Les tribulations d’un chinois en Chine

Kin-Fo est un riche chinois qui n’a jamais éprouvé la moindre contrariété, dont tous les désirs ont toujours été satisfaits aussitôt qu’éprouvés, et qui trouve la vie fade et sans saveur. Un jour, une lettre lui apprend qu’il est ruiné. Avec ce qui lui reste d’argent, il souscrit une assurance en faveur de son mentor, le philosophe Wang, et de sa fiancée. Puis, dans l’espoir d’éprouver enfin une quelconque émotion, il charge Wang de le tuer, par surprise, dans un délai de deux mois. Alors que l’attente de ce suicide d’un genre original commence à réveiller en lui diverses émotions, Kin-Fo reçoit une nouvelle lettre l’informant que non seulement il n’est pas ruiné, mais qu’il est encore plus riche qu’auparavant. Mais lorsqu’il veut annoncer à Wang qu’il ne songe plus à mourir, Kin-Fo s’aperçoit que le vieil homme a disparu de la maison sans laisser de traces. Commence alors pour Kin-Fo une course folle à travers la Chine pour retrouver Wang. Il est accompagné de son serviteur paresseux, Soun, et de Craig et Fry, deux américains aussi inséparables que les Dupondt de Tintin, chargés par la compagnie d’assurance qui les emploie de veiller à ce qu’il n’arrive rien à leur client jusqu’à l’expiration de son contrat.

 Voilà bien 25 ans que je n’avais rien lu de Jules Verne et le souvenir du ressenti que j’avais eu alors de mes lectures est bien flou. Cette fois, j’ai trouvé celui-ci franchement décoiffant! Après quelques chapitres assez tranquilles de mise en place de l’histoire et des personnages, l’auteur nous fait parcourir la Chine à un rythme effréné. Je me suis fait l’effet de ces touristes asiatiques qui font le tour de l’Europe en une semaine! Pour chaque endroit visité, Jules Verne ne nous informe que de l’essentiel : les curiosités les plus remarquables et les plus pittoresques, mais la somme des informations qu’il arrive à faire tenir dans ce court roman est tellement considérable que j’en suis restée comme étourdie. En effet, il nous parle également des moeurs, des traditions, de la nourriture, de la philosophie, de l’empereur… J’ai té ébahie et amusée de ce flot d’informations.

C’est très intéressant dans la mesure où ça nous renseigne à la fois sur la Chine et sur la façon dont elle pouvait être perçue en France à l’époque. Sous la plume de Jules Verne, cette Chine entre modernité et tradition m’a parue d’un exotisme attirant et fascinant. Cependant, j’ai eu envie en lisant le roman de me renseigner sur ce qu’était réellement la Chine au 19e siècle, afin de pouvoir comparer avec la vision que Jules Verne en donne.

J’ai admiré ses talents de pédagogue. Il arrive à faire passer cette foule d’informations qui, dans un autre contexte, aurait pu être franchement indigeste, de manière très plaisante et attractive grâce à l’histoire qui est prenante et amusante. Mon seul regret, c’est que, du fait de la masse d’informations donnée, le but pédagogique est un peu trop visible et donne au roman un petit côté artificiel.

Ce qui m’a également amusée, c’est que, en dépit du sujet, Jules Verne parvient à glisser dans son roman un chapitre concernant une innovation technique. Il s’agit des combinaisons en caoutchouc de Paul Boyton qui, à l’époque où a été publié le roman (1879), jouissait d’une énorme célébrité pour avoir été le premier homme à traverser la Manche à la nage. Je vous renvoie à Wikipedia pour plus de renseignements sur cet homme que Jules Verne a rencontré.

Ce billet est ma première contribution au challenge Jules Verne d’Isil, mais il y en aura d’autres car cette première lecture m’a rendu très curieuse de découvrir ou redécouvrir d’autres de ses oeuvres!

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6 commentaires pour Les tribulations d’un chinois en Chine

  1. les Livres de George dit :

    Je n’ai toujours pas commencé le Challenge Verne ! et pourtant 2 ou 3 romans m’attendent… ton billet est une bonne piqûre de rappel !

  2. Ping : Point sur mes challenges en cours | Et puis…

  3. choupynette dit :

    je viens de lire Le chateau des carpathes, je me suis régalée! ce titre me tente bien!

  4. Ping : Deux ans de vacances | Et puis…

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