Un mois de lectures jeunesse – mai 2013 (2/2)

Comme je l’annonçais dans mon billet précédent, trois réelles nouveautés sont venues se greffer dans les lectures du mois de mai.

L’ours Barnabé – Intégrale tome 1 

51Lt300Rh4L__SY445_Ce gros album de près de 200 pages est composé de gags d’une page chacun. Le mot qui me viendrait spontanément pour qualifier cet album est « simple ». D’une part, il y a peu de texte, si bien que la bestiole l’a lu moitié seul, moitié avec moi dans le cadre de notre rituel de l’histoire du soir. D’autre part, les histoires sont courtes et partent d’une situation ou d’une question qui semble triviale. Barnabé étant un ours, il vit dans la nature, et c’est souvent autour de celle-ci que tournent les gags. Certains thèmes sont récurrents : la pêche, les saisons, les fleurs. Mais Barnabé est un ours civilisé, et l’art, par exemple, est un autre thème qui revient régulièrement.

Récurrence n’est cependant pas synonyme d’ennui, loin de là, car la façon dont le thème est traité ou l’angle sous lequel il est abordé sont chaque fois différents. Par ailleurs, la simplicité n’est qu’apparente. En effet, chaque historiette est toujours réfléchie, et illustre une logique poussée jusqu’au bout, voire jusqu’à l’absurde. La bestiole a ainsi été partagé, au fils des pages, entre « c’est idiot » et « c’est bien pensé », ce qui traduit à peu près mon ressenti aussi. Il a souvent ri, mais nous avons marqué, à chaque page, quelques secondes de pause, pour digérer ce que nous venions de lire.

Dans l’esprit, cette BD m’a fait penser aux petits romans d’Arnold Lobel, l’un de nos auteurs fétiches, que j’ai évoqué à plusieurs reprises ces derniers mois. Peut-être est-ce pour cette raison que la bestiole attend la suite avec impatience.

Les dieux et Dieu

41JVM68W0HL__SY445_C’est généralement lui qui choisit ses lectures, dans un sac – PAL à sa disposition. Mais il m’arrive, quand certains livres que je trouve pourtant intéressants ne sortent jamais du sac, de faire un peu le forcing. C’est ce qui s’est produit pour celui-ci, des interrrogations sur la foi dont il m’avait fait part ce jour-là m’ayant servi de prétexte.

Pour ma part, je trouve ce petit livre très bien fait. Premièrement, mon esprit cartésien en apprécie la trame logique. Le livre part de l’Antiquité, et raconte comment l’invention de panthéons de dieux permettait aux hommes d’expliquer ce qu’ils ne comprenaient pas, puis il expose l’apparition des prêtres et leur utilité et chemine ainsi jusqu’à notre société actuelle. Il n’y a pas de thèmes tabous : les sectes et les guerres de religion sont abordés très simplement et en douceur.

Deuxièmement, j’apprécie l’esprit de tolérance et de respect qui a présidé à l’écriture de ce livre. La croyance et l’incroyance sont valorisées de façon égale. L’idée est que ce qui est à retenir des grandes religions monothéistes est le message d’amour véhiculé par la Bible, et que ce dernier peut être appliqué quelle que soit notre religion, et que l’on soit croyant ou athée.

Troisièmement, la forme me semble également bien pensée. Les livres de cette collection sont constitués sous la forme d’une alternance de textes didactiques et d’anecdotes les illustrants. Ils sont simples mais pas simplistes. Ils sont donc parfaitement accessibles pour le loustic (8 ans, désormais) et donnent matière à beaucoup de réflexions intéressantes.

Verdict du jeune homme : « livre très bien et très intéressant ». Je me suis empressée d’en acheter un autre, sur un sujet qui devrait lui parler, Le succès et l’échec. En dépit de son appréciation très positive sur celui-ci, je suis curieuse de voir combien de mois le nouveau va croupir dans le sac – PAL…

Les trois chemins

516DZFP9T0L__SY445_Je ne sais pas s’il convient de parler à propos des Trois chemins d’album ou de BD, mais je sais que je n’avais jamais eu un truc pareil entre les mains! On y suit trois histoires en parallèle. Il y a un homme riche et avare, qui part avec son serviteur récupérer de l’argent chez un de ses débiteurs. Il y a également un robot qui ne sait pas nager et qui se trouve dans une barque sur une rivière. Le lecteur et lui-même ignorent comment il s’est retrouvé dans cette barque et comment il va pouvoir se sortir de cette situation. Et le dernier personnage est une jeune fille qui se nourissait jusque-là des pains que « pleuvait » un nuage. Mais le nuage s’étant mis à pleuvoir des cailloux, la jeune fille, qui n’a plus rien à manger, part à la recherche du maître des nuages.

Quand je dis qu’on suit les trois histoires en parallèle, je l’entends au sens littéral! En effet, l’avare voyage en haut des pages, le robot au milieu et la jeune fille en bas. Cependant, les routes empruntées par les personnages ne sont pas droites mais sinueuses, si bien que, au cours de leurs voyages respectifs, celles-ci se croisent à plusieurs reprises, ce qui donne lieu à des rencontres manquées ou à des intéractions entre les histoires.

« C’est n’importe quoi! », a dit, d’un air ravi, la bestiole qui, lui non plus, n’a jamais rien vu de semblable. Malheureusement il n’a pas tellement accroché aux personnages, hormis le robot. Pour ma part, c’est le dessin qui ne l’a pas emballé. Mais nous avons tous les deux bien apprécié le concept et l’humour et le jeune homme a conclu : « C’était bien! ». Ayant eu l’occasion de croiser plus d’une fois le nom de Lewis Trondheim sur les blogs de gens moins incultes que moi en matière de BD, j’ai quelques idées pour de futures lectures!

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6 commentaires pour Un mois de lectures jeunesse – mai 2013 (2/2)

  1. jerome dit :

    L’ours Barnabé est une série dont je suis totalement fan et mes pépettes aussi. ça n’a l’air de rien mais c’est très fort en terme de narration et de contenu. Arrivé à dire autant sous une apparente simplicité, c’est un véritable tour de force.
    Les trois chemins, c’est très bien aussi, totalement inclassable. D’ailleurs l’éducation nationale l’a choisi dans les titres recommandés pour l’école primaire.

  2. Mo' dit :

    Contente de « vous » lire sur L’Ours Barnabé. Mon fils reprend assez souvent ces albums ; je crois que le coté « expérience » nouvelle à chaque lecture lui plait beaucoup. Souvent, à la relecture, il comprend différemment le sens d’un gag ou se pose une question qu’il ne s’était pas posée (ou autrement) auparavant.
    J’avais déjà noté l’ouvrage de Trondheim mais je n’ai pas encore eu la démarche de le chercher vraiment. Tu me redonnes envie

    • Marie dit :

      Si nous avons lu L’ours Barnabé, c’est grâce à toi! Erwan aussi régulièrement revient sur des lectures et y découvre des choses qu’il n’avait pas vu quand il était plus jeune. C’est chouette à voir. L’ours Barnabé, effectivement, est propice à ce genre de réactions.
      Le Trondheim est très étonnant. Il ne devrait pas vous laisser indifférents.

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