L’éléphant s’évapore

419Duia1OOL__SL500_AA300_Autant j’ai apprécié les deux romans de Murakami que j’ai lus à ce jour, autant j’aurai souffert sur ce recueil de 17 nouvelles d’une trentaine de pages chacune. Il m’aura fallu deux mois pour venir à bout de ces 400 malheureuses pages! Mon sentiment final, en le refermant, a surtout été un intense soulagement!

J’ai peu apprécié cette lecture pour différentes raisons. J’ai commencé à être déstabilisée dès les premiers récits, dans lesquels un narrateur relate son quotidien banal, avant que celui-ci ne bascule dans l’absurde et, parfois, dans le fantastique. Je ne suis pas une bonne lectrice pour ce genre de nouvelles. J’ai du mal avec l’absurde : je me sens mal à l’aise quand je ne peux pas me raccrocher à quelque chose de logique, et c’est une situation que je n’aime pas. De ce fait, je n’arrivais pas à rentrer dans les récits qui démarraient de façon « normale », par crainte de la manière dont ils allaient évoluer.

Par ailleurs, je me suis souvent sentie désarçonnée et frustrée parce que je ne voyais pas où l’auteur voulait en venir et que je restais avec plein de questions sans réponses. Je comprends que certains auteurs puissent vouloir ne pas trop en dire pour laisser travailler l’imagination du lecteur. Mais j’aurais eu besoin que Murakami donne plus d’indications. Je me suis senti complètement perdue, ayant trop peu d’éléments pour tirer quoi que ce soit de certaines nouvelles. Par exemple, dans la nouvelle TV people, le narrateur voit un jour débarquer chez lui des petits hommes qui installent dans son salon une télé qui ne produit que de la neige. Qui sont ces TV people? Pourquoi font-ils cela? Pourquoi chez le narrateur? Qu’est-ce que leur apparition annonce? Je serais bien en peine de vous le dire! Quant à Sommeil, l’une des nouvelles que j’ai préférées, elle est narrée par une femme qui perd subitement le sommeil. Elle n’arrive plus à dormir et n’en a pas besoin. Je trouvais le thème intéressant, aussi j’ai été déçue que la nouvelle se termine en queue de poisson et qu’il ne pousse pas la réflexion plus loin.

Au final, les quelques nouvelles que j’ai le plus appréciées sont les plus simples et les plus classiques, telles que Family affair, dont le narrateur s’est disputé avec sa soeur parce qu’il n’aime pas le fiancé de celle-ci. Au fils des pages, le lecteur découvre ses personnages et comprend leurs réactions et leurs motivations, tandis que les relations entre ceux-ci évoluent.

Si le fond m’a rendu cette lecture parfois pénible, j’ai, en revanche, autant apprécié l’écriture de Murakami que les fois précédentes. J’espère donc que ce n’était qu’un mauvais choix et que j’aurai plus de chance la prochaine fois.

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4 commentaires pour L’éléphant s’évapore

  1. Yspaddaden dit :

    J’aime bien le fantastique très subtil de Murakami, mais j’aurais abandonné la lecture de ce recueil s’il m’avait coûté tant d’efforts…

    • Marie dit :

      Je n’aime pas abandonner et je le fais rarement. Et là je n’avais pas envie de passer à côté de quelque chose, le problème ne venant pas du tout du livre mais de ma façon de le recevoir. Il faudrait que j’essaye un de ses romans un peu fantastiques pour voir si ça passe mieux. Mais peut-être pas tout de suite. :-)

  2. jerome dit :

    JE crois que j’aurais reçu ce recueil de la même façon que toi. L’absurde, très peu pour moi. Je crois que j’aurais abandonné sans remord.

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