Darwinia

Par une nuit de 1912, l’Europe et tous ses habitants disparaissent mystérieusement. A leur place apparaît un nouveau continent, recouvert d’une végétation étrange et peuplé d’espèces animales inconnues. Tandis que les hommes tentent d’implanter des colonies sur ce continent vierge, surnommé la Darwinie, une expédition scientifique part en 1920, déterminée à remonter ce qui était auparavant le Rhin dans le but d’atteindre l’emplacement des Alpes. Les membres de l’expédition, parmi lesquels figure le jeune photographe Guilford Law, cherchent non seulement à en apprendre plus sur la Darwinie, mais aussi à trouver des indices permettant de comprendre ce qui a pu se produire. Les avis, au sein de l’expédition et dans le monde, sont en effet partagés sur ce qui a causé l’apparition de la Darwinie. Beaucoup y voient une intervention divine miraculeuse tandis que, pour d’autres, il s’agit d’un phénomène scientifique que l’humanité n’a pas encore été capable d’expliquer.

 Le livre démarre vraiment bien et est très prometteur : il commence comme une uchronie, genre que j’aime beaucoup, et lorgne aussi du côté du roman d’aventure dans le style de ceux de Jules Verne. Il y avait là matière à raconter des histoires passionnantes. Du point de vue de l’uchronie, le conflit qui oppose les anglais, qui tentent de recoloniser leur pays, aux américains aurait pu permettre de développer de façon intéressante les changements de rapport de force entre les deux nations. J’aurais bien aimé aussi que l’auteur parle de la façon dont ce bouleversement était perçu un peu partout dans le monde, de ce que la disparition de l’Europe et le fait que la première guerre mondiale n’avait pas eu lieu avait eu comme impact sur les relations internationales. La seule chose qui est évoquée un peu rapidement, ce sont des tensions entre les Etats-Unis et le Japon, un peu trop belliqueux au goût des américains.Un récit d’exploration et de découverte des terres nouvelles aurait pu aussi être passionnant.

Le problème, c’est que, après 170 pages très réussies, les choses se gâtent. Wilson, pour expliquer l’apparition de la Darwinie, a recours à une explication assez alambiquée qui ressort de la science fiction pure et dure. A partir de ce moment là, le roman touche à tellement de genres à la fois qu’il part un peu dans tous les sens et ne développe finalement rien, que ce soit au niveau des éléments de l’histoire ou des personnages. De plus, on se retrouve avec un affrontement gentils/méchants tout ce qu’il y a de plus classique, basique et prévisible.

Ce n’est pas désagréable à lire, loin de là. En soi, c’est un livre plutôt sympathique. Mais ce n’est pas le genre de livre qui tient éveillé jusqu’à une heure déraisonnable, parce qu’on veut savoir ce qui se passe ensuite, et le sentiment que j’en retire globalement est un sentiment de déception, par rapport à ce que le livre aurait pu être.

Robert Charles Wilson, qui a été nominé pour le prix Hugo en 1999 pour Darwinia, l’a obtenu en 2006 pour un autre roman, Spin. Il est également notamment l’auteur des Chronolithes et de Bios.

Darwinia
Robert Charles Wilson
Denoël
Collection Lunes d’encre
et, en poche, chez
Folio SF

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6 commentaires pour Darwinia

  1. Irrégulière dit :

    C’est assez intrigant comme histoire…

  2. Bon ça a l’air tout de même assez prometteur ! Il faudrait lire celui pour lequel il a eu le Hugo (un peu une garantie de qualité).

  3. D. dit :

    Aah dommage que la fin soit décevante, il me tentait bien ! L’histoire a au moins le mérite d’être originale !

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