Oui-Oui et la voiture jaune

J’ai attaqué fort logiquement le challenge Club des cinq par un livre de… Oui-Oui! Je ne suis cependant pas complètement hors sujet puisqu’il a pour auteur Enid Blyton.

Je me demande s’il ne s’agit pas de la première aventure de Oui-Oui, car on y apprend comment le pantin s’est installé au pays des jouets et comment il est entré en possession de son fameux taxi.

L’histoire en tout cas n’est pas récente : elle a été publiée en version originale en 1949 et traduite en français en 1962, et ça se sent! Certains jouets qui sont mis en scène étaient encore parlants pour moi dans les années 70s mais laisseraient ma bestiole complètement perplexe. Le vocabulaire est également assez désuet. Il y a également en plusieurs endroits du livre un message moral assez appuyé mais je m’attendais à pire.

J’ai cependant, de façon générale, été agréablement surprise par le contenu. Je m’étais persuadé, je ne saurais expliquer pourquoi, que l’histoire devait être assez plate. Aussi j’ai été étonnée de relever à certains endroits des détails qui se voulaient amusants et de constater qu’il y avait du suspense (les vilains lutins volent toutes les voitures du pays des jouets et Oui-Oui est accusé à tort de ce larcin).

Si j’ai exhumé ce livre, c’est parce que je me demandais à quel public il s’adressait à l’époque. Dans mon souvenir, les livres de la Bibliothèque rose étaient assez épais (du moins pour des enfants non lecteurs), ne comportent pas énormément d’images et ne contiennent que quelques images en couleurs. De plus, j’associe maintenant Oui-Oui à une série pour les bébés. Donc ça ne collait pas. Je me demandais donc comment j’avais pu percevoir le livre à l’époque et comment la bestiole la percevrait aujourd’hui.

J’ai été, là encore, surprise de constater que mes a priori étaient erronés. Certes le livre compte 120 pages mais la police est grosse et aérée si bien qu’il faut à peine 20 minutes pour le lire. Si la présentation est plus austère que celle des albums actuels de Oui-Oui que nous lisions à la bestiole quand il avait 2-3 ans, je ne pense pas que l’histoire soit réellement plus longue ni plus ardue.

Je serais cependant tentée de penser que j’ai lu ou qu’on m’a lu cette histoire quand je devais avoir environ l’âge actuel de la bestiole (6 ans) car je me suis souvenu de plein de détails quand je l’ai relue. C’est donc apparemment un livre que j’ai lu un certain nombre de fois, et que j’ai logiquement dû aimer. Bien que je me sois rappelé ce que les lutins avaient fait des voitures, je n’avais gardé que peu de souvenirs de cette partie de l’intrigue. Je ne pense donc pas que c’est l’aspect que j’avais préféré. Je me souvenais en revanche avec précision de certains jouets et des travaux que Oui-Oui devait faire pour gagner de quoi acheter des meubles pour équiper sa maison. Je suppose que cette partie « économique » m’avait bien plu. Je garde un souvenir fort de En famille d’Hector Malot, lu quelques années plus tard, je pense, et surtout de la partie dans laquelle la jeune héroïne, qui a été engagée dans une usine, commence à gagner de l’argent et peut s’acheter de la nourriture et quelques objets utilitaires. Ma vocation comptable remonterait-elle à si loin?

 S’il semble que ce livre a dû être autrefois pour moi un coup de coeur, qu’en serait-il de la bestiole aujourd’hui? Eh bien je ne le saurai pas, car je n’aurai pas l’occasion de lui lire! Oui-Oui, dont il a regardé les DVDs en boucle pendant des mois et dont nous lui avons maintes et maintes fois lu les aventures, il y a seulement quelques années, est un héros pour les bébés et lui est un grand maintenant, donc il ne veut plus en entendre parler! Je pense toutefois que, s’il n’avait pas connu Oui-Oui et si j’avais tenté de lui lire, soit il y a 2-3 ans, soit maintenant, ça ne serait pas passé. Si je lui avais lu quand il était plus petit, le contenu aurait pu lui plaire mais il aurait été rebuté par le manque d’images qui le fait tiquer encore aujourd’hui avec les romans. Le format passerait bien maintenant qu’il est plus grand, mais il est justement trop grand pour que l’histoire puisse l’intéresser. Ces lutins qui volent des voitures paraîtraient bien fades et mièvres à ce fana de monstres qui ne jure actuellement que par Beast Quest ou La grotte des dinosaures.

Si j’ai eu plaisir à relire ce petit livre, j’ai donc néanmoins ressenti en même temps une sensation de fossé de générations, l’impression qu’il devrait être lu plus tôt que de mon temps et que le format n’est plus adapté. Il faut dire que les albums dédiés aux tout-petits ont aujourd’hui une présentation plus attrayante que du temps de ma jeunesse. Du coup, je me demande quelle impression vont me faire les romans du Club des Cinq et s’ils vont me paraître aussi anachroniques.

Cette lecture constitue donc ma première participation au challenge Club des Cinq de George.

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6 commentaires pour Oui-Oui et la voiture jaune

  1. D. dit :

    J’ai beaucoup lu les romans de Oui-Oui vers 6-7 ans. Mais c’est vrai qu’ils ne m’ont pas suivi quand j’ai appris à mieux lire. Je serais curieuse d’ouvrir à nouveau un roman de Oui-oui, même si de nombreuses heures de baby-sitting à voir en boucle les épisodes d’animation m’ont fait haïr ce pauvre gosse au bonnet à grelot !
    Chouette article ;)

    • Marie dit :

      Ca me rassure. Vu l’heure tardive, j’avais l’impression de ne pas arriver à écrire quelque chose qui ne soit pas confus. :-)
      Moi aussi je suis écoeurée du dessin animé et plus encore des albums (dès que mes parents repéraient un livre de Oui-Oui, ils sautaient dessus! :-( ), mais ça ne m’a pas empêché de relire mon livre avec plaisir, beaucoup plus de plaisir que ce à quoi je m’attendais. Si tu en as gardé, n’hésite pas!

  2. Ping : Challenge Le Club des 5 «

  3. les Livres de George dit :

    le premier OUI-Oui que j’ai lu je m’en souviens parfaitement : mon parrain cheminot l’avait trouvé dans un train et me l’avait offert. Je me revois encore sur ma petite chaise dans ma chambre en train de le lire, par contre je ne me souviens plus du tout du titre et je ne sais pas ce qu’il est advenu de lui ! j’ai beaucoup aimé ton billet, ta réflexion sur ce qui plait encore ou non à nos monstres !

    • Marie dit :

      C’est marrant, les souvenirs. Il y a aussi certains livres que je me revois bien en train de lire mais impossible de me souvenir du contenu, et certains livres dont je me rappelle très bien l’histoire mais impossible de me rappeler le titre et à quoi ils ressemblent et de les retrouver. Dans le même genre, j’ai lu Bonjour tristesse pendant mes vacances. Je savais que j’avais lu Bonjour Tristesse ou Aimez-vous Brahms mais impossible de me souvenir lequel et j’ai eu beau retourner toute ma bibliothèque, je n’ai rien retrouvé. Je suis allée en librairie, les quatrièmes de couverture de l’un comme de l’autre ne m’évoquaient rien du tout. J’ai donc fini par acheter Bonjour tristesse. Et toute l’histoire m’est revenue pendant que je lisais : au fur et à mesure que j’avançais dans le livre, ce qui allait se passer ensuite me revenait en mémoire. Du coup, je vais re-retourner ma bibliothèque la prochaine fois que j’irai chez mes parents. Il doit bien être quelque part, ce bouquin!

  4. Ping : Challenge Le Club des 5 : bilan à mi-parcours (ou un peu plus…) «

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