La formule préférée du professeur

51Z++7+EjcL__SL500_AA300_La narratrice, jeune femme qui travaille comme aide-ménagère, est envoyée chez un vieux professeur de mathématiques. Elle est chargée de préparer ses repas et de faire le ménage dans sa petite maison. La particularité de ce professeur est que sa mémoire s’est mise à dysfonctionner à la suite d’un accident de voiture survenu 17 ans plus tôt. Si ses souvenirs antérieurs à l’accident sont intacts, sa mémoire ne dispose plus, depuis celui-ci, que d’une autonomie de 80 minutes. Tous les faits qui remontent à plus des 80 minutes fatidiques sont aussitôt effacés de sa mémoire, si bien que, chaque matin, lorsque la narratrice arrive, elle est redevenue pour lui une inconnue. Le professeur tente de pallier les déficiences de sa mémoire en épinglant sur sa veste des papiers contenants les informations qui lui semblent importantes et passe ses journées à résoudre les problèmes mathématiques posés sous forme de concours par une revue.

Lorsqu’il apprend que la narratrice est mère célibataire, et que son fils de 10 ans attend seul le soir son retour, il exige que le petit garçon vienne chez lui et que tous trois prennent leur dîner ensemble à son domicile. Peu à peu, la mère et le fils, surnommé Root (racine carrée) par le professeur, se prennent d’affection pour celui-ci.

Les trois personnages partagent ensemble deux centres d’intérêts, qui occupent une place importante dans le roman. Le premier est le base-ball, sport auquel je n’ai jamais rien compris, bien qu’il en ait été question dans de nombreux dessins animés que j’ai vus, et qui me semble éminemment compliqué et ennuyeux. J’ai donc un peu souffert pendant les nombreux passages où il en est question. Le second, comme l’annonce le titre, est les mathématiques, qui sont la vie du professeur et auxquels il se raccroche dans les moments d’embarras, qui sont nombreux, compte tenu de son handicap. Là j’étais beaucoup plus à mon aise, d’autant plus que le professeur, voulant montrer à la mère et au fils la beauté des mathématiques, se met à leur portée avec beaucoup de pédagogie.

On pourra sans doute reprocher au roman d’être plein de bons sentiments, de ne pas être d’une grande originalité et qu’il ne s’y passe pas grand-chose. Mais moi je me suis attachée à ces personnages et j’ai beaucoup aimé lire leur histoire, que j’ai trouvée jolie et touchante et dont j’ai apprécié l’optimisme. J’ai aimé l’écriture et l’atmosphère, cette simplicité et la description d’un quotidien banal ponctué de petites joies et de soucis. J’ai été intéressée par ce thème de la mémoire qui s’efface, par les développements autour de la conscience que le professeur a de son handicap, par les parades qu’il essaie d’employer pour en contourner les conséquences néfastes et les tentatives de la narratrice et de son fils pour éviter de le faire souffrir et de le mettre dans l’embarras et pour tenter de créer une certaine continuité dans leur relation malgré tout.

Pour une fois, je suis relativement en avance, puisque c’est aujourd’hui que commence le mois qu’Adalana a choisi de consacrer à Yoko Ogawa dans le cadre de son challenge Ecrivains japonais. C’est le deuxième auteur que je lis pour la première fois grâce à ce challenge et la deuxième belle découverte que je fais. J’espère que ce ne sera pas la dernière! J’ai, en revanche, calé sur Haruki Murakami, comme je l’expliquerai dans mon prochain billet, sur mes lectures du mois de février… la bestiole venant de partir en vacances, j’espère pouvoir enfin trouver le temps de bloguer un peu!

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23 commentaires pour La formule préférée du professeur

  1. Yspaddaden dit :

    Bon alors je n’aime ni le base-ball, ni les maths, ni les bons sentiments. Et le seul livre que j’ai lu de cette auteur m’a ennuyée… alors je crois que je vais passer mon chemin ;-)

  2. Aaliz dit :

    Peut-être que je me trompe ( vu que je ne l’ai pas lu) mais d’après ce que tu en dis, ça me fait penser à « L’élégance du hérisson », les thèmes ne sont pas les mêmes mais je ne sais pas … peut-être à cause du fait que ça décrive un quotidien banal entre des personnes qui doivent « s’apprivoiser » et qui finalement s’enrichissent au contact les unes des autres.

    • Marie dit :

      Ah, mon billet donne cette impression? La comparaison ne me serait pas du tout venue à l’esprit et je ne trouve pas tellement de rapport entre les deux. L’esprit est totalement différent et, pour avoir regarder plusieurs résumés d’autres romans de l’auteur, j’ai constaté qu’il y ait souvent question de mémoire, de souvenirs ou d’effacement de ceux-ci. J’aurais donc tendance à penser que c’est le point central du roman et un thème qui semble beaucoup intéresser Yoko Ogawa. Mais je peux me tromper.

  3. maghily dit :

    Je l’avais lu il y a un ou deux ans. Je l’avais bien aimé aussi. C’est vrai qu’il y a beaucoup d’optimisme dans ce roman. J’en garde un agréable souvenir. Pourtant je n’aime ni le base-ball (j’ai toujours été très nulle à ce sport), ni les maths ! ;)

    Je n’aurais pas non plus fait la comparaison avec L’élégance du hérisson. Ici, je trouve que le centre de l’histoire serait plutôt de montrer comment construire une relation de confiance malgré la maladie ou le handicap.

  4. Adalana dit :

    Une amie me le conseille depuis longtemps mais je n’ai toujours pas lu ce titre. D’après ce que tu en dis, ça a l’air assez éloigné de ce que j’avais aimé chez les autres romans de l’auteure que j’ai lu. Il est sur ma liste en tout cas.

  5. Jérôme dit :

    J’adore le baseball mais les maths… beurk ! Du coup je susi partagé. Je pense néanmoins qu’il est préférable que je passe mon tour.

    • Marie dit :

      Je pense que ce n’est pas assez glauque pour toi. :-)
      Je trouve que c’est très pédagogique et que les maths passent toutes seules, mais je ne suis pas forcément très objective.

  6. LydieB dit :

    J’aime beaucoup ta chronique. Un livre simple et touchant. On n’en demande pas plus..

  7. Loo dit :

    J’avais bien apprécié cette lecture aussi. Ce n’est pas rebondissant effectivement mais les liens qui se tissent entre les trois personnages m’ont beaucoup plus. Je reviendrai voir ton avis sur Haruki Murakami.

    • Marie dit :

      Moi aussi j’ai aimé les liens qui se tissent entre les personnages. Mon avis sur Haruki Murakami risque d’être beaucoup moins enthousiaste!

  8. kroustik dit :

    Mon premier Ogawa <3 Que j'ai aimé, et offert à plusieurs reprises. Je trouve qu'il n'a pas trop l’atmosphère étrange des autres ouvrages que j'ai lu de cet auteur. Et j'ai bien aimé l'aspect chiffres. (Je n'ai pas aimé L'élégance du hérisson et je ne trouve pas que ça ressemble).

    • Marie dit :

      Vous êtes deux à me dire que celui-ci est différent. Je me demande vraiment comment sont les autres. Il faudra que j’essaye.

  9. Anis dit :

    Elle a une écriture très particulière, très lente et remplie de silences. C’est très particulier mais je l’aime beaucoup.

  10. Sharon dit :

    Je l’ai lu il y a presque deux ans, et j’ai beaucoup aimé ce roman.

  11. Leiloona dit :

    Je me souviens encore très bien de cette atmosphère bien particulière …

  12. Ping : Challenge Écrivains japonais : Récap’ de mars | Adalana's Imaginary World

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