Coraline

A la fin d’un été froid, une petite fille s’ennuie. Elle a déjà exploré à fond le jardin qui entoure son immeuble et ses parents n’ont pas le temps de s’occuper d’elle. Dans la pièce de son appartement qui sert de garde-meubles, une porte l’intrigue. C’est une ancienne porte de communication avec l’appartement voisin, inoccupé, et qui ouvre désormais seulement sur un mur de briques. Mais un jour, alors qu’elle profite d’une absence de ses parents pour ouvrir encore une fois la porte, c’est un couloir que Coraline découvre à la place du mur de briques. A sa grande surprise, au bout de ce couloir, elle se retrouve à nouveau dans son appartement, où ses parents l’attendent. Un autre père et une autre mère, attentifs, aimants, qui lui préparent de bons petits plats… et qui ont des boutons à la place des yeux.

Comme je n’avais pas vu le film et que, ayant beaucoup aimé American gods, j’avais envie de lire autre chose de Neil Gaiman, je me suis précipitée sur cette LC organisée par Kik. Cette LC s’inscrit dans le cadre de sa Semaine Alice et, à la lecture du livre, le lien m’a paru évident, du fait que la porte que franchit Coraline est comme un miroir qui relie deux mondes qui sont le reflet l’un de l’autre et que, si le monde qu’elle découvre de l’autre côté de la porte ressemble énormément au sien, il a par beaucoup d’aspects le côté étrange et irréel des rêves qu’on retrouve dans le monde dans lequel Alice se trouve projetée.

 Cet autre monde dans lequel pénètre Coraline a également en commun avec les rêves son caractère inquiétant. Le récit de Neil Gaiman est à la fois très imaginatif et ancré dans le quotidien très banal d’une petite fille ordinaire, ce qui renforce le sentiment d’angoisse quand ce quotidien routinier dérape. Sur mon édition (anglaise), le livre est indiqué comme s’adressant aux enfants à partir de 8 ans. Etant une petite nature, si je l’avais lue à 8 ans, cette histoire dans laquelle Coraline est confrontée à une créature maléfique et se retrouve alliée à des enfants morts, m’aurait, je crois, valu quelques cauchemars. En revanche, je craignais que le livre me paraisse maintenant un peu trop enfantin. Mais, si l’écriture est assez simple, le récit, lui, n’est en rien simpliste et je me suis retrouvée captivée, au point de ne pas lâcher mon livre en sortant du métro et de continuer à lire dans la rue.

Mon édition est illustrée de dessins de Dave McKean. J’avais déjà eu un premier contact avec lui, dans un genre totalement différent, grâce au recueil Premières fois dont il a illustré l’une des histoires, et, dans les deux contextes, j’ai eu une impression relativement similaire. Je ne peux pas dire que ce qu’il fait me plaît. Dans une certaine mesure, certains de ses dessins me dérangent un peu mais, en même temps, je suis fascinée. Je trouve ce mélange de sensations qu’il m’inspire intéressant.

Je suis ravie d’avoir été aussi emballée par Coraline que par American gods, et d’avoir été une nouvelle fois conquise par le talent et l’imagination de Neil Gaiman. Je n’en suis que plus décidée à continuer à explorer sa bibliographie!

La liste des – nombreux – autres participants à cette LC est chez Kik.

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14 commentaires pour Coraline

  1. Ping : Coraline de Neil Gaiman « Les lectures de Marie

  2. petitemarie29 dit :

    Ca doit être sympa d’avoir une version illustrée !
    Tu as été plus emballée que moi apparemment même si j’aime l’écriture de Gaiman, je n’ai pas été emportée par l’histoire !
    Tu penses continuer ta découverte par quel livre ?

    • Marie dit :

      Je n’en sais rien du tout! J’hésite entre continuer avec le tandem Gaiman-McKean dans les livres jeunesse et repartir sur un roman plus adulte. On verra!

  3. Ping : Coraline, de Neil Gaiman | Charabistouilles

  4. Jerome dit :

    Neil Gaiman et Dave Mc Kean, c’est un sacré tandem. Je n’ai pas lu Coraline mais j’ai adoré le sauvage, une autre production commune de ces deux grands messieurs.

  5. Kaeru dit :

    Il est sur ma liste d’achat depuis un moment. J’adore Gaiman et Mc Kean. Mais je voudrai me le prendre en anglais et il me faut une édition illustrée. Le film est très très chouette d’ailleurs. Je te conseille aussi vivement « the graveyard book » :)

  6. Mo' dit :

    Tu avais vu passer « Le Sauvage » chez moi, au moment où tu commençais la lecture de « Coraline ». Tu n’y retrouveras pas ce tandem puisque McKean l’a réalisé avec David Almond. Très bon aussi, un peu le même ressenti que toi sur le coté fascination/répulsion de la partie graphique, la fascination étant tout de même plus forte.
    Je pense que « Coraline » me plairait, merci pour ton avis

  7. Zazou8888 dit :

    Hello Marie,
    Moi aussi je l’ai lu en anglais et en effet, comme toi si je l’avais lu à l’âge de 8 ans j’en aurais fait des cauchemars sévères! ^_^ Mais tu as pointé un fait intéressant, c’est le fait que le livre décrit des situations tellement normales de la vie d’une petite fille et en même temps des faits tellement étranges mais racontés sur le même ton qui dérange tant…

    Les aventures dans le vrai monde tout comme dans l’autre monde sont racontées de la même manière et on fini par même mélanger les deux… BRRRRR…

  8. Luna dit :

    Coucou !
    C’est marrant, ce livre était à la mode quand j’avais 10 ans ou dans ces eaux là et pourtant aucuns des enfants que je connais/(-sais) n’a fait des cauchemars après l’avoir lu. Du coup, je me dis qu’en tant qu’adulte on se trompe peut-être souvent sur les capacités réelles de quand on était petit… (Je m’étonne juste, hein !)
    Après je comprends tout à fait pourquoi la plupart des gens le disent et j’ai peut-être tendance à surestimer les enfants, mais à côté des « chairs de poule » je trouve Coraline ultra-soft : il me semble qu’on fait tout de suite le rapprochement avec les rêves, qu’elle s’invente son monde. On arrive à se raccrocher aux branches de la réalité assez facilement et ça j’ai l’impression que les enfants le font facilement… (ou du moins, moi, mes amis de quand j’étais petite et mes petits cousins et cousines !).

    Cela dit, je ne suis pas fan du livre, sans qu’il me fasse peur, il me dérange (c’était déjà le cas quand j’étais petite) : le coup des choses réels racontées sur le même ton que les choses irréelles me mettent profondément mal à l’aise…

    • Marie dit :

      Je pense que c’est une question de sensibilité personnelle, et peut-être aussi de génération. Je me souviens avoir été étonnée que mes petites cousines voient Jurassic Park à 10 ans sans sourciller alors que, quand j’avais été le voir à sa sortie, mon copain de l’époque avait été à deux doigts d’aller se planquer sous son siège.

      Le fait que le livre te met mal à l’aise tend à prouver qu’il est bien fait! :-)

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