Les lectures de la bestiole (2-3 ans) : Ellen Stoll Walsh

Je n’ai pas réussi à trouver beaucoup d’informations sur Ellen Stoll Walsh. Je sais simplement qu’elle est née en 1942, qu’elle vit dans l’Etat de New York, et qu’elle a commencé par inventer des histoires pour son fils, avant d’en écrire pour tous les enfants. J’ai eu tout autant de mal à trouver ses livres. A l’exception des best-sellers avec les trois souris, peu de ses albums ont été publiés en français (chez Mijade) et seuls quelques-uns d’entre eux sont facilement disponibles. Et je le regrette beaucoup, car je suis tombée complètement sous le charme de son style à la fois simple et percutant et de sa capacité à écrire des livres intelligents et pédagogiques et qui, en même temps, racontent une histoire attrayante. Ces qualités d’écriture se retrouvent également dans les dessins. Les animaux sont mignons, les couleurs douces et le décor très simple et sobre. En revanche elle me semble avoir une technique originale. On dirait qu’elle utilise des morceaux de papiers découpés et collés.

Je garde un souvenir très vif de notre premier contact avec Ellen Stoll Walsh. C’était au printemps, il y a 3 ans. Nous étions partis pour le week-end dans un petit village aux confins de la Bourgogne et de la Champagne, à l’orée d’une forêt. Nous étions logés dans une vieille petite maison, dont l’escalier était abrité dans une tour du 16e siècle. Le bonheur! Le séjour a malheureusement été un peu écourté, car le monstre s’est réveillé le dimanche matin à l’agonie, avec une forte fièvre. J’ai donc fini de remballer nos affaires en quatrième vitesse et nous sommes rentrés en catastrophe. Une fois arrivé à la maison, le mourant s’est subitement senti beaucoup mieux et est redevenu en pleine forme… Grrrr! Faites des gosses! Parmi les livres que nous avons lus ce week-end-là, dans un nid de verdure pas loin d’un petit ruisseau, il y avait celui-ci :

 

 Trois souris peintres

Il était une fois trois souris blanches sur une feuille de papier blanc. Elles découvrent trois pots de peinture : un rouge, un jaune et un bleu. Trouvant les couleurs belles, elles plongent dans les pots, font des tâches de couleur sur la feuille et s’amusent à jouer dans les tâches. Forcément, il y a aussi un chat qui aimerait bien attraper les souris.

Quoi de mieux pour apprendre les mélanges de couleurs que des petites souris qui s’amusent avec de la peinture? La narration est simple, claire et répétitive, ce qui fait que le livre est facilement accessible à des tout-petits d’âge préscolaire. Il permet une première approche des couleurs primaires et secondaires et suscite l’envie de passer à la pratique. L’histoire est très mignonne et contient des petits clins d’oeil amusants.

 

Trois souris en papier

Même configuration que dans le livre précédent : trois souris sont poursuivies par un chat et trouvent refuge dans des bouts de papier. Si ce n’est qu’ici les souris ne sont pas blanches et découvrent non pas des pots de peinture, mais des formes découpées dans le papier : carrés, triangles…

 On retrouve dans cet album tous les atouts du précédent : clarté, simplicité, humour. Comme Trois souris peintres, il présente un double intérêt : il permet à l’enfant de découvrir ou de réviser les figures géométriques les plus courantes, et il constitue une invitation à passer aux travaux pratiques. En effet, les souris se rendent vite compte qu’elles peuvent utiliser toutes ces figures d’une façon amusante pour créer maison, poisson… L’enfant est ainsi incité, comme les souris, à laisser libre cours à son imagination pour inventer des histoires et représenter ce qui lui plait.

 

 Une, deux, trois souris

Dans celui-ci, les souris sont beaucoup plus nombreuses et sont confrontées à un serpent à l’appétit vorace. Ce livre est celui que j’ai le moins aimé, et que la bestiole m’a le moins réclamé. Je pense que ça tient au fait qu’il est un peu moins original et intéressant que les autres. En effet, l’histoire est simplement prétexte à apprendre à l’enfant à compter jusqu’à 10.

Néanmoins, si je suis moins enthousiaste à propos de cet album, c’est simplement parce que je le compare aux autres. Objectivement, je le trouve tout de même très bien pensé. En effet, les rebondissements de l’histoire invitent de façon tout à fait naturelle à compter et recompter les souris et je trouve qu’Ellen Stoll Walsh a vraiment l’art d’enseigner les choses sans en avoir l’air.

 

 La magie de Bongo

On passe cette fois à un genre totalement différent. Bongo a très peur du noir. Des grenouilles lui conseillent de demander de l’aide à Zara la sorcière. Bongo trouve l’idée très bonne, il est sûr que Zara pourra lui donner de la magie qui le rendra courageux. Il part donc à la recherche de la sorcière, mais celle-ci a le don d’emprunter des chemins très sombres, et Bongo arrive toujours trop tard pour la rencontrer.

C’est une peur enfantine très courante qui est abordée dans cet album : la peur du noir. Le message est qu’on a en soi assez de force pour affronter et surmonter ses peurs. Je ne suis pas sûre que la bestiole ait bien perçu ce message, mais l’histoire, prise au premier degré, n’en est pas moins agréable à lire.  L’histoire et les animaux sont mignons et le petit côté fantastique a plu au petit jeune homme.

 

 Bien évidemment, depuis, la bestiole a grandi. Ces livres ne sont plus trop d’actualité et ne sont quasiment plus jamais choisis pour l’histoire du soir. J’ai bien senti, la dernière fois que nous avons lu l’album, que La magie de Bongo n’opérait plus. Je comptais d’ailleurs profiter de la rédaction de cet article pour les retirer de la circulation afin de libérer un peu de place… sauf que, forcément, dès qu’il a vu les livres sur mon bureau, il s’est empressé de faire main basse dessus et de me demander de tous les lui relire, une fois de plus, clâmant qu’il les adore! Cependant, nous en avons un cinquième qui, lorsque je l’ai acheté (le petit avait 3 ans 1/2 à l’époque), lui est passé, je crois, complètement au-dessus de la tête, et qui me semble beaucoup plus adapté maintenant. Celui-ci va donc rester sur son étagère encore quelques temps. Il s’agit de :

 

Le gland et le petit chêne

Celui-ci met encore en scène deux souris, Aristote et Petit Nougat, qui découvrent un beau jour un petit chêne qu’ils n’avaient pas vu auparavant, et qui se demandent comment il a pu pousser là. Là encore, c’est très bien fait. L’enfant apprend comment naissent les chênes, bien sûr. Mais je vois aussi une deuxième dimension à cette histoire : elle incite à la réflexion. En effet, les petites souris arrivent à comprendre comment l’arbre a poussé là à force de chercher et de se poser des questions. Un peu de la même façon que Bongo trouvait en lui-même la force d’affronter sa peur, la morale de cette histoire me semble être qu’on peut trouver des réponses en soi en réfléchissant et en raisonnant pas à pas.

Ce contenu assez costaud est présenté de façon très attractive : on croirait presque que les deux souris se livrent à une enquête policière et de nombreuses pointes d’humour sont présentes dans le livre. Toutefois, pour moi, ce dernier livre ne s’adresse pas au même public que les quatre autres. Je pense qu’il faut que l’enfant ait 5-6 ans pour qu’il soit en mesure d’appréhender pleinement son contenu.

 

Je profite de ce billet pour annoncer ma participation au challenge Je lis des albums de Hérisson. Etant arrivée sur la blogosphère au milieu de l’année dernière, je n’avais pas osé prendre la première édition du challenge en cours de route. Pour compenser, j’ai carrément opté cette année pour le niveau Big challenge, soit 20 albums. Vu le nombre d’albums qu’on lit à la maison, si mon travail me laisse un peu plus de loisir pour écrire que ces dernières semaines, je devrais pouvoir chroniquer 20 albums sans aucun problème !

 

 

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2 commentaires pour Les lectures de la bestiole (2-3 ans) : Ellen Stoll Walsh

  1. Mo' la fée dit :

    Je te prends quelques idées de lectures ^^ Mon Petit Bonhomme en est friand (2 ans) et je voudrais renouveler un peu ce que j’ai déjà sous la main grâce à Monsieur Lutin (5 ans). J’ai aussi un petit « coin des Bambins » dans mon bar pour présenter les lectures des petits, il faudrait que je le ré-alimente un peu. Bonne journée à toi.

    • Marie dit :

      Ah oui! Je suis déjà allée y jeter un oeil et je suis pour que tu le ré-alimentes! Ma bestiole ayant à peu près le même âge que Monsieur Lutin, ça m’intéresse beaucoup!

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