Madame Firmiani

Monsieur de Bourbonne, vieux gentilhomme de province, a pour seul héritier un neveu qu’il aime comme un fils. Lorsqu’il arrive à ses oreilles que son neveu s’est ruiné pour une femme, madame Firmiani, il décide de monter à Paris afin de se rendre compte par lui-même de ce qu’il en est.

Cette courte nouvelle de moins de 30 pages a paru dans la Revue de Paris en février 1832. Grâce à La physiologie du mariage et aux Chouans, publiés tous deux en 1829, Balzac était alors déjà célèbre. Madame Firmiani est publiée pour la première fois en 1835 et trouvera finalement sa place au sein de la Comédie humaine dans les Scènes de la vie privée.

En effet, si l’on retrouve dans la nouvelle le thème, récurrent chez Balzac, de l’argent (puisqu’il s’agit de savoir si et comment le jeune Octave de Camps a dilapidé sa fortune) et s’il y est question d’amour, il s’agit avant tout d’un portrait de femme.

Cette femme ainsi mise en lumière, madame Firmiani, est un personnage récurrent de la Comédie humaine, et apparaît dans quelques-unes des oeuvres qui composent celles-ci. Par ailleurs, de par sa mère (une Cadignan), elle est liée par le sang aux principales figures féminines du faubourg Saint-Germain tel que Balzac l’a imaginé pour la Comédie humaine.

Ce portrait est réalisé de façon originale, puisque madame Firmiani nous est présentée indirectement, à travers les regards de différents personnages : d’abord des personnes n’ayant que des rapports lointains ou inexistants avec elle, puis les deux personnages masculins de la nouvelle, l’oncle et le neveu. Si l’histoire, morale et jolie, m’a plu mais ne m’a pas touchée autant que, selon le paragraphe introductif de Balzac, j’aurais dû l’être, j’ai été, en revanche, séduite et amusée par la virtuosité qu’il a déployée dans cet exercice littéraire.

En effet, un peu à la manière de la tirade du nez de Cyrano de Bergerac, Balzac imagine ce que répondraient différents types de parisiens à qui l’on demanderait qui est madame Firmiani. Cette approche quasiment sociologique lui permet de dresser autant sinon plus le portrait de ces personnages qui sont autant d’archétypes, qu’il croque en quelques mots et caractéristiques, que celui de son héroïne. Chaque représentant de type interrogé répond en décrivant une facette particulière de cette femme, ou même l’image qu’il choisit d’en avoir, à partir d’un vocabulaire qui lui est propre. Le lecteur se retrouve donc perdu au milieu d’une multitude de fragments parcellaires, qui sont bien insuffisants pour lui permettre d’appréhender une personnalité, qui est forcément complexe et aux multiples visages.

C’est donc avec grand plaisir que j’ai renoué, à travers cette nouvelle que j’avais oubliée, avec la plume de mon auteur favori! Je n’en suis que plus motivée pour rapatrier chez moi quelques-unes de ses oeuvres afin de les relire.

Je rappelle, pour ceux qui seraient intéressés, que cette courte nouvelle, qui se lit vraiment très vite, peut être téléchargée gratuitement sur divers sites et notamment ici.

 J’ai lu cette nouvelle dans le cadre d’une lecture commune avec mazel, NathalieAlain Rotko et Martial.

Et il s’agit donc de ma première contribution à mon challenge Balzac!

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9 commentaires pour Madame Firmiani

  1. Martial dit :

    Bonjour

    Comme toujours tu en parles magnifiquement… J’ai hate de voir tes commentaires sur d’autres livres de Balzac.. Vivement la suite de ce challenge!

    Bon dimanche

    • Marie dit :

      Tu vas me faire rougir! :-)
      J’ai fait une razzia sur mes vieilleries de Balzac chez mes parents aujourd’hui et je les ai rapatriées. Je ferai peut-être un billet pour les montrer.

      • Julie Dujardin dit :

        merci ! mais j ai juste une question : qu’elle sont les objets du satire ou bien les cibles dans cette histoire passionante ? De Qui Balzac se moque t-il ? merci de bien vouloir me répondre car j’ai psa très bien trouvé ceci moi-même… Merci d ‘avance !

        • Marie dit :

          Désolée, j’ai lu le texte il y a plus d’un an et ne l’ai plus très bien en tête. Je ne crois pas avoir noté dans mon billet que Balzac se moquait de quelqu’un?

  2. Estellecalim dit :

    Merci pour l’adresse de téléchargement, c’est pratique, car tu m’as donné bien envie de lire cette nouvelle :)

  3. rotko dit :

    Parfait, je résume donc mon commentaire :

    – Le jeune protagoniste de l’histoire a un oncle bienveillant comme dans le Contrat de mariage, et ce dernier mène l’enquête sur les affaires financières de son neveu, devenu bien pauvre.

    – La problématique de Madame Firmiani répond directement à la question posée dans l’Auberge Rouge : « peut-on jouir d’une fortune dont on sait qu’elle est mal acquise ? »

    – Enfin, comme dans le contrat de mariage, le fin mot de l’histoire sera donné par une lettre, procédé qu’aime bien Balzac, mais que ses lecteurs ont tendance à bouder;

    Des avis plus complets sur http://tourl.fr/bhon

    • Marie dit :

      J’avais trouvé le topic dans le forum et je l’avais mis en lien dans le corps du billet.
      Je n’avais pas noté ces rapprochements, n’ayant plus en tête ces deux autres récits. Le rapprochement est intéressant.

  4. Karadanse@icloud.com dit :

    Bonjour j’aimerai savoir quels sont les thèmes principaux de cette nouvelle est pourquoi,enfin comment le prouver
    Merci d’avance et site très intéressant

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