Films en vrac : Les enfants loups, Ame et Yuki – Camille redouble – Les saveurs du palais

Les enfants loups, Ame et Yuki
Comme pour Summer wars, le précédent film de Mamoru Hosoda, la salle était pleine à craquer, un soir de début de semaine… et pourtant le film n’a été projeté que dans peu de salles et n’est déjà quasiment plus diffusé à Paris. Et c’est bien dommage, car c’est un film magnifique qui aurait mérité d’être bien plus largement diffusé.

Dans un amphi, une étudiante, Hana, remarque un mystérieux jeune homme. C’est le coup de foudre. Elle parvient à se lier avec lui et à l’apprivoiser. Il finit par lui révéler son secret : il peut se transformer en loup. Cela ne rebute pas Hana et, très vite, le couple a une petite fille, puis un petit garçon. Mais, à la naissance du deuxième bébé, l’homme loup décède accidentellement et Hana se retrouve seule. Comment élever des enfants loups? Que faire dans Tokyo d’enfants qui se transforment en louveteaux sans même s’en rendre compte? Hana quitte alors la capitale pour s’installer dans un coin perdu à la campagne. Elle trouve une maison pour un loyer dérisoire, car personne n’est arrivé à tenir dans un endroit aussi isolé, et lutte contre la nature pour en faire un foyer. Petit à petit, les enfants grandissent et cherchent leur voie entre humain et loup.

Le reproche que je ferais au film, c’est que j’aurais préféré une autre fin. Pour le reste, je ne peux user que de superlatifs. Les images sont très belles. Le film raconte une tranche de vie, dans laquelle il n’y a pas de méchants, et pourtant on ne s’ennuie pas une seconde. C’est beau et le spectateur passe par toute une palette d’émotions. Ces petits loups sont bien attachants et très drôles lorsqu’ils sont petits. Le film devient plus grave au fur et à mesure que les enfants grandissent, mais garde toujours une dominante positive.

En revanche, je ne le recommanderais pas pour les enfants de moins d’une dizaine d’années, ils risqueraient de ne pas être sensibles aux charmes du film et de s’y ennuyer.

 

 

Camille redouble
Camille, la quarantaine, vient d’être quittée par Eric, l’homme de sa vie depuis 25 ans, et noie son chagrin dans l’alcool. Un soir de réveillon, elle se retrouve transportée dans le passé, au temps de ses 16 ans, juste avant sa rencontre avec Eric et la mort de sa mère.

J’ai passé un bon moment devant ce film. J’ai beaucoup apprécié que Noémie Lvovsky, en dépit de la gravité du sujet, épargne au spectateur d’avoir à sortir les mouchoirs et ait pris le parti de le faire rire. Le film est bien rempli, et je n’ai pas vu le temps passer.

Néanmoins, il y a des choses que j’ai regrettées, outre quelques anachronismes musicaux. La réalisatrice ne s’est pas intéressée à l’influence qu’un retour dans le passé peut avoir sur le futur, et ne s’en est servi que pour quelques points de détails. De ce fait, la fin m’a paru un peu bancale et un peu décevante. Il me semble qu’elle s’est plus intéressée à la question : qu’est-ce que ça ferait de revenir en arrière avec la connaissance de ce qui va arriver et la maturité d’un adulte. Si le décalage de Camille donne lieu à certaines scènes comiques, j’ai eu le sentiment que cet aspect n’était pas poussé à fond et que Camille réintégrait trop facilement sa vie d’adolescente. Certains passages, les réactions de certains personnages m’ont paru peu crédibles. Enfin, que tout le monde voit Camille adolescente alors que nous la voyons toujours sous ses traits de quarantenaire, pourquoi pas. Mais le personnage d’Eric fait un peu jeune dans le présent et beaucoup trop vieux pour un ado. Bref, mon esprit psychorigide a été chiffonné par des détails et aspects qui lui ont semblé illogiques et incohérents. Ce qui ne m’empêche pas malgré tout d’avoir apprécié ce film sympathique.

 

Les saveurs du palais
Ce film est inspiré de la vie de la première femme qui a été engagée comme chef à l’Elysée par Mitterrand. Il raconte en parallèle les deux ans passés par Hortense Laborie au palais présidentiel et les derniers moments de la mission qu’elle a ensuite effectué en Antarctique. Femme de forte personnalité, amoureuse des produits du terroir, Hortense doit composer avec le manque d’instructions quant au style de cuisine qu’elle doit proposer, les contraintes imposées par les chefs de cabinet, et le machisme de l’équipe entièrement masculine de la cuisine présidentielle.

Ma motivation pour aller voir ce film a été Catherine Frot, que j’aime beaucoup. J’ai pris plaisir à retrouver sa forte présence, sa vivacité, sa bonne humeur, et son côté non conventionnel sous des allures très rangées. Ce n’est néanmoins pas le film de l’année. Les incessants aller-retours entre Paris et les îles Crozet sont un peu étourdissants. Certains personnages, comme les journalistes australiens, ne m’ont pas semblé indispensables et sont assez crispants. Le scénario aurait gagné à être plus creusé : on voit beaucoup de recettes appétissantes mais, à part ça, il ne se passe pas grand chose. Et Jean d’Ormesson fait du Jean d’Ormesson : il est érudit et pétillant, mais pas crédible en président. C’est un divertissement sympathique, qui fait sourire et qui donne faim, mais je ne pense pas que j’en garderai le souvenir bien longtemps.

 

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