We want sex equality

1968. Dagenham, en Angleterre. Une poignée de femmes travaille dans l’usine locale du géant de la construction automobile, Ford. Elles sont toutes employées dans un atelier de couture à la confection des banquettes des voitures. A la suite d’une révision des échelons, elles ont été rétrogradées au statut d’ouvrières non qualifiées. A la surprise générale, elles se mettent en grève. Leurs doléances étant ignorées, elles durcissent très vite le ton et réclament un salaire équivalent à celui des hommes. Faute de banquettes à mettre dans les voitures, c’est bientôt toute l’usine qui se retrouve arrêtée. La direction se trouve contrainte de réagir.

Ce nouveau film de Nigel Cole, le réalisateur de Calendar girls, dont le titre original est Made in Dagenham (j’avoue avoir un peu de mal à comprendre l’utilité de cette « traduction »…) est basé sur des événements historiques. En effet, cette grève est à l’origine de la loi votée au Royaume Uni en 1970, à l’instigation de la secrétaire d’Etat à l’emploi, Barbara Castle, qui est représentée dans le film. Cette loi garantit le droit à un salaire égal pour les hommes et les femmes à travail égal. Elle a été incorporée au Traité de Rome lorsque le Royaume Uni a rejoint l’Union européenne en 1973.

En revanche, j’ignore totalement si les personnages du film, à l’exception des membres du gouvernement, ont une quelconque réalité historique et dans quelle mesure les événements ont été respectés. Le film, en tout cas, est très accrocheur et très enlevé.

Le film alterne moments légers et moments d’émotions. Ces derniers correspondent non seulement aux tensions du conflit social, mais aussi à la vie de ces femmes. A travers le tragique destin de l’époux d’une d’entre elles, les difficultés économiques rencontrées par ces familles, des thèmes assez graves sont abordés.

Cependant, l’impression dominante que je garde du film est une impression de légèreté et de fraîcheur, les couleurs chatoyantes des tenues des ouvrières, leur bonne humeur et leur enthousiasme contrastant avec la vétusté de leur atelier, les couleurs tristes des costumes des hommes et leurs mines sombres. Etrangères à la politique et aux négociations syndicales, elles sont portées par la justesse dont leur cause leur semble revêtue. Au-delà du thème de la condition féminine, j’y ai vu aussi un film sur la difficulté qu’il y a à soutenir une cause qui ne rencontre qu’indifférence et opposition, envers et contre tous.

J’ai regretté que le film manque un peu de profondeur et sombre parfois dans la mièvrerie, mais, dans l’ensemble, je l’ai trouvé très réussi et je l’ai beaucoup aimé. Et j’ai bien aimé le petit clin d’oeil du générique de fin, qui montre de vraies images de la grève et de brèves réactions des grévistes (beaucoup moins glamour que les actrices), interviewées de nos jours.

A peine quelques jours après la Journée de la femme, est-il utile de rappeler encore une fois que, 40 ans plus tard, les femmes en France gagnent toujours 20% de moins que leurs homologues masculins, et qu’une récente étude a montré qu’elles sont toujours en charge de 80% des tâches domestiques…?

 

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2 commentaires pour We want sex equality

  1. Bonsoir!
    Elles gagnent 20% de moins, mais elles ont les mêmes rémunérations que les hommes, jusqu’à l’âge de 35 ans. Et là, patatras, ça se casse la figure. La « faute » aux enfants ;-)
    La solution ne consiste donc pas dans une énième loi, ni à taper sur les patrons (enfin, pas forcément) mais à développer les agréments de nourrice et les crèches…

    • Marie dit :

      Ca, je ne le savais pas. C’est plutôt encourageant si les salaires de départ sont égaux.
      Mais je ne suis pas sûre que les enfants suffisent à tout expliquer. Même si je suis entièrement d’accord sur le fait que trouver comment faire garder son bébé relève du parcours du combattant et qu’il faudrait plus de nourrices et de crèches.
      Il me semble que à poste et expériences égaux, il subsiste tout de même une différence de salaire entre hommes et femmes qui ne s’explique par aucun élément objectif.

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