Die Sündentochter

51OC9X6Kr3L__Je continue dans les polars historiques, même si j’ai terminé celui-ci il y a déjà quelques mois. Ce choix est motivé par le fait que, parmi mes nombreux livres en attente de chronique, c’est celui qui avait – du moins je le croyais – la priorité la plus élevée, puisque je l’ai lu en vue du challenge Lesen Sie Deutsch?, qui était censé se terminer après-demain, mais dont je découvre qu’il est prolongé d’un an!

Je doute cependant que mon billet passionne les foules, car les romans de Sandra Lessmann n’ont, pour le moment, pas été traduits en français, ni même en anglais, ce qui est bien dommage, étant donné qu’ils sont très bons.

Die Sündentochter est le deuxième roman d’une série qui a pour cadre Londres, sous le règne de Charles II. Pour resituer rapidement, l’Angleterre, au milieu du XVIIe siècle, a été secouée par une révolution, au cours de laquelle le roi Charles Ier a été décapité, et qui a amené Oliver Cromwell au pouvoir. A la mort de celui-ci, la monarchie est restaurée en la personne de Charles II, fils de Charles Ier. La position du roi reste cependant fragile et les questions religieuses sont sensibles, le catholicisme étant très mal toléré.

Le héros de Sandra Lessmann, Jeremy Blackshaw, est donc contraint de cacher qu’il est jésuite et d’effectuer ses missions pastorales en secret. Ayant beaucoup vécu et beaucoup voyagé, il est également médecin et ses talents se complètent avec ceux de l’ami qui l’héberge, le chirurgien Alan Ridgeway. En dépit de cette situation délicate, Jeremy Blackshaw est parvenu, dans le tome précédent, en faisant la démonstration de talents de détective amateur, à gagner l’estime du juge sir Orlando Trelawney, avec lequel il s’est lié d’amitié. Il bénéficie en outre de la protection de lady Amoret St. Clair, l’une des nombreuses maîtresses du roi, catholique dont il est le confesseur et qui le considère pratiquement comme un second père.

Ce second roman s’ouvre sur l’assassinat d’une sage-femme par un homme mystérieux, armé d’un pistolet. Un serviteur de sir Trelawney, dont l’équipage passait par hasard au même endroit, sauve la fille de la sage-femme d’un sort identique à celui de sa mère. Sir Orlando conduit la jeune fille chez Jeremy et Alan, afin de faire soigner son serviteur blessé et de charger Jeremy d’enquêter. Mais la jeune fille, bien qu’effrayée et murée dans le silence, profite de la situation pour séduire Alan et, quelques temps après, se déclare enceinte et accuse Alan d’avoir abusé d’elle pour le contraindre à l’épouser. Alors qu’Alan, célibataire impénitent, déprime aux côtés de la jeune femme et de sa tante, qui s’avèrent être deux harpies, l’enquête de Jeremy piétine. En parallèle, Jeremy est chargé de s’assurer de la bonne santé d’un bébé, héritier d’une famille puritaine dans laquelle les décès se sont multipliés de façon suspecte.

J’apprécie beaucoup la qualité de la documentation chez cet auteur, passionnée par l’Angleterre où elle a vécue, et qui a travaillé dans le domaine de l’histoire de la médecine. D’ailleurs, on trouve à la fin du roman une petite notice sur l’Angleterre de Charles II, un glossaire, une bibliographie et un plan de Londres, toutes choses que j’apprécie beaucoup. En parallèle, ses intrigues policières tiennent bien la route. Comme je l’ai exposé dans mon billet précédent, il s’agit là de mes deux critères d’appréciation pour les romans historiques. Je trouve donc mon bonheur chez Sandra Lessmann, d’autant plus que ses personnages ont su m’intéresser, sans doute parce qu’elle leur a développé une certaine profondeur psychologique.

Néanmoins, si j’avais été emballée sans réserve par le premier tome, j’aurais apprécié que celui-ci soit plus court et plus pêchu. En effet, l’intrigue policière, assez simple, aurait pu être résolue plus vite, Jeremy mettant longtemps à s’impliquer dans l’enquête. L’auteur développe en revanche longuement les problèmes sentimentaux d’Alan, Orlando et Amoret, qui m’ont moins passionnée que l’aspect policier du roman. Par ailleurs, si elle évoque avec talent le grand incendie qui a détruit une bonne partie de Londres en 1666 et explique bien les enjeux et ambiguités de la diplomatie avec la France et de la guerre avec les Pays-Bas, j’ai eu le sentiment qu’elle voulait donner trop d’informations, ce qui était parfois indigeste. Par exemple, lorsqu’un personnage doit faire des courses dans un quartier, elle y trouve le prétexte à un long développement pour présenter le quartier en question. C’est très intéressant, mais moi j’avais envie de savoir ce qui allait se passer et de connaître la conclusion de l’histoire. De ce fait, je n’étais pas tout le temps réceptive et le roman m’a semblé un peu trop informatif. Un comble pour moi! Je lirai néanmoins la suite avec plaisir.

BANNIR~1

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4 commentaires pour Die Sündentochter

  1. cleanthe dit :

    Je trouve incompréhensible en effet que ce roman ne soit pas traduit, comme beaucoup de polars allemands d’ailleurs. Madame Cleanthe a beaucoup aime ce livre. Hélas je sais assez d’allemand pour me débrouiller sur place, mais niveau lecture, j’en reste à la lecture des livres de cuisines (une autre partie méconnue de l’édition allemande).

    • Marie dit :

      Ah, moi j’arrive à lire à peu près, mais je suis incapable de me débrouiller sur place. La dernière fois que j’ai mis les pieds en Allemagne, il m’a fallu 5 minutes pour comprendre que le vendeur dans un magasin me proposait un sac… J’ai vu les livres de cuisine dans ton dernier billet d’exploration de ta PAL et j’ai hâte que tu en parles.

  2. Shelbylee dit :

    Je déplore aussi qu’il ne soit pas traduit parce que la période historique me tentait bien !

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