La dormeuse de Naples

La dormeuse de Naples est un tableau mythique : peint par Ingres, vendu à Joachim Murat, beau-frère de Bonaparte,  alors roi de Naples, il fut perdu en 1815 lors de la fuite des Murat de Naples. On n’en a jamais retrouvé la trace.

Adrien Goetz en a fait un roman à trois voix. La première est celle d’Ingres, qui raconte sa rencontre, forcément imaginaire, avec le modèle de La dormeuse de Naples, et les circonstances dans lesquelles ont été peintes le tableau. Les deux autres sont celles de Corot et d’un photographe ami de Géricault, qui ont par hasard été amenés à voir le tableau après sa disparition.

Bien qu’il s’agisse d’un roman, il n’en est pas moins instructif et intéressant, l’auteur nous donnant à voir les manières de travailler et les intentions des peintres de l’intérieur, et évoquant de nombreuses oeuvres qui, elles, sont visibles dans des musées.

Ce petit livre, par ailleurs, colle bien avec le challenge Il viaggio, car il y est tellement question de l’Italie qu’elle est quasiment un personnage du roman. Les narrateurs, qui y ont tous plus ou moins longuement séjourné, à travers le récit de leur vie en Italie, en évoquent les paysages, les villes, les gens. Il y est également question d’histoire avec la chute des Murat dans le sillage de celle de Napoléon et le retour des Bourbon-Siciles.

La dormeuse de Naples a rejoint ma PAL après que j’ai lu de nombreux billets élogieux à propos des romans d’Adrien Goetz sur la blogosphère. Autant que je m’en souvienne, j’ai choisi celui-ci par hasard. Avec, comme d’habitude, quelques années de retard sur tout le monde, je me suis donc lancée avec ce livre à la découverte de cet auteur, et j’en ressors relativement déçue.

Le sujet avait tout pour me passionner. Le fond est intéressant et j’admire la virtuosité de l’auteur qui a su changer de style avec chaque narrateur. Mon problème, c’est que j’ai constaté à quel point c’était bien fait en conservant un regard extérieur. Je n’ai pas réussi à rentrer dans le livre. J’ai failli le faire dans la partie narrée par Corot, celle dont le style m’a le mieux plu, mais ça n’a pas marché. L’auteur a fait parler un Ingres vieillissant et qui se dit pontificateur, et il est effectivement pontificateur. Son récit romanesque qui aurait dû être passionnant m’a laissée complètement froide. Si le livre n’avait pas été aussi court, je crois que je me serais ennuyée. J’en reste avec le sentiment d’un rendez-vous râté, dont la faute n’incombe sans doute pas à l’auteur mais simplement au fait que je n’ai pas accroché à son style d’écriture, et le regret de ne pas avoir été happée par ce livre pour lequel j’aurais tant aimé m’enthousiasmer. Je suis néanmoins contente de ce que j’ai appris grâce à lui et serais malgré tout tentée de le recommander.

Quelques recherches effectuées ensuite à propos du tableau m’ont appris que Véronique Burnod, conservatrice du musée de Cambrai, s’est employée à rechercher La dormeuse de Naples. Elle a raconté son enquête dans Le tableau disparu. Si ses conclusions ont été vigoureusement contestées, je suis tout de même attirée par le livre, curieuse de connaître les démarches qu’elle a effectuées et la manière dont on mène ce genre d’enquête. Il a donc rejoint ma monstrueuse LAL.

 

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11 commentaires pour La dormeuse de Naples

  1. J’aime beaucoup les livres qui parlent des tableaux, de leur histoire et de leur conception, le fait qu’il se passe en Italie serait donc un atout en plus. Je suis donc tentée et en même temps réticente à la lecture de ton billet. Le second livre que tu présentes serait peut-être meilleur.

    • Marie dit :

      Le fond est intéressant et peut-être est-ce juste moi qui ai un problème avec le style. Le livre fait à peine 120 pages, le risque n’est pas bien grand.

  2. jerome dit :

    Un auteur que je ne connais pas du tout. En tout cas, 120 pages, c’est typiquement le nombre de pages qui me convient, entre le petit roman et la grande nouvelle.

  3. Ah mince le résumé que tu en fais me pousses à le lire mais ton avis est un peu réticent… Quand le mélange roman/peinture est réussi ça peut être génial comme pour la jeune fille à la perle

    • Marie dit :

      Désolée! :-)
      J’ai vu et bien aimé le film La jeune fille à la perle mais je n’ai pas lu le livre. J’essaie de me rappeler de mélanges roman/peinture que j’aurais aimés mais j’ai un gros trou de mémoire!

  4. eimelle dit :

    Je participe aussi à ce challenge, j’hésitais pour ce livre… j’hésite toujours! A voir si je le trouve en bibliothèque pour le feuilleter déjà un peu!

    • Marie dit :

      L’auteur participe aux Rendez-vous de Blois où je vais me rendre. J’espère pouvoir aller l’entendre et voir s’il m’inspirera la lecture dautres de ses livres.

      • eimelle dit :

        J’espère pouvoir y faire un tour aussi, les rendez-vous de l’histoire sont très souvent un très mauvais week-end pour le budget livre, et très bonne pour grossir la Pile à Lire! Bon rendez-vous alors!

  5. Ping : Les Rendez-vous de l’Histoire – samedi 20 octobre 2012 | Et puis…

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