Alexandre le Grand et les aigles de Rome

51OcDbcq3vL__Lorsque je lisais ce roman, j’ai regretté de connaître aussi mal l’histoire d’Alexandre le Grand et de ne pas connaître du tout celle de Rome avant Jules César, et j’ai eu envie de combler ces lacunes. Il est donc logique qu’il inaugure mon défi Préhistoire et antiquité. A cet effet, j’ai créé une page qui en expose les modalités et qui me servira de récapitulatif pour savoir où j’en suis : c’est ici. Et c’est aussi une première lecture pour la nouvelle saison du challenge Il viaggio chez Eimelle.

Alexandre, initialement roi de Macédoine, est mort à seulement 32 ans, en – 323. En si peu de temps, il a néanmoins conquis un immense empire, qui s’étendait jusqu’aux portes de l’Inde, et fondé une multitude de villes. Certains de ses contemporains ont pensé qu’il avait été empoisonné.

Supposons qu’on ait réellement tenté de l’empoisonner… Et si un homme s’était subitement réveillé à l’oracle de Delphes, ayant totalement oublié qui il était, n’ayant aucune idée de la vie qu’il avait mené jusque-là ni de comment il était arrivé à Delphes, mais se sentant investi par Apollon de la mission de sauver Alexandre? Et si cet homme, ayant cependant gardé en mémoire ses vastes connaissances, en particulier dans le domaine de la médecine, était arrivé à temps pour guérir Alexandre, qu’aurait fait ce dernier s’il avait pu vivre et poursuivre son rêve de conquérir le monde? Javier Negrete émet l’hypothèse qu’il aurait voulu étendre son empire vers l’ouest et y inclure l’Italie, et en particulier Rome. Vous l’aurez compris, ce roman est une uchronie, genre dont je raffole, et je me suis régalée avec celle-ci.

Alexandre le Grand et les aigles de Rome est un roman assez dense et riche. J’ai lu les cent premières pages en plusieurs fois, avec plusieurs jours d’interruption entre chaque session, et je me sentais un peu perdue quand j’y revenais : on y fait la connaissance de nombreux personnages qui, au début, semblent, pour certains, sans rapport entre eux et sans rapport avec l’intrigue principale. Pourtant, les pièces du puzzle viennent s’emboîter peu à peu pour former un tableau vaste mais cohérent.

Si les personnages foisonnent, les événements se succèdent sans temps morts et le roman touche à tous les genres : récits d’aventure, récits de bataille, passions, jalousies, complots, ambitions, trahisons, manoeuvres politiques, rituels sanglants et un brin de « roman catastrophe ».

Par ailleurs, le roman est très documenté. Mon manque de connaissances historiques ne me permet pas d’avoir une idée de la fiabilité de cette documentation, mais j’ai beaucoup aimé le soin que Javier Negrete a pris de montrer les conditions de vie et connaissances techniques et scientifiques de l’époque, d’une façon qui s’inscrit naturellement dans le récit, sans jamais tourner au cours ou à l’étalage de connaissances. Plus encore, j’ai apprécié que le roman se termine sur un index des personnages, accompagné pour chacun d’une courte notice, indiquant si le personnage est authentique ou fictif et, pour les personnages historiques, faisant la distinction entre ce qu’on sait réellement de leur vie jusqu’en -323 et ce que l’auteur leur a fait vivre ensuite.

Parmi les personnages, peu nombreux sont ceux qui sont sympathiques, du fait de l’ambivalence de beaucoup d’entre eux, à commencer par Alexandre lui-même, tour à tour bon et cruel, génial et ravagé par l’alcool. Mais cette ambiguité les rend vrais et intéressants. Le personnage du sauveur d’Alexandre, Nestor, m’a cependant paru un peu lisse. S’il est, à un moment, tourmenté par l’amour, il semble vivre les aventures qui lui arrivent et son absence de souvenirs avec beaucoup de philosophie. Je me suis néanmoins attachée aux personnages du soldat autiste passionné d’astronomie, qui étudie le trajet d’une comète qu’il s’attend à voir s’écraser sur la Terre, et de son frère qui, depuis son enfance, a consacré sa vie à s’occuper de lui et à le protéger.

J’ai été un peu déçue par le dénouement, qui m’a semblé trop facile et éluder les questions laissées en suspens, mais j’ai beaucoup apprécié ma lecture et ma découverte de cet auteur.

Alexandre le Grand et les aigles de Rome
Javier Negrete
Editions L’Atalante

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8 commentaires pour Alexandre le Grand et les aigles de Rome

  1. Aaliz dit :

    Alexandre est un de ces personnages historiques qui me fascinent. Je ne connaissais pas du tout ce titre et je suis ravie que tu nous le fasses découvrir. Et une uchronie en plus ! De quoi me régaler. Je le rajoute illico à ma LAL.

  2. eimelle dit :

    Merci pour ta participation au challenge avec ce personnage passionnant!

  3. Simone dit :

    Si une uchronie sur Alexandre ne me tente pas plus que ça, j’aimerais beaucoup lire une biographie sur ce personnage que je ne connais pas beaucoup, si tu en as une à me recommander je suis preneuse.

  4. ça a l’air très sympa ce livre! et c’est vrai qu’alexandre le grand est un personnage fascinant. J’ai encore un lien pour toi! http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2014/02/invite-histoire-et-pseudo-histoire.html je sais que tu vas aimer :)

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