Les fabuleuses histoires du chocolat, du café et du thé en BD

Ce coffret réunit trois BDs qui avaient initialement été publiées séparément. L’emballage est alléchant : les couvertures, épaisses et en relief, m’ont paru aussi agréables à regarder qu’à toucher. Malheureusement, la présentation n’est pas aussi soignée à l’intérieur… Les trois albums sont, en effet, truffés de fautes d’orthographe et de grammaire, le pire des trois étant La fabuleuse histoire du thé, qui est également victime de texte mal placé dans les bulles, et dans lequel j’ai relevé jusqu’à trois grosses fautes de français dans une seule phrase! Cela m’a rendu la lecture extrêmement pénible et il m’a fallu un peu de volonté pour m’accrocher et ne pas abandonner en route.

En farfouillant un peu sur le net pour voir si d’autres blogueurs avaient évoqué le coffret, je suis tombée sur un billet du blog Le blog-notes et j’ai eu la surprise de voir que le scénariste avait réagi dans les commentaires. Je me permets de recopier ici une partie de son intervention :

Désolés… Le dessinateur et moi-même sommes désolés, pour ne pas dire plus, de constater l’étendue des dégâts à la sortie de cet album. Fautes à ne plus savoir qu’en faire, inversions de textes dans les bulles, répétitions de phrases ! Mélanges de fichiers chez l’éditeur! Du très grand travail ! Un collector ! Désolés donc… Au point que nous nous posons la question: Ne devrions nous pas exiger le retrait de ces Albums, qui n’ont même pas été soumis à notre validation avant de sortir !
C’est d’autant plus regrettable que l’ensemble des critiques sur les BD traitant du chocolat et du thé étaient très largement positives. Elles aussi, pourtant, ne sont pas sans contenir quelques coquilles…
Merci donc, aux éditions clair de Lune, de prendre un tel soin du travail de ses dessinateurs et de ses auteurs.

… et j’ajouterais personnellement et de prendre un tel soin des lecteurs. Il a été plusieurs fois question ces derniers mois sur la blogosphère de la légitimité des jugements négatifs sur certains genres littéraires, livres et auteurs et du respect dû aux auteurs. J’aimerais qu’il soit aussi question parfois du respect dû aux lecteurs. Il me semble que ceux-ci sont en droit d’attendre qu’on leur propose des ouvrages de qualité et qu’on ne les prenne pas uniquement pour des vaches à lait. Après, on pourra sans doute me répondre qu’on est toujours libre d’acheter ou pas…

Je vais tout de même en venir au fond! Je ne suis pas aussi négative que la critique assassine que j’ai trouvée sur le blog cité plus haut, mais je dois bien admettre que je suis loin d’être enthousiaste.

J’ai globalement bien aimé le dessin de Willow et j’ai beaucoup apprécié certaines ambiances et tonalités de couleur. Néanmoins, il m’a semblé parfois inégal.

Pour le fond, celui-ci a été très soigné par le scénariste, Davoz, qui a visiblement voulu faire quelque chose d’attrayant. Les trois histoires ont des contextes narratifs très différents. Celle du café est racontée par un homme d’un certain âge dans un café. Le narrateur de l’histoire du thé est le capitaine Nemo (héros d’une autre BD écrite par Davoz), qui fait voyager Jules Verne dans le temps au moyen d’une machine à remonter le temps installée à bord du Nautilus. L’histoire du chocolat, enfin, est dite par un négociant en chocolat (qui sait prévoir l’avenir!) à Louis XIV et à ses courtisans. Il n’y a donc pas de sentiment de répétition d’un album à l’autre. Il s’agit, au contraire, d’une plongée dans trois univers différents. L’humour occupe également une grande place dans la série, dont le but est visiblement d’instruire le lecteur sur les légendes relatives à ces trois boissons en le divertissant.

Jusque-là, a priori, tout va bien. Sauf que le fond est tellement au service de la forme, et tellement arrangé de façon à ce que le ton reste léger et drôle, que je suis totalement incapable de faire le tri entre ce qui est à retenir et ce qui est à oublier dans ce qui nous est raconté. Le parti le plus sage m’a donc semblé être de faire table rase du fond et de prendre simplement les albums comme des recueils de jolies légendes exotiques. Le problème, c’est que l’humour m’a paru plutôt lourd et ne m’a pas amusée et que, de ce fait, la narration m’a laissée relativement insensible.

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10 commentaires pour Les fabuleuses histoires du chocolat, du café et du thé en BD

  1. jerome dit :

    Et oui, le manque de sérieux de certains éditeurs est quand même assez lamentable. Il m’arrive même de tomber sur des 4ème de couv où l’on se rend compte que le rédacteur du texte n’a à l’évidence pas lu le texte dans son intégralité. Après, les problèmes de correction c’est un soucis de plus en plus important avec la qualité des traductions. En tout cas, voila un coffret sur lequel je ne vais pas m’attarder si je le croise en librairie^^

    • Marie dit :

      Je n’ai pas encore eu la malchance de tomber sur de tels 4èmes de couverture. Il faut dire que je les lis de moins en moins parce que je trouve qu’ils révèlent souvent beaucoup trop de choses, ce qui est idiot parce que l’histoire perd tout son intérêt.
      Oui, il m’est aussi arrivé de fulminer contre les traductions. Quand on voit que certains traducteurs foncent à fond dans des faux amis, ça fait peur. Du coup, ça m’incite à acheter plus de livres en anglais!

  2. irreguliere dit :

    dommage… c’était tentant…

    • Marie dit :

      Oui, c’est vrai. J’ai d’autres livres en stock sur le sujet, ou tout du moins sur le chocolat, pour le challenge d’Aaliz. J’espère que j’aurai plus de chance!

  3. grillon dit :

    C’est amusant , je viens d’acheter un livre pour la jeunesse, intitulé  » Le garçon qui détestait le chocolat  » ! C’est une histoire grave qui convient aussi aux adultes. Le coffret que tu présentes paraissait alléchant …

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  6. Aaliz dit :

    Oh bah zut alors ! C’est dommage, c’était une bonne idée. En tout cas, je ne comprends pas le manque de professionnalisme de la maison d’édition, surtout pour une BD, la forme est quand même primordiale. Bon tu as raison, finalement, c’est bien que la bibli soit fermée …;-)

    • Marie dit :

      Désolée!
      Je pense que certains éditeurs considérent les livres comme un produit de consommation comme un autre et recherchent à maximiser les profits et diminuer les coûts au détriment de la qualité.

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