Mes séries manga en cours (première partie)

Eh oui, je vais le faire en trois fois parce qu’il y en a beaucoup!

Bakuman (4 tomes lus – 4 parus – 10 parus au Japon – série en cours)

Impossible de ne pas me plonger dans le nouveau manga des auteurs de Death Note, d’autant plus que le sujet me paraissait passionnant!

Takagi, brillant lycéen, écrit des scénarii. Un de ses camarades de classe, Mashiro, dessine des mangas. Tous deux décident de s’associer. Leur but : qu’un de leurs mangas remporte suffisamment de succès pour être adapté en série animée avant qu’ils atteignent leurs 18 ans.

Ce manga, sur un sujet a priori aride, est très intéressant car on y apprend une foule de choses sur les différentes phases de l’élaboration d’un manga, sur le fonctionnement des maisons d’édition et de toute l’économie associée. Les auteurs ont de plus accompli la prouesse de réussir à traiter ce sujet sérieux de façon vivante et accrocheuse.

Néanmoins, comme je le disais dans mon billet sur Rouge bonbon, autant je ne ressens pas la différence culturelle dans certains mangas, autant elle me gêne énormément dans celui-ci. Bakuman est un manga très misogyne (particulièrement le premier tome). Ainsi, lorsque la mère de Mashiro tente de dissuader son fils de devenir mangaka, son mari l’envoie paître d’un : « Les hommes ont des rêves. Les femmes ne peuvent pas comprendre » qui m’a fait bondir. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Par ailleurs, l’esprit dans lequel les deux jeunes travaillent me semble dommage. Ils travaillent jour et nuit, se donnent à fond… Je trouve ça un peu stakhanoviste, mais pourquoi pas… Mais, bien qu’on les encourage à faire des mangas originaux et assez fouillés, domaine pour lequel ils sont doués, eux préfèrent faire du shonen basique, pour obtenir le plus rapidement possible le plus gros succès possible. Je trouve ça dommage de viser l’utilitaire plutôt que la passion, et aussi d’encourager cette vision réductrice de préférer le profit immédiat à la qualité et à la variété. Et ceci d’autant plus que le manga a certainement pour objectif de susciter des vocations tout comme les mangas sportifs ont attiré les jeunes japonais vers les clubs de sport. Ca m’a fait penser à Detroit Metal City, dans lequel le groupe veut être le meilleur groupe de death metal de Tokyo. Ca m’avait paru ridicule, parce que ça veut dire quoi, dans les domaines artistiques, être le meilleur? Les critères d’appréciation sont subjectifs et varient d’une personne à l’autre et je ne crois pas qu’on reconnaisse le talent d’un artiste au simple fait qu’il se vende bien.

En dépit de ces réserves, le manga m’a bien accrochée et, pour le moment, j’ai envie de lire la suite. 

 

Dossier A (6 tomes lus – 7 parus – 15 parus au Japon – série terminée)

Un riche industriel autrichien passionné par le mythe de l’Atlantide est assassiné. Sa fille, Yuli, poursuivie par les meurtriers, s’enfuit au Japon où elle part rejoindre Iriya, un ancien archéologue mis au ban de la profession en raison de ses théories sur l’Atlantide, qui tient désormais un magasin d’antiquités. Iriya est l’homme que le père de Yuli voulait charger d’enquêter pour retrouver l’emplacement de l’Atlantide. Iriya et Yuli, les tueurs toujours sur leurs traces, vont poursuivre les recherches.

Je ne pouvais pas passer à côté de ce manga qui aborde des thèmes que j’aime beaucoup : comme l’a fait Schliemann (qui est d’ailleurs abondamment évoqué dans Dossier A), les héros cherchent à retrouver dans les vestiges archéologiques des indices permettant de déterminer si les mythes antiques ont pour origine des faits historiques.

L’intrigue principale est entrecoupée de petits épisodes, que je dirais classiques, dans lesquels les compétences professionnelles d’Iriya vont lui permettre d’aider certaines personnes. C’est assez peu crédible et dégoulinant de bons sentiments mais l’histoire est suffisamment passionnante en elle-même pour qu’on n’en tienne pas rigueur aux auteurs! Et puis ça permet de souffler car il n’y a pas de temps morts. Entre l’enquête et la course poursuite pour échapper aux tueurs, il y a énormément d’action! Dossier A est un manga qui nécessite de s’accrocher un peu : les héros voyagent sans cesse, énormément de personnages gravitent autour d’eux et un minimum de connaissances sur les mythes grecs n’est pas du luxe. Mais ça en vaut la peine : c’est un manga passionnant et globalement de grande qualité. Vite, la suite!

 

Neon Genesis Evangelion (11 tomes lus – 11 parus – 12 parus au Japon – série en cours)

Est-il encore besoin de présenter Evangelion? En 2000, une partie de la Terre a été détruite par un cataclysme. 15 ans plus tard, des créatures destructrices nommées Anges font leur apparition. Une organisation secrète, la NERV, a mis au point des armes pour les combattre. Ces sortes de robots géants, les EVA, sont pilotés par des enfants avec qui ils sont en symbiose.

Evangelion est très noir, très complexe (plus j’avançais dans les tomes, moins je comprenais), mélangeant action et spiritualité, mais absolument passionnant. Le gros problème est l’espacement entre la sortie de 2 tomes. Le tome 11 est sorti en octobre 2008, plus d’un an après sa parution au Japon. Le tome 12 est sorti au Japon au printemps 2010… On y croit!

 

Les gouttes de Dieu (16 tomes lus – 16 parus – 26 parus au Japon – série en cours mais le 27ème tome sera le dernier)

L’oenologue de renommée mondiale Yutaka Kanzaki vient de décéder. Il laisse derrière lui, outre une grande fortune, une collection de vins inestimable. Son testament comporte 13 énigmes destinées à son fils, Shizuku, qu’il a éduqué avec le plus grand soin mais qui est totalement réfractaire au vin et n’en a jamais bu une goutte, et à son fils adoptif, Issei Tomine, jeune oenologue de grand talent. Celui qui parviendra à découvrir quels sont les vins évoqués par les énigmes sera l’héritier de Yutaka Kanzaki.

Les gouttes de Dieu est un manga à but pédagogique, en quelque sorte : il vise à initier ses lecteurs à l’oenologie de façon ludique. A la fin de chaque tome on trouve d’ailleurs un petit livret qui reprend les notions abordées dans l’histoire de façon plus formelle. Le scénario est classique. Comme dans Dossier A, l’intrigue principale est entrecoupée d’intrigues secondaires, dans lesquelles les héros viennent en aide à certaines personnes en trouvant le vin approprié à la situation et, toujours comme dans Dossier A, ces petites histoires sont tirées par les cheveux!

Néanmoins, en dépit de ce côté classique, et bien que je serais absolument incapable de dire pourquoi, ce manga m’a littéralement scotchée. Je me précipite sur chaque tome dès le jour de sa sortie et je le dévore dans la soirée! Il faut dire que le scénariste du manga, Tadashi Agi, est également le scénariste (sous un autre nom – il utilise de nombreux pseudonymes) de Psychometrer Eiji, une série que j’avais beaucoup aimée.

J’ajouterais que ce manga a un effet désastreux sur ma cave à vin! Elle était déjà au départ plus que suffisante pour ma petite consommation mais depuis elle a bien grossi. Moi qui n’y connaît rien à la base, j’ai envie d’essayer plein de vins différents pour découvrir un peu.

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13 commentaires pour Mes séries manga en cours (première partie)

  1. Tombouctou dit :

    Merci de me rappeler qu’Evangelion est aussi un livre ! :)
    As-tu au l’occasion de voir la série et/ou les longs métrages ? On ne comprend pas forcément mieux où tout ça nous mène mais ce n’est finalement pas si grave tant l’histoire et l’atmosphère (très bonne BO!!) sont prenantes.
    Finalement, je crois avoir trouvé mes lectures de vacances…

  2. Marie dit :

    Malheureusement, je n’ai pas encore eu l’occasion de voir les films. J’ai vu quelques épisodes de la série et… effectivement, je n’ai pas mieux compris! :-)
    J’aime bien la BO aussi. :-)
    Bonne lecture!

  3. Wax dit :

    Quand je pense qu’Evangelion est l’un des premiers mangas que j’ai commencé (j’étais au collège) et que c’est toujours pas fini, ça me déprime XD. Pour le moment, les auteurs de Death Note me laissent de marbre, par contre Les gouttes de Dieu m’avait tenté à sa sortie mais je me tâte toujours >_< .

  4. Marie dit :

    Et Evangelion n’est même pas près d’être fini vu qu’il y aura un treizième tome!
    J’avais adoré Death Note, mais là je suis moins enthousiaste. Je recommande en revanche chaudement Les gouttes de Dieu! ;-)

  5. Mo' dit :

    cela m’a moins choqué que toi la réflexion du père dans « Bakuman ». Peut être qu’à force de lire des mangas, je me suis habituée au rôle effacé de la femme (épouse aimante, mère attentive, fille attentionnée prenant à cœur sa responsabilité de soutien de famille auprès de ses parents vieillissants). Dans la culture nippone, c’est étonnant de constater le respect de traditions quasi désuètes pour nous

    • Marie dit :

      Je suis très féministe. :-) Et assez sensible à ce genre de choses. Là c’est d’autant moins bien passé pour moi que j’ai eu le sentiment que l’auteur cautionnait les attitudes sexistes de ses personnages. Je ne suis apparemment pas la seule à avoir tiqué car j’ai lu un article (impossible de me rappeler où) dans lequel le journaliste parlait de la misogynie du mangaka. En y repensant, les personnages féminins dans Death Note sont rares et n’ont pas un rôle très flatteur.

      • Mo' dit :

        je n’ai encore pas lu « Death Note » du coup, la référence me manque. J’avais juste trouvé amusant tous les petits clins d’œil que les auteurs se font en renvoyant régulièrement à cette série (dans le scénario de Bakuman). Sur la question des traditions, j’ai lu beaucoup de Taniguchi où la place de la femme dans la société, à défaut d’être mise en valeur, n’est pas piétinée. Il prend le temps de mieux expliquer les choses ou peut-être est-il plus délicat ? Tout cela pour dire que cela ne m’avait pas trop choqué cette réflexion présente dans Bakuman. Je l’avais relevée, mais je suis vite passée à autre chose. ^^

        • Marie dit :

          Death Note est génial, surtout les – premiers tomes avec le personnage de L. J’ai très envie de lire Taniguchi, mais n’ai pas encore eu l’occasion de le faire. Le traitement de la place de la femme dans la société semble être très variable d’un auteur à l’autre. Et selon le contexte, j’imagine. Je suis toujours étonnée ede croiser des personnages féminins très forts, comme celui de la grand-mère dans Summer wars. Un autre personnage féminin qui m’a marqué, c’est l’héroine du roman Disparitions de Natsuo Kirino, qui rentre volontairement dans ce rôle traditionnel mais a une personnalité riche et complexe, se pose beaucoup de questions et se révolte parfois.

          • Mo' dit :

            oui mais, à vrai dire, je n’ai jamais réellement pris le temps de comparer telle et telle approche. L’occasion d’en parler avec toi me permet de me rendre compte qu’il n’y a réellement que dans les albums réalisés par des femmes mangakas que la question de la femme dans la société est clairement abordée (je reconnais que ma vision est tronquée, je suis loin, trèèès loin d’avoir lu tous les mangas traduits en français et très loin aussi de connaitre tous les auteurs). Mais avec des artistes comme Nananan, Okazaki ou Q-ta, on touche déjà du doigt l’état d’esprit d’une génération.
            Le personnage féminin qui m’a le plus marqué a été créé par Mizuki. Il s’agit de NonNonBâ
            Quant aux références littéraires, je ne me suis encore jamais tournée vers les romans japonais. Là encore la référence me manque mais… je note la référence et j’irais rapidement regarder cet ouvrage en biblio
            Merci à toi pour cet échange !

          • Marie dit :

            Je suis très loin d’avoir tout lu aussi. Je note également NonNonBâ que je ne connaissais pas. Merci à toi!

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