Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates

51bttxChRoL__SL500_AA300_En 1946, l’Angleterre commence doucement à se relever de la guerre. Juliet Ashton est l’auteur de chroniques humoristiques sur les difficultés de la vie durant le conflit qui, réunies en livre, sont devenues un best-seller. Chargée de rédiger un article sur les vertus de la littérature, elle trouve l’inspiration dans la lettre inattendue d’un habitant de l’île de Guernesey, nouveau possesseur d’un livre dont Juliet s’est séparée, et membre du Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey.

J’ai ouvert ce livre avec l’intention d’en lire seulement quelques pages avant de m’endormir, mais ce n’est qu’au bout d’une soixantaine de pages que j’ai réussi à le refermer, partagée entre une grosse envie de découvrir ce qui allait se passer ensuite et le pressentiment que j’allais être déçue. Ce pressentiment s’est malheureusement révélé exact.

Lorsque j’ai refermé le livre, ce soir-là, j’avais déjà deviné les traits principaux de l’intrigue. Je n’ai été surprise à aucun moment de ma lecture et j’ai senti venir à l’avance chacun des rebondissements. En plus d’être archi-prévisible et convenu au niveau de l’intrigue, le roman sombre par moments dans la chick lit. En effet, Juliet est partagée entre un riche éditeur américain, qui semble l’homme idéal, mais chez qui l’on sent bien que quelque chose doit clocher, et l’homme discret qu’elle ne voit que comme un ami, mais dont on devine dès les premières pages qu’il est fait pour elle, bien que les auteurs en aient fait un personnage assez insipide. De plus, Juliet, qui est pourtant pleine d’humour, intelligente et dotée d’une forte personnalité, devient sacrément cruche lorsqu’il est question d’amour.

L’originalité et le gros point fort du roman résident, à mes yeux, dans le fait qu’il s’agit d’un roman épistolaire. Outre le rythme et le côté percutant que cette structure lui confère, la diversité des points de vue est intéressante et amusante. Au début, les échanges se font essentiellement entre l’héroïne, d’une part, et son éditeur et la petite soeur de celui-ci, qui sont ses amis les plus proches, d’autre part. Mais, rapidement, les correspondants se multiplient et le champ du roman s’élargit considérablement. Il est dommage, cependant, que le ton et le style des lettres soit trop uniformes. Par ailleurs, certaines missives semblent plus dictées par la volonté des auteurs de communiquer des informations aux lecteurs que par la vraisemblance, et débutent d’une façon qui m’a paru artificielle et maladroite.

Je m’attendais à ce qu’il soit essentiellement question de livres dans ce roman, mais le sujet principal est en fait la guerre. Les membres du cercle littéraire sont, si je puis dire, des héros du quotidien, qui ont été confrontés aux horreurs de la guerre. Aussi le roman, qui mêle moments émouvants (sur lesquels les auteurs insistent lourdement, revenant dessus à plusieurs reprises, chaque lettre permettant d’en avoir une vision plus complète) et humour, m’a semblé être un reflet des chroniques de Juliet. Comme ce n’est pas un thème vers lequel je suis spontanément attirée, je ne m’étendrai pas sur le sujet, de peur de manquer d’objectivité.

J’aurais préféré que l’aspect littéraire soir plus développé, alors qu’il n’est qu’anecdotique. De façon générale, les membres du cercle qui, pour beaucoup, n’avaient jamais ouvert de livre avant de s’y trouver contraints par les circonstances, ne sont qu’esquissés. Qu’ils soient hauts en couleurs ou paraissent fades, parce que peu évoqués, tous auraient mérité d’être plus développés, et j’aurais aimé en savoir plus sur le déroulement des réunions du Cercle.

Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates est un de ces romans qui se dévorent et qu’on referme le sourire aux lèvres. Pour autant, je n’ai pas réussi à comprendre ce qui lui vaut autant d’éloges. Je suis restée sur ma faim et je pense que je l’oublierai assez vite.

Cette lecture m’aura néanmoins permis de valider une deuxième participation au challenge Le nez dans les livres de George.

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15 commentaires pour Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates

  1. lalyre dit :

    Exactement ce qui m’est arrivé: je l’ai lu et ai bien vite oublié son contenu!
    Je ne me rappelle pas l’avoir détesté, mais avoir trouvé ça facile, et trop évident. Et il ne m’en reste rien, donc…

  2. J’ai entendu beaucoup de bien sur ce bouquin et pourtant, j’ai toujours hésité à le lire. Ton article me convainc de définitivement ne pas m’y intéresser :) J’ai tellement de bouquin à lire, pas là peine d’ajouter des trucs médiocres. Enfin, si je veux du « fast food », je lis de la bit-lit, au moins je ne suis pas déçue :)

    • Marie dit :

      Je ne dirais pas que c’est du fast food, c’est plutôt que le livre a des défauts. Le paradoxe, c’est que je l’ai trouvé agréable à lire en dépit de tout ce qui m’a gênée. Je pense que j’en attendais trop du fait de tout les éloges que j’avais lus à son sujet, alors que c’est seulement une sorte de bonbon, un livre de détente plaisant mais qu’il vaut mieux lire sans trop réfléchir. Mais c’est vrai qu’il y a tellement de livres à lire que ce n’est pas la peine de s’encombrer de ceux qui ne nous conviennent pas.

  3. Ping : Challenge « Le nez dans les livres  | «

  4. jerome dit :

    Aïe, prévisble + chick lit, c’est trop pour moi (quoique, si tu viens faire un tour par chez moi mardi prochain tu vas encore pouvoir m’enguirlander en découvrant que j’ai une fois plus cédé aux affres de la clit lit. Promis c’est la toute dernière, je crois bien que cette fois-ci j’ai touché le fond !).

    • Marie dit :

      Tu me désespères! Il me semble clair que celui-ci n’est pas plus pour toi que la clit lit (quel nom affreux, franchement)!

  5. Ping : Journal de lecture – avril 2013 | Et puis…

  6. C’est une lecture que j’avais beaucoup aimé, mais je me rends compte avec le temps que je l’ai un peu oublié. Moi aussi j’avais pensé, étant donné le titre, que les livres auraient plus présents!

    • Marie dit :

      Oui, j’ai relu ton billet avant d’écrire le mien. Il était très enthousiaste. Je crois bien que tu es l’une des personnes qui m’ont donné envie de le lire. J’aime beaucoup l’idée de base du roman, mais j’aurais préféré qu’elle soit traitée autrement.

  7. J’ai aussi le même avos que toi sur ce livre. Malgré les défauts qui peuvent gêner, il est quand même sympa à lire!

  8. Ping : Challenge Le Nez dans les livres, 2 ans déjà ! |

  9. cartonsdemma dit :

    Je l’ai lu il y a quelque temps et j’en garde le souvenir d’un roman agréable, c’était mon premier roman épistolaire, j’ai donc peut être été plus charmée par la découverte de ce style que par l’histoire (quoi que un peu de chick lit par moment me plaît bien aussi!)

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