Les Rendez-vous de l’Histoire – samedi 20 octobre 2012

Comment la haute gastronomie s’est-elle emparée des cuisines populaires?
Ce débat a réuni deux historiens, Madeleine Ferrières, déjà vue l’avant-veille, et Marc de Ferrières, ainsi que deux sociologues, Jean-Pierre Corbeau et Jean-Pierre Poulain, tous spécialistes de l’alimentation.

Madeleine Ferrières, dont les compétences s’étendent plutôt au Moyen Age et à l’époque moderne a, cette fois encore, pris la parole la première, les autres intervenants ayant ensuite évoqué le 19ème et le 20ème siècle.

Sous l’Ancien régime, on a vu plus fréquemment la haute cuisine se diffuser dans les couches plus populaires, mais le mouvement inverse a pu parfois être observé. Ainsi, la blanquette ou le civet de lièvre sont à l’origine des plats paysans qui se sont « anoblis ». Il existe également quelques plats dont le « statut social » dépendait de la façon dont ils étaient préparés, tels que le haricot de mouton ou la fricassée.

Ce mouvement ascendant s’est amplifié au 19ème siècle, et surtout au 20ème siècle, avec la (re)découverte et la valorisation du patrimoine gastronomique régional.

La donne a changé dans les années 70s, avec l’apparition de la nouvelle cuisine. Ce n’est désormais plus ce qu’on met dans un plat et la façon dont on le prépare qui détermine s’il relève de la haute cuisine ou de la cuisine populaire mais qui le prépare. La haute cuisine est désormais celle des grands chefs.

Dans les secrets des archives
Cette conférence était donnée par un éditeur, Jean-Baptiste Bourrat, des éditions des Arènes, entouré de deux de ses écrivains, Bruno Fuligni et Jean-Pierre Guéno (auteur de la collection Paroles de…) qui, tous deux, rendent publiques des archives portant sur différents thèmes.

Tous trois ont parlé de leur travail, de la façon dont ils veulent faire partager et rendre accessible au public le plaisir qu’ils ont à fouiller dans les archives et les émotions que celles-ci suscitent, de la genèse ou de l’élaboration de certains livres et de projets en cours.

A travers les anecdotes qu’ils ont racontées, c’est un peu de la richesse et de la diversité des archives et du bonheur qu’il y a à exercer leur métier que ces passionnés ont réussi à faire passer aux auditeurs. C’est du moins que ce que moi, qui ai pu tâter un peu de ce bonheur au cours de mes études d’histoire et de recherches sur la généalogie de ma familles, j’ai ressenti.

Quand l’empire chinois réorganise le monde, du 13ème au 17ème siècle
J’ai malheureusement raté le début de cette présentation du livre de Timothy Brook, historien canadien dont le français parfois hésitant ne l’a pas empêché de faire passer sa passion pour l’histoire de la Chine et d’être captivant.

Je ne vais pas pouvoir synthétiser ici mes notes, car elles sont trop décousues, mais son intervention m’a donné envie de lire ce livre et de découvrir l’histoire de l’extrême-orient, que je ne connais pas du tout. J’y reviendrai donc sans doute un jour.

Les intrigues de l’histoire… Rencontre autour du polar historique
Jean-François Parot devait participer à cette rencontre, mais il a été contraint de se décommander. Etait donc seulement présent Adrien Goetz, que j’étais curieuse de voir et d’entendre après ma relative déception à la lecture de La dormeuse de Naples.

Il a un peu évoqué ce roman et beaucoup sa trilogie d’intrigues policières, dont le troisième volume, Intrigues à Venise, est paru récemment. Son but, en écrivant ces enquêtes, a-t-il dit, est de faire visiter au lecteur des endroits bien connus, en l’emmenant sur des chemins de traverse.

J’ai eu du mal à reconnaître en cet homme plein d’humour l’auteur d’un roman que j’ai presque trouvé ennuyeux et, à l’entendre, j’ai eu envie de me lancer dans les aventures de son héroïne Pénélope, en essayant de lire Intrigue à l’anglaise, pour voir s’il me laisse une meilleure impression que La dormeuse de Naples.

J’ai trouvé intéressant ce qu’il a expliqué sur sa façon de travailler : il se documente beaucoup, puis referme tous les livres et invente son histoire, sans se servir de fiches. En revanche, j’ai été un peu agacée par le récit de son parcours qu’il a fait : il a expliqué avoir été attiré par l’histoire dans sa jeunesse par des romans populaires et, arrivé dans les études supérieures, avoir trouvé l’enseignement de l’histoire très sec, ce qui l’a poussé à se tourner vers l’histoire de l’art. Et j’ai été encore plus agacée par la réaction que son intervention a suscitée de la part d’une enseignante en maternelle : fan des romans d’Adrien Goetz, elle dit aimer les anecdotes historiques, car l’Histoire est ennuyeuse. Sauf exceptions, je ne pense pas qu’on puisse apprendre des romans historiques, ils sont plutôt à prendre comme un divertissement qui peut donner envie d’aller plus loin, vers l’Histoire. Bien souvent, les romans historiques et anecdotes n’enseignent pas l’Histoire, ils la « désenseignent », si je puis me permettre un néologisme, car, à mes yeux, savoir quelque chose de faux n’est pas savoir. Je suis peinée, une fois de plus, de cette image poussiéreuse erronée qu’a l’Histoire, de laquelle les historiens sont partiellement responsables, il faut bien le dire. Et je trouve très très flippant que les premières notions d’Histoire soient susceptibles d’être enseignées à nos enfants par des gens comme cette dame.

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2 commentaires pour Les Rendez-vous de l’Histoire – samedi 20 octobre 2012

  1. Eliza dit :

    Dépoussiérons l’Histoire !! Pas besoin de broder pour trouver des sujets de romans, je suis entièrement d’accord avec toi ;-) J’attendais beaucoup d’Adrien Goetz mais je me suis atrocement ennuyée avec Intrigue à Versailles, billet à venir mais c’est toujours difficile de parler d’un roman qu’on n’a pas du tout aimé…

    • Marie dit :

      Aie! Ton billet m’intéressera! J’ai du mal à comprendre comment quelqu’un d’aussi agréable à entendre peut s’avérer ennuyeux à l’écrit. Je pense que j’essaierai quand même Intrigue à l’anglaise pour voir.

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