La stratégie Ender

La Terre a pu repousser deux tentatives d’invasion des Doryphores, peuple proche des insectes originaire d’une lointaine planète, mais une troisième vague se prépare, bien plus massive et redoutable. Pour y faire face, l’armée cherche à trouver et former un enfant susceptible de devenir le commandant de la flotte terrienne. L’attention des militaires s’est portée sur Ender.

Celui-ci est un enfant doublement exceptionnel. Dans un monde où les familles sont limitées à un ou deux enfants, il est un « troisième ». Ses parents ont reçu l’autorisation de le concevoir, car l’armée espérait qu’il pourrait réunir en lui les qualités décelées chez son frère et sa soeur aînés. Et Ender est doté d’une intelligence hors normes.

Après l’avoir observé plusieurs années, l’armée enrôle Ender à ses 6 ans. La stratégie Ender, premier livre du Cycle d’Ender, raconte ses années d’apprentissage dans une école militaire destinée à former les officiers. Afin de déterminer si Ender est le futur commandant qu’ils attendent, et de le préparer à cette tâche, les militaires vont le manipuler et le soumettre à une formation très rude, au cours de laquelle le jeune garçon va découvrir la solitude et apprendre à ne compter que sur lui-même et à surmonter tous les obstacles.

 J’ai mis quelques dizaines de pages avant de vraiment rentrer dans le livre. J’étais un peu rebutée par son atmosphère très sombre et par la violence qui règne entre les enfants. Et puis je me suis retrouvée happée dans l’histoire, presque malgré moi. J’ai été passionnée par les stratégies mises en oeuvre par les différents personnages, par les jeux d’influence, par les affrontements sportifs organisés dans l’école, par la progression d’Ender dans le jeu vidéo qui fait partie de sa formation.

Je m’y connais trop peu en matière de science fiction, mais pas mal d’éléments du livre m’ont paru originaux et bien trouvés par rapport à ce que j’avais pu lire jusque-là. J’ai apprécié que l’histoire soit très fouillée et que l’auteur lui ait créé un cadre riche.  Même si, après coup, je me suis dit que la fin était logique et que j’aurais dû la prévoir, je n’ai rien vu venir du tout et me suis fait complètement avoir.

Autre point fort : le livre soulève pas mal de problèmes et incite le lecteur à la réflexion, notamment sur des questions de morale, en particulier du fait que le roman semble être une illustration parfois dure à avaler du célèbre principe « la fin justifie les moyens ». Il y a aussi une volonté de bâtir une psychologie des personnages assez fouillée, et l’accent est pas mal mis sur les relations entre les personnes, ce que je trouve intéressant.

Cependant, c’est aussi à ce niveau que j’émettrais quelques réserves. Orson Scott Card a recours à pas mal de clichés, notamment en termes de nationalités. Et je n’ai pas trouvé les personnages crédibles sur le plan de la psychologie. Notamment, lorsque je me représentais les scènes que je lisais dans ma tête, je m’imaginais un groupe d’adolescents. Chaque fois que l’auteur rappelait l’âge d’Ender, ça me faisait l’effet d’une douche froide et il me fallait quelques pages avant de réussir à me replonger dans l’histoire. Je ne crois pas une seconde que des enfants de cet âge, aussi exceptionnelle que soit leur intelligence, pourraient se comporter avec la maturité dont font preuve les personnages.

 En dépit de ce bémol, ce livre, impeccablement construit, bien rythmé et agréablement écrit, est pour moi un coup de coeur et le deuxième roman du cycle a d’ores et déjà rejoint ma PAL. Il est à noter toutefois que La stratégie Ender forme un tout et pourrait être lu indépendamment, sans poursuivre plus avant dans le cycle.

La stratégie Ender a reçu le prix Nebula en 1985 et le prix Hugo en 1986.

La stratégie Ender
Orson Scott Card
J’ai lu SF

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4 commentaires pour La stratégie Ender

  1. Ping : L’heure du bilan | Et puis…

  2. nanet dit :

    Comme toi, l’âge m’a un peu étonnée, la maturité des personnages pour un si jeune âge est a noter. Je note aussi la politique et l’opposition Amérique/Russie…
    Mais le reste est envoûtant grâce à l’écriture fine de Scott Orson Card.

    Biz

  3. Ping : Journal de lecture – été 2013 1/2 | Et puis…

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