Le musée de la sirène

Annabelle, la narratrice, dérobe une sirène dans l’aquarium d’un restaurant chinois. Après un temps de réflexion, elle décide de la relâcher dans la mer mais, arrivée sur la plage, la sirène montre les crocs en prenant un aspect effrayant, si bien qu’Annabelle renonce à son projet et la ramène chez elle. Petit à petit, la cohabitation s’organise. La sirène, à mesure qu’elle grandit, prend également de plus en plus de place dans la vie d’Annabelle. Je n’en dirai pas plus, car le roman est très court (moins de 120 pages) mais l’existence qu’Annabelle mène avec sa pensionnaire s’avère très mouvementée!

Il m’arrive très régulièrement de redécouvrir dans ma PAL des livres pour lesquels j’ignore totalement d’où ils sortent. Pour Le musée de la sirène, je savais au contraire très précisément qu’il faisait partie de ceux qui ont rejoint mes piles sous l’influence de Clarabel, dont l’ancien blog est le premier que j’ai suivi et celui qui m’a donné l’envie de me jeter à l’eau moi aussi.

En revanche, j’ignorais totalement de quoi parlait le livre, ne lisant pas les quatrièmes de couverture qui sont trop souvent trop bavards. Les premières pages m’ont donc complètement déroutée. Je me suis, en effet, retrouvée plongée dans le bain tout de suite : l’écriture est directe, le récit est découpé en chapitres de moins d’une page, l’histoire démarre en trombe, alors qu’on ne sait pas qui est la narratrice et que l’on ne saura jamais quelle impulsion l’a poussée à voler cette sirène. Ce début très percutant m’a donc complètement désarçonnée. A tel point que mon premier réflexe a été de me dire qu’il faudrait dès que possible que j’aille vérifier dans un dictionnaire quelle sorte de poisson exotique est une sirène… Mais non, c’est bien d’une femme à queue de poisson qu’il s’agit et, une fois que j’ai eu réussi à m’acclimater, après avoir lu quelques pages de plus, j’ai été complètement happée dans le récit. 

Si le roman s’apparente à un conte, il ne verse pour autant pas dans le fantastique. Tout les événements qui surviennent sont, en effet, totalement rationnels… même si je me suis étonnée que tout le monde semble trouver parfaitement normal qu’Annabelle héberge une sirène dans sa baignoire.  Certains rebondissements sont cependant loufoques, et le roman m’a bien souvent fait sourire, même si le fond est sérieux et parfois même plutôt sombre.

Sous une apparence assez légère, Le roman de la sirène propose en fait un beau portrait de femme en train de se construire. La dédicace sur laquelle s’ouvre le livre :

A toutes les femmes qui ont combattu pour devenir libres.
A toutes les femmes qui ont combattu pour devenir femmes.
A tous les hommes qui les ont aidées.

me semble bien s’appliquer à Annabelle. Si on voit la jeune femme murir et s’affirmer au fil de l’histoire, cela ne se fait pas sans heurts. La sirène semble être son double, et ce d’autant plus qu’Annabelle est une artiste et que la sirène, arrivée à l’âge adulte, se prend comme elle de passion pour le dessin et la peinture – son double ou peut-être sa part d’ombre, car il semble se faire une sorte de jeu de balance entre Annabelle et sa pensionnaire : chacune s’épanouit quand l’autre décline et se replie sur elle-même.

J’ai beaucoup aimé la fin, que je ne peux évidemment pas commenter, mais à laquelle j’ai été sensible parce qu’elle aborde des thèmes qui font écho en moi et auxquels j’ai souvent réfléchi.

Je suis donc ravie de cette belle découverte et je me suis empressée d’ajouter un autre livre de Cypora Petitjean-Cerf à ma looongue LAL. Vu qu’il m’a fallu 7 ans pour faire passer celui-ci de ma LAL à ma PAL, puis le dépiler….

Le musée de la sirène
Cypora Petitjean-Cerf
Editions Stock
et, en poche, chez
Points

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2 commentaires pour Le musée de la sirène

  1. Sharon dit :

    Je ne connaissais pas du tout cette auteur. Merci pour cet avis qui me l’a fait découvrir.

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