Miserere nobis

C’est une présentation de Miserere nobis par son auteur, aux Rendez-vous de l’Histoire de Blois de 2010, qui m’a donné envie de le lire. Aussitôt dit, aussitôt fait! Je me le suis fait offrir au Noël suivant et n’ai pas eu la patience d’attendre qu’il parvienne au sommet de la pile.

Le héros du roman est Eusèbe de Césarée, un jeune prêtre originaire de Palestine qui, grâce à un concours de circonstances, est devenu secrétaire particulier de l’empereur Constantin. Ses fonctions lui laissant pas mal de loisir, Eusèbe occupe son temps libre à un travail d’historien : il rédige un ouvrage ambitieux, une Histoire ecclésiastique. Ce projet étant bien connu de ses coreligionaires, des documents lui parviennent de nombreux pays. C’est ainsi qu’il reçoit, un jour de l’année 309, une lettre adressée aux chrétiens de Phrygie par les survivants du Grand Martyre de Lyon (au cours duquel, notamment, a été tuée sainte Blandine), qui a eu lieu en 177. Eusèbe déchiffre la lettre avec avidité et s’étonne de constater que la fin manque. Par ailleurs, le récit du massacre suscite en lui de nombreuses questions : certains points lui semblent illogiques. Eusèbe parvient à trouver un prétexte pour se faire envoyer en mission à Lyon par l’empereur, afin d’y mener son enquête.

Roger Bevand est un pédagogue formidable. Ce roman est un cours passionnant sur le règne de Constantin, les différents courants de christianisme de l’époque et les principaux autres cultes. Certes, me direz-vous, mais qu’est-ce que ça donne sur le plan littéraire? Eh ben… faut passer le cap des cinquante premières pages. Miserere nobis est un premier roman et l’auteur m’a semblé avoir eu du mal à démarrer : c’est lourd, lent et maladroit. Fort heureusement, ça s’arrange une fois les premiers chapitres passés et je n’ai plus eu ce ressenti ensuite. Par ailleurs, il faut être clair : ce n’est pas le Da Vinci code (fort heureusement, là encore!). La découverte qu’Eusèbe va faire à Lyon sera, certes, bouleversante pour lui, mais elle reste de l’ordre du plausible et, de ce fait, elle paraît nettement moins fracassante au lecteur qu’au personnage!

Néanmoins, une fois que j’ai eu réussi à entrer dans le roman, je n’ai plus eu envie de le lâcher. Je me suis attachée au héros et intéressée à son destin. De plus, l’auteur a utilisé les blancs laissés par l’Histoire pour introduire dans son roman des sentiments, de l’action et même un peu de fantastique, ce qui le rend vivant et attrayant. Et, chose à mes yeux très appréciable, il est facile de faire le tri dans ce qui est historique et ce qui est le produit de l’imagination de Roger Bevand, et ce d’autant plus qu’une chronologie historique est fournie à la fin du livre.

Même si le roman n’est pas exempt de défauts, comme je l’ai indiqué, j’aimerais avoir plus souvent l’occasion de lire des romans historiques aussi solides, et qui sachent si bien instruire tout en divertissant!

Miserere nobis
Roger Bevand
Actes Sud Histoire

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4 commentaires pour Miserere nobis

  1. En lisant le premier paragraphe de ton billet j’ai pensé au Da Vinci ! ce roman a l’air très intéressant, je ne le connaissais pas, mais on peut faire confiance à Actes Sud !

  2. jerome dit :

    Plutôt ambitieux pour un premier roman. Le sujet m’intéresse beaucoup, je pourrais rapidement céder à la tentation….

    • Marie dit :

      J’espère pouvoir rapidement lire ton billet alors! je me souviens que tu avais lu il y a quelques temps un roman de cette collection et que tu avais été assez mitigé. Je me demande ce que celui-ci t’inspirera!

  3. Ping : Panne de lecture | Et puis…

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