Pavillon 38

D’un côté, nous avons François Müller, journaliste fasciné par les serial killers. Il piste l’un d’entre eux depuis une quinzaine d’années. Grâce aux amis journalistes qu’il a dans différents pays, il a pu suivre les traces de celui-ci hors de France et effectuer des recoupements plus facilement que la police. Alors que les policiers ne soupçonnent pas l’existence de ce tueur, François a vu le mode d’opération de celui-ci évoluer, jusqu’à devenir particulièrement cruel et spectaculaire, a suivi ses déplacements au fil des années, a appris à le cerner et pense être bientôt en mesure de le démasquer, et de décrocher ainsi un énorme scoop.

De l’autre côté, Suzanne Lohmann. Elle est psychiatre et travaille à l’UMD (Unité pour Malades Difficiles) de Villejuif. On lui amène un jour un homme, Erwan Dantec-Leguen, rapidement surnommé Dante pour simplifier, qui est emprisonné pour une agression sexuelle. Il semble surtout effrayé et se montre principalement agressif vis à vis de lui-même. Une fois mis en confiance par Suzanne, il lui raconte ces fantasmes qui l’effraient, qui correspondent en tout point au mode opératoire du serial killer traqué par François Müller. Au bout de quelques mois, Suzanne déclare que Dante est un schizophrène et non un psychopathe. Il est donc renvoyé en prison avec les médicaments adéquats et, un an plus tard, une fois sa peine purgée, est libéré.

Un nouveau meurtre est découvert quelques mois plus tard. Suzanne y reconnait ce que Dante lui a décrit. A-t-elle commis une erreur de diagnostic? Dante est-il coupable? Suzanne est-elle indirectement responsable du martyre de la jeune victime?

 Comme j’ai eu l’occasion de le dire, j’avais commencé ce roman il y a quelques mois et je m’étais arrêtée au bout d’une cinquantaine de pages parce que je craignais qu’il ne soit très gore. La couverture, que je trouve affreuse, n’arrangeait rien. Quand je m’y suis courageusement remise la semaine dernière, j’ai eu la surprise de découvrir qu’il n’en était rien. Certes, les meurtres commis par le serial killer sont particulièrement affreux mais, une fois son mode opératoire expliqué, l’auteur ne s’est pas appesanti dessus. Pas de description complaisante de cadavres et pas de scène de meurtre qui s’étale sur des pages et des pages : les assassinats ne sont pas décrits, ou alors seulement leur début, en quelques lignes. Je rends grâce à l’auteur de ne pas avoir cédé à cette facilité!

Ce n’est pas la seule facilité qu’il évite : j’ai craint un moment d’avoir droit au poncif de la jeune fille capturée par le tueur et que celui-ci, pour des raisons obscures, remet à plus tard de tuer, ce qui donne lieu à une sorte de compte à rebours, les policiers parvenant toujours à sauver la victime in extremis. Mais Régis Descott évite également cet écueil, qui m’irrite particulièrement.

L’intrigue n’est cependant pas exempte de quelques faiblesses et j’ai également trouvé qu’il y avait quelques maladresses dans l’écriture. J’ai néanmoins été, dans l’ensemble, agréablement surprise par ce roman qui est agréable à lire et qui est loin d’être inintéressant. L’auteur s’est en effet documenté auprès de l’UMD de Villejuif et la découverte de cette unité et de son fonctionnement ainsi que des différentes pathologies ajoute de l’intérêt à la lecture.

En dépit de mes réticences initiales, j’ai apprécié ce roman qui propose une intrigue moins classique que je n’escomptais, un contexte intéressant et un suspense qui fonctionne bien. Je suis contente qu’il se soit avéré être une bonne surprise.

Pavillon 38
Régis Descott
JC Lattès
et, en poche, chez
Le livre de poche

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6 commentaires pour Pavillon 38

  1. C’est marrant j’ai reçu ce livre en cadeau fête des mères dans la librairie de Champigny. Je suis heureuse de lire que l’auteur évite le gore car c’est souvent ce qui me rebute dans ce genre de thriller, il n’est donc pas exclu que je le lise !

    • Marie dit :

      C’est marrant, il ne vient pourtant pas de sortir. Même en poche ça fait plusieurs années qu’il est disponible. J’espère que tu le liras. J’aimerais bien sabvoir ce que tu en auras pensé.

  2. Jérôme dit :

    Vraiment pas un genre que j’apprécie, même en lecture détente. J’ai Obscura du même auteur dans ma PAL. Je suis allé relire la 4ème de couv pour essayer de comprendre ce qui m’avait poussé à l’acheter et je ne suis pas vraiment plus avancé. Peut-être l’époque (1885) ou le sujet (tout commence avec une reconstitution du Déjeuner sur l’herbe de Manet réalisée avec des cadavres) ? Il va quand même falloir que je m’y mette pour savoir^^

    • Marie dit :

      lol Quand j’ai eu fini celui-ci, je suis allée voir sur Amazon ce que l’auteur a écrit d’autre pour voir si quelques chose me tentait. Mon attention a ét attirée par Obscura, à cause de la couverture avec Le déjeuner sur l’herbe mais quand j’ai lu le résumé je me suis dit que finalement pas! Je ne me sentais pas super motivée pour replonger dans un thriller raitant de la folie. Je lirai ton billet avec intérêt si tu te décides à le lire.

  3. Yspaddaden dit :

    J’ai lu « Obscura » dont le contexte historique m’a plu. Je suis comme toi, je n’aime pas les descriptions sanglantes et complaisantes. Par contre, j’aime bien ce qui relève du « psy ».

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