Le marchand de café

Miguel Lienzo est un juif portugais qui a fui l’inquisition et s’est installé à Amsterdam où il a d’abord prospéré dans les affaires. Mais, à la suite de plusieurs revers financiers, il a perdu sa fortune. Alors qu’il ne sait comment faire face à l’échéance de la liquidation boursière du mois, qui doit se solder par une perte supplémentaire pour lui, une jeune veuve hollandaise, charismatique et douée en affaires, Geertruid, lui propose de s’associer avec elle pour se lancer sur un marché qu’elle pressent devoir être lucratif, celui du café. En ce milieu du 17ème siècle, le café est encore une marchandise exotique et peu répandue.

Je m’attendais à lire un roman sur le commerce du café et la façon dont il s’est introduit dans nos contrées et est devenu une boisson recherchée. Et en fait, ce n’est pas le cas. C’est plutôt un roman sur les opérations boursières, le café n’étant qu’un support comme un autre sur lequel sont adossés des produits financiers. Il me semble même pouvoir être un bon moyen pour comprendre les mécanismes des achats et ventes à terme et du marché des options, du fait que les matières premières qui font l’objet des négociations sont quelque chose de plus concret et tangible que les actions, obligations, indices et devises qui servent aujourd’hui de supports.

L’auteur semble s’être beaucoup documenté sur son sujet. L’ouvrage se termine même sur une bibliographie, chose que j’apprécie toujours. Il donne plein d’informations sur la vie quotidienne au 17ème siècle et, notamment, sur les conditions de vie des juifs dans les différents pays d’Europe. Pour autant, ces informations sont amenées de façon habile et naturelle.

L’intrigue est très fouillée et assez alambiquée, ce qui n’est pas pour me déplaire. Il y a tout le temps des retournements de situation, du fait que les apparences ne sont jamais ce qu’on croit et que les personnages sont constamment en train de se manipuler mutuellement. Le roman me fait penser à une partie d’échecs à plusieurs joueurs qui essaient sans cesse d’anticiper les mouvements adverses pour avancer leurs pions, parfois sans se rendre compte qu’ils sont eux-mêmes des pions. C’est même parfois un peu trop (je sais, je ne suis jamais contente!). Là-dessus vient évidemment se greffer une histoire romantique.

Tous les ingrédients pour faire un bon roman historique sont donc réunis. Mais… il m’a laissé froide et je ne saurais pas trop dire pourquoi. J’aime en général tout ce qui touche à la finance, le roman aurait donc dû me plaire. Mais je ne me suis pas senti de sympathie pour les personnages, qui m’ont, en outre, paru un peu trop stéréotypés. Je n’ai pas été touchée par l’ambiance et ne me suis pas senti concernée par les aventures des héros. Dommage.

Le marchand de café
David Liss
JC Lattès
et, en poche, chez
10/18

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2 commentaires pour Le marchand de café

  1. Kactusss dit :

    J’avais bien aimé cette lecture mais sans plus. C’est vrai que c’est bien documenté ! Je l’ai lu il y a longtemps et je m’en rappelle encore.

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