Aristotele detective – Aristote détective

31+gdjVzNIL__De façon évidente, ce livre a été lu en vue du challenge in italiano. Une fois de plus, je suis en retard, puisque celui-ci était censé prendre fin le 31 octobre. Mais, comme j’en étais, avec George, l’organisatrice, je peux m’autoriser quelques libertés avec la date limite!

Je vous ai beaucoup parlé, ces dernières semaines, de polars historiques. En voici un de plus. Il faut dire que c’est le genre auquel j’ai recours le plus souvent pour mes lectures en langue étrangère. En effet, comme c’est un genre que j’aime beaucoup, si l’intrigue est bonne, je me sens motivée pour aller au bout du livre et découvrir le coupable et le dénouement, en dépit des difficultés liées à la langue.

Comme le titre l’indique, celui-ci est le premier d’une série qui se déroule dans la Grèce antique et a pour héros le philosophe Aristote (à quelques jours près, il m’aurait permis de terminer le pari hellène de Nathalie!). Je ne porterai pas de jugement sur le contexte historique. D’une part, du fait que le livre était en italien, je me croyais perpétuellement à Rome et étais étonnée chaque fois que l’auteur me rappelait que l’histoire se déroulait en Grèce.  Je ne me suis donc pas énormément intéressée au contexte historique. D’autre part, étant allergique à la philosophie et n’y comprenant rien, je n’avais jamais rien lu d’Aristote ni sur lui, et je serais totalement incapable de dire si les paroles et la personnalité que Margaret Doody lui prêtent sont compatibles ou en contradiction avec ce que l’on peut savoir de lui. Je me suis donc bornée à prendre le roman comme une lecture de détente. Sur cet aspect, je n’ai pas été déçue et ai passé d’agréables moments en compagnie de cette histoire à l’intrigue assez classique.

Elle a pour narrateur Stefanos, un jeune citoyen athénien de 22 ans. Lors d’une promenade matinale, des bruits et cris sortant de l’ordinaire l’attirent vers la demeure de Boutades, un éminent notable de la cité. En compagnie de nombreux autres badauds, alertés comme lui par l’agitation inhabituelle, il découvre le corps de Boutades, assassiné d’une flèche dans la gorge. Le neveu du défunt et quelques témoins affirment que la flèche a été tirée de l’extérieur de la maison, à travers la fenêtre, et qu’ils ont vu quelqu’un s’enfuir. Peu de temps après, le neveu accuse du meurtre de Boutades Filemone, le cousin de Stefanos.

Filemone, ayant été condamné à l’exil à la suite d’une rixe, c’est à Stefanos, devenu le chef de la famille à la mort de son père quelques mois auparavant, qu’il revient d’assurer la défense de son cousin au cours de la procédure, qui comprend trois audiences préliminaires et un procès. Stefanos, qui avait déjà du mal à faire face à ses nouvelles responsabilités et aux difficultés financières de sa famille, se sent désemparé et ne voit pas ce qu’il peut faire pour défendre son cousin, si ce n’est affirmer que, du fait de sa condamnation à l’exil, Filemone n’était pas supposé être à Athènes au moment du meurtre. Il a finalement l’idée d’aller demander conseil au philosophe Aristote, dont il a un temps suivi les cours.

Aristote le reçoit aimablement, s’intéresse à son problème et lui donne des conseils pratiques qui, dans un premier temps, boostent le jeune homme. Mais, à mesure que la procédure avance, Stefanos se sent abandonné d’Aristote, qui semble se désintéresser de son affaire et se passionner pour la poterie et les armes et leur porter un intérêt quasi-infantile. En parallèle, les découvertes qu’il est amené à faire le font douter de plus en plus de l’innocence de son cousin.

Je disais plus haut que l’intrigue était assez classique. J’ai même pensé plus d’une fois à Agatha Christie ou Sherlock Holmes : le narrateur est dans la brume, et donc le lecteur aussi, et ce n’est qu’à la fin que tout s’éclaire. J’avoue n’avoir compris qui était le coupable que peu de temps avant que Margaret Doody ne me l’apprenne. Je n’en ai pas moins apprécié ma lecture. Le personnage d’Aristote, à la fois très rationnel, bon pédagogue, et apparemment assez farfelu, m’a bien amusée. Je me doutais bien que, en dépit des inquiétudes de Stefanos, ses préoccupations n’étaient pas aussi futiles qu’elles en avaient l’air, mais je ne voyais pas du tout ce qu’il cherchait à découvrir.

Par ailleurs, j’ai beaucoup aimé le personnage de Stefanos, pour qui cette procédure judiciaire constitue un véritable parcours initiatique. Naïf et désemparé, au début du roman, il apprendra peu à peu au fil de l’histoire à mieux connaître et juger les hommes, et se rendra compte des bénéfices qu’il peut tirer à aller au-delà de ses préjugés. Il est, par ailleurs, généreux, courageux et débrouillard en cas de nécessité, et n’est pas dépourvu de bon sens et d’intelligence.

Je me demande si l’on retrouve Stefanos dans les tomes suivants, ou simplement Aristote. Je le découvrirai sans doute dans quelques temps, puisque j’ai bien envie de poursuivre la série. Et en plus j’en ai un autre tome, acheté en même temps que celui-ci, et que je pensais, à tort, être le deuxième – et dernier. Il va donc falloir que je comble les trous entre ces deux livres, fatalement!

Je précise, à toutes fins utiles, que les aventures d’Aristote sont parues il y a quelques années chez 10 /18, dans la collection Grands détectives. En revanche, je ne sais pas si on peut encore les trouver facilement. Je ne crois pas les avoir jamais croisées.

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13 commentaires pour Aristotele detective – Aristote détective

  1. Justement, qu’est-ce qu’on fait ? On prolonge ? je t’avoue que je n’ai pas lu tout ce que je voulais et je serais assez partante pour une année supplémentaire ! qu’en penses-tu ?

  2. nathalie dit :

    Je vais mettre mon grain de sel… D’abord j’ajoute le billet au pari hellène, même si tu ne t’es pas sentie tellement en Grèce, les polars historiques ont leurs fans ! Et comme le viaggio est continué par Eymelle, vous pouvez peut-être continuer votre challenge en sa compagnie. À vous de voir !

  3. Salut Marie! ce livre pourrait bien m’intéresser, par contre je ne le lirais pas en italien :)
    Ha, et aussi je voulais commenter sur un détail de ton billet: c’est drôle que tu dises ne rien comprendre à la philo, car je trouve que tu manie plutôt bien les concepts abstraits quand même^^ (un prof horrible?) tiens, pour te donner un exemple tout bête: le livre d’Alexandre Koyré dont je t’avais parlé « Du monde clos à l’univers infini » est un livre que j’avais commencé à étudier en 2e année de philo à la fac (philosophie des sciences) j’avais pas voulu te le dire pour ne pas t’inhiber, mais maintenant que tu m’as dis que ça t’intéressait, tu es coincée, hahaha! :))))
    sans rancune?

  4. jerome dit :

    Je ne t’étonnerais pas en disant que ça ne me tente pas le moins du monde^^

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