n’a donc pas affaire ici à une enquête traditionnelle. Bien sûr les deux héros vont essuyer quelques déboires au cours de cette mission et vont chercher à découvrir qui cherche à leur nuire mais j’ai plus ressenti le récit comme un roman d’aventure que comme une intrigue policière au sens traditionnel du terme. On suit en effet l’ambassade franque au cours de son périple émaillé de péripéties dans ce royaume lointain. Et l’histoire est beaucoup plus ouverte que dans le précédent livre que j’avais lu : si dans Le poignard et le poison, le coupable se trouvait forcément parmi les quelques membres de l’entourage d’un notable local, il est ici totalement inconnu. Erwin et Childebrand doivent remonter une chaîne dont ils découvrent peu à peu les différents maillons au fur et à mesure qu’ils progressent jusqu’à Bagdad, et démêler les influences que peuvent exercer les grands personnages de la cour. Et, cette fois, c’est bien construit et plutôt passionnant. Et puis le contexte est très exotique et dépaysant. Pour un peu, je me serais cru plongée dans un conte des Mille et une nuits.

Au point de vue des informations historiques, celles-ci sont toujours aussi riches. Et, ce que j’apprécie chez Marc Paillet, c’est que les livres de la série (du moins les deux que j’ai lus) se terminent par une notice historique, à l’intention de ceux qui souhaitent aller un petit peu plus loin.

Je n’en dirais peut-être pas autant de toute la série, mais je recommanderais chaleureusement celui-ci sans aucune hésitation.

Le sabre du calife
Marc Paillet
Editions 10/18
Collection Grands détectives

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3 commentaires pour Le sabre du calife

  1. Étant passionnée d’Histoire et d’enquêtes, je suis tombée sur cette saga hier sur Livraddict et ça m’a directement fait tilt.

    Déjà, tu fais bien de mentionner les connaissances de l’auteur sur le sujet qu’il traite puisque c’est surtout ce que je voulais savoir : écrire des enquêtes dans une autre époque, c’est bien, mais installer une ambiance réaliste, c’est mieux, voire même parfait !
    Bon, si la qualité policière n’égale pas un Doyle ou un Christie, je suis au moins prévenue et je me reposerai donc surtout sur les personnages et le contexte médiéval.

    Bon, même si l’enchaînement ne semble pas être trop strict, je vais essayer de les lire dans l’ordre… Enfin, si je trouve l’ordre qui semble bien incertain ! (Les éditions 10/18 font déjà le coup avec la saga Charlotte et Thomas Pitt d’Anne Perry, ça serait sympa de leur part de numéroter un minimum les sagas comme ça…)

    Merci en tout cas pour cette chronique qui renforce mon intérêt :)

    • Marie dit :

      Merci d’avoir laissé un mot. :-)
      Les travers dans lesquels tombent souvent les contextes historiques sont que soit le contexte historique n’est rien de plus qu’un décor exotique, soit le roman vire au cours d’histoire et l’intrigue en pâtit. Evidemment, ça ne doit pas être facile à écrire, et parvenir à un équilibre ne doit pas être évident.
      Moi aussi j’aime bien suivre les séries historiques dans l’ordre. Même si l’auteur veille souvent à ce que l’histoire soit accessible même quand on n’a pas lu les autres tomes, je trouve plus agréable de suivre la vie d’un héros dans sa progression chronologique que de la prendre dans le désordre.

  2. Ping : Journal de lecture – été 2013 2/2 | Et puis…

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